Simandou : Infrastructures à 75%, exportations lancées… Rio Tinto SimFer dresse un bilan d’étape majeur
CONAKRY– La coentreprise Rio Tinto SimFer, fruit du partenariat entre le Gouvernement guinéen, Rio Tinto et le consortium CIOH, piloté par Chinalco, a présenté ce jeudi 26 mars 2026 l’état d’avancement du projet minier de Simandou au terme du premier trimestre. Un point jugé stratégique, alors que le plus grand gisement de fer inexploité au monde amorce progressivement son entrée en phase opérationnelle.
Face à un pool de journalistes, le Directeur général de Rio Tinto SimFer SA, Chris Aitchison, a dressé un tableau globalement positif, marqué par des avancées significatives sur plusieurs fronts, notamment les premières exportations, le développement des infrastructures et la montée en puissance des opérations.
Simandou entre dans le marché mondial avec ses premières exportations
L’un des faits majeurs de ce premier trimestre reste le démarrage effectif des exportations de minerai de fer guinéen. Selon les responsables de SimFer, les deux premiers chargements effectués en décembre 2025 et février 2026 ont été réceptionnés en mars en Chine. Une étape symbolique qui marque l’arrivée concrète de Simandou sur le marché international du fer.
Dans la même dynamique, le premier navire de transbordement, destiné à acheminer le minerai depuis le port de Morebaya vers des navires de grande capacité, a été mis à l’eau en Chine fin décembre. Actuellement en cours d’équipement, il devrait bientôt rejoindre les côtes guinéennes.
Des infrastructures à un stade avancé
Sur le plan technique, les travaux affichent des taux d’avancement jugés encourageants :
- La mine est réalisée à 73 %,
- L’embranchement ferroviaire est achevé et est opérationnel,
- Les infrastructures portuaires atteignent 75 % d’exécution, avec une avance sur le calendrier initial.
À terme, le projet ambitionne une capacité de production annuelle de 60 millions de tonnes, après une phase de montée en puissance estimée à 30 mois.
« Sur le plan de la production, les opérations se poursuivent de manière continue. Bien que les chiffres précis soient communiqués dans les rapports mensuels, nous pouvons assurer que la production progresse et que les expéditions vers nos clients internationaux se poursuivent normalement, depuis la mine jusqu’aux infrastructures d’exportation. Cette dynamique a débuté en décembre dernier et se poursuivra tout au long de la durée de vie du projet », précise Chris Aitchison.
Environnement et biodiversité
En ce qui concerne les enjeux environnementaux, Chris Aitchison annonce également que Rio Tinto SimFer a mis en place des dispositifs rigoureux pour protéger l’environnement ainsi que la biodiversité autour du projet.
« Avant le lancement de toute exploitation minière, une Étude d’Impact Environnemental et Social (EIES) est réalisée. Celle-ci permet d’identifier les impacts potentiels du projet et de définir les mesures nécessaires pour les atténuer. Notre EIES a été approuvée et constitue aujourd’hui un cadre de référence essentiel. Elle nous oblige à mettre en œuvre un ensemble de mesures concrètes pour limiter les impacts sur l’environnement et les communautés locales. Ces actions font l’objet d’un suivi rigoureux, à la fois interne et externe. Des tests et des contrôles réguliers sont effectués afin de s’assurer du respect des normes nationales et internationales, notamment celles établies par des institutions comme la Société Financière Internationale (IFC).
Par exemple, lorsqu’un habitat naturel critique est concerné, nous avons l’obligation non seulement de le préserver, mais aussi de contribuer à son amélioration à long terme. Nous mettons également en œuvre des mécanismes de compensation écologique, en soutenant la protection d’autres zones en Guinée.
Nous accordons une attention particulière à la gestion des ressources en eau, au contrôle des sédiments et à la prévention de toute pollution. Un dialogue constant est entretenu avec les communautés locales afin de les informer et de répondre à leurs préoccupations », a fait savoir le Directeur Général de Rio Tinto SimFer.
Qualité du minerai
Dans ses explications, Chris Aitchison a mis un accent sur la qualité particulière du minerai de fer de Simandou. Selon lui, le fer extrait de la mine de Simandou est l’un des meilleurs au monde en termes de qualité.
« Il s’agit d’une ressource exceptionnelle, à la fois riche et stratégique, ce qui explique l’intérêt qu’elle suscite sur les marchés internationaux. D’un point de vue qualitatif, notre minerai affiche une teneur d’environ 65% de fer, ce qui est particulièrement élevé. Il contient également de faibles volumes de matériaux indésirables, ce qui renforce encore sa valeur. À ce titre, notre minerai est considéré comme l’un des plus purs au monde, ce qui constitue un atout majeur.
Notre gisement compte parmi les plus importants au monde, avec environ 1,5 milliard de tonnes de réserves de haute qualité. La teneur moyenne de 65% de fer est supérieure à celle observée dans de nombreux autres pays producteurs, comme le Brésil, où les teneurs se situent souvent autour de 62 %, voire 58 %.
Toutes les réserves de minerai de fer ne se valent pas : certaines contiennent davantage d’impuretés comme le phosphore ou les silicates. À Simandou, nous bénéficions d’un minerai particulièrement riche et pur, ce qui constitue un avantage comparatif majeur pour la Guinée », a-t-il mentionné.
Sécurité et défis du projet
Parlant de sécurité au travail, Chris Aitchison rappelle que tout projet d’envergure, comporte des défis liés à la sécurité du personnel avant de déplorer des cas d’accidents de travail mortels enregistrés à leur niveau.
« La sécurité des travailleurs demeure notre priorité absolue. Nous avons malheureusement enregistré trois décès liés aux activités du projet ces dernières années. Ces événements nous rappellent l’importance de renforcer en permanence nos dispositifs de sécurité. Notre objectif est clair : garantir que chaque employé puisse rentrer sain et sauf chez lui à la fin de sa journée de travail. Cela implique une amélioration continue des procédures, des formations et de la gestion des risques », a-t-il déploré.
Démobilisation et emploi
Dans le cadre de leur politique de création d’emploi, Chris Aitchison a expliqué que dans la phase de construction du projet Simandou, ils avaient mobilisé un grand nombre de travailleurs, avec un pic d’environ 27 500 employés. Mais selon lui, à mesure que les travaux progressent vers leur achèvement, une phase de démobilisation s’impose.
« À ce jour, environ 7 000 travailleurs ont été démobilisés, notamment après la finalisation des infrastructures ferroviaires. Ce processus est géré avec soin : accompagnement vers de nouvelles opportunités, formations, organisation de forums d’emploi et, si nécessaire, mise en place de compensations adaptées », a rappelé ce responsable de Rio Tinto.
Perspectives industrielles et construction d’une raffinerie sur place
En perspectives, Chris Aitchison annonce des discussions en cours avec les partenaires industriels et le gouvernement guinéen pour la création d’une raffinerie en Guinée.
« Actuellement, la production est destinée aux marchés internationaux. Toutefois, des discussions sont en cours avec les partenaires industriels et le gouvernement guinéen pour étudier la possibilité de développer une usine de transformation locale, notamment pour la production de pellets. Cette initiative s’inscrit dans une volonté de créer davantage de valeur ajoutée en Guinée », a-t-il annoncé.
Oumar Bady Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 27 mars 2026 12:19









