Simandou: la Banque Mondiale alerte…
CONAKRY-Dotée de vastes richesses minières, la Guinée fait face à une série de défis. Alors que le secteur extractif, en pleine expansion, propulse la croissance du PIB (produit intérieur brut), le pays peine à traduire cette richesse en un développement inclusif, générateur d’emplois pour tous les Guinéens. C’est le constat dressé par Issa Diaw, Représentant Résident du Groupe de la Banque mondiale en Guinée, lors de la présentation du dernier Rapport sur les perspectives économiques régionales de l’Afrique subsaharienne.
Depuis 2016, la Guinée a affiché une croissance robuste de son PIB, avec une moyenne annuelle de 6,5 % entre 2016 et 2024, largement tirée par un secteur minier en augmentation de 18 % par an sur la même période. Cependant, cette prospérité ne s’est pas répercutée de manière significative sur la création d’emplois ou la réduction de la pauvreté.
Le spectre du « syndrome hollandais »
« Il est devenu évident que la croissance du PIB ne s’est pas automatiquement traduite par une vaste création d’emplois ou une réduction de la pauvreté« , a souligné M. Diaw. La raison principale ? Le fait que les secteurs non miniers, pourtant essentiels à la création d’emplois pour la majorité des Guinéens, sont entravés par les conditions macroéconomiques créées par la dominance minière. Ce phénomène est connu sous le nom de « syndrome hollandais », une préoccupation majeure pour les pays riches en ressources. Avec 90 % des exportations guinéennes actuellement constituées de produits extractifs (bauxite et or), le risque est élevé, selon la Banque Mondiale.
Simandou, une opportunité et un risque
L’arrivée imminente des exportations de minerai de fer du projet Simandou, l’un des plus grands projets miniers au monde, est à la fois une opportunité et un risque. Si Simandou « stimulera davantage la croissance du PIB », il « risquerait également d’amplifier les défis du syndrome hollandais si aucune action n’est prise, » prévient le représentant résident du Groupe de la Banque mondiale.
“Le dernier Rapport de suivi de la situation économique en Guinée, publié par la Banque mondiale, indique que l’exportation de minerai de fer de Simandou stimulera davantage la croissance du PIB. Mais Simandou risquerait également d’amplifier les défis du syndrome hollandais si aucune action n’est prise. Pourquoi ? Parce que les exportations de la Guinée sont déjà fortement concentrées sur les minerais, et la réalité est que Simandou augmentera la concentration des minerais dans les exportations de la Guinée. Toutefois, Simandou pourrait aussi représenter une opportunité de commencer à transformer de manière significative l’économie de la Guinée si des mesures macro-fiscales appropriées et des réformes sectorielles sont mises en œuvre”, explique M. Diaw.

Pour transformer cette opportunité en un développement inclusif et durable, la Banque mondiale met l’accent sur sept domaines d’action prioritaires.
- Renforcer la stabilité macro-budgétaire et la viabilité de la dette,
- Améliorer la mobilisation et la gestion des recettes intérieures,
- Accroître l’accès aux services d’infrastructure clés,
- Développer le capital humain,
- Adopter des politiques qui améliorent le climat des affaires et qui soient prévisibles,
- Augmenter la croissance de la productivité agricole et la fiabilité de la production agricole,
- Protéger l’économie guinéenne contre le changement climatique et améliorer la résilience aux chocs.
« Les défis sont importants et les solutions urgentes« , indique M. Diaw, qui réaffirme l’engagement de la Banque mondiale à soutenir la Guinée dans ses efforts pour bâtir une économie qui crée des opportunités et des emplois pour tous ses citoyens.
A suivre !
Africaguinee.com
Créé le 8 juillet 2025 13:45Nous vous proposons aussi
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