Secourisme primaires : Une centaine de jeunes volontaires de Labé bénéficient d’un renforcement de capacités en geste de premier secours grâce à l’antenne régionale de l’ONFPP
LABE- Plus de 100 jeunes hommes et femmes de l’Association National des Secouristes Volontaires de Guinée (ANSVOG) antenne régionale de Labé, ont bénéficié d’une riche formation en gestes de premiers secours civiques pour répondre aux urgences sanitaires dans la communauté afin de sauver des vies. Du jeudi 19 au dimanche 22 septembre 2024, les participants ont bénéficié de séances théoriques liées à la pratique à l’Ecole Régionale des Arts et Métiers ERAM. Cet important projet de renforcement des capacités à l’initiative de l’Office National de Formation et de Perfectionnement Professionnels (ONFPP) s’ajoute à plusieurs autres remises à niveau en faveur des acteurs socio-professionnels. Les volontaires ont accordé un intérêt particulier aux nouvelles connaissances offertes.

« Cette formation a été offerte dans le but d’aider ces jeunes parce qu’ils sont des volontaires qui évoluent presque dans toutes les préfectures et les sous-préfectures de la région de Labé. L’objectif c’est de les aider et de les accompagner dans leurs différentes activités. Nous savons qu’il y a beaucoup de cas d’urgences dans les sous-préfectures, et les hôpitaux sont éloignés. Quand ces jeunes ne sont pas outillés pour venir en aide à la population c’est très difficile. Ils sont réunis en groupement et actuellement, ce sont plus de trois cents jeunes qui évoluent dans les sous-préfectures, les préfectures et dans la commune urbaine de Labé. Les activités de secours en faveur de la communauté qu’exercent ces jeunes volontaires ne sont pas rémunérées. Dans cette perspective, ils ont voulu et sollicité un renforcement de leurs capacités en premiers secours civiques pour répondre aux urgences sanitaires dans les villages. Pour un départ seulement 100 volontaires étaient ciblés par cette formation. L’engouement et l’intérêt qu’elle a suscité nous ont amenés à porter à 110 le nombre de bénéficiaires. Du jeudi 19 au à ce dimanche 22 septembre, soit quatre jours de formation, les volontaires ont été groupés par 25 personnes. Ce qu’on attend d’eux après cette formation c’est d’assister les communautés, de vraiment faire les gestes de premiers secours. S’ils appliquent ce qu’ils ont appris lors de cette formation ; ils pourront sauver des vies », explique Marie Chantal Mara, cheffe d’antenne régionale de l’ONFPP Labé.

Alpha Ismaël Diakité, consultant pour cette formation, a fait 20 ans dans l’activité de premiers secours en Guinée. De par son expérience et ses compétences en gestes de premier secours, les secouristes volontaires ont acquis suffisamment de compétences dans le domaine. A travers la méthodologie utilisée, les participants ont davantage compris comment protéger, alerter et secourir.

« Je remercie les volontaires de Labé, parce que c’est vraiment quelque chose de noble d’être volontaire et surtout pour sauver des vies. Les personnes qui sauvent des vies sont des personnes nobles. Alors, quand elles sollicitent une telle formation, cela me donne beaucoup de joie et beaucoup de motivation parce que vous savez que sur nos routes il y a beaucoup d’accidents et même dans les domiciles il y a beaucoup de problèmes. Si vous ne connaissez pas les premiers gestes à faire en attendant une prise en charge médicale, beaucoup de victimes vont mourir. Quand quelqu’un a un problème, les premières réactions que vous faites, augmentent son pourcentage de chance de survie. Que les volontaires de Labé en provenance des sous-préfectures parfois assez éloignées pour suivre cette formation se montrent motivés cela procure de la joie. En termes de renforcement des capacités de ces jeunes d’abord, c’est de leur donner la méthodologie parce que quand tu connais quelques choses en vrac, quand tu ne l’applique pas dans l’ordre de premier secours, tu risques de faire plus mal que d’aider, même quand tu as la volonté d’aider mais si tu ne sais pas aider tu vas tuer, au lieu d’aider, tu vas accélérer au lieu d’aider, alors on va leur donner la méthodologie ; comment faire. En premiers secours, on commence toujours par faire le premier pas. Ce premier pas, c’est de se protéger d’abord, alerter avant de secourir. Comment se protéger, comment alerter et comment secourir en fonction des différents cas mais de manière pratique ? La première chose que j’attends d’eux c’est de pouvoir augmenter la chance de survie des victimes. En cas de problèmes, les volontaires se protègent eux même d’abord avant de protéger la victime et toute la population. Deuxième chose, j’attends à ce que ces volontaires puissent faire l’alerte correctement après cette formation, parce que l’alerte est tellement importante, quand tu le fais, par exemple tu ne dis pas le nombre de blessés une seule ambulance vient alors qu’il y a dix blessés comment est-ce que vous allez faire ? Il faut savoir faire aussi une indication précise. Je veux que tous les gestes qu’on leur a montrés, selon les cas, puissent être réalisés sans problème avec méthode pour augmenter les chances de survie de toutes les personnes qui auront des problèmes à Labé », précise le formateur.
Bénéficiaire de cette formation, Adama Hawa Diallo, de Satina district de Popodara, pratique le secourisme primaire dans sa localité. Elle est régulièrement sollicitée par sa communauté. Avec cette formation, elle pense être en mesure de faire plus d’assistance.

« Je suis très ravie de cette formation, raison pour laquelle j’ai parcouru toute cette distance pour venir assister. Chez nous, les centres de soins sont loin de la communauté, à travers cette formation je pourrais apporter plus de secours à la population. Par exemple, s’il y a quelqu’un qui est blessé ou qui a une fracture, on peut l’attacher pour le maintenir avant d’aller vers les structures de santé. Des fois on a des personnes à secourir mais comme on n’a pas de moyens, on est obligé d’appeler quelqu’un pour nous aider. Nous avons besoin de beaucoup de choses, le matériel de travail et tous les équipements y compris ceux de protection et nous sommes en manque de moyens de déplacements. Nous remercions l’ONFPP de nous avoir soutenus dans notre secourisme », a-t-elle déclaré.

Kadiatou Diallo, présidente des secouristes volontaires de la sous-préfecture de Diari, remercie l’ONFPP pour cet accompagnement, elle envisage de faire une restitution pour toucher plus de personnes dans sa localité.
« Cette formation nous permettra d’aider nos communautés en gestes de premiers secours pour tout problème. A mon retour je vais faire une restitution pour les autres secouristes et pousser de nouvelles personnes à accepter de faire ce volontariat. Nous remercions l’ONFPP et plaidons pour plus d’accompagnement parce que quand tu comprends la formation mais tu manques de moyens matériels, tu auras toujours des difficultés à aller vers ta communauté et apporter rapidement secours aux victimes », précise la jeune secouriste.
Comme tous les secouristes volontaires, Bachir Kanté coordinateur régional de l’Association National des Secouristes Volontaires de Guinée (ANSVOG) antenne Labé rappelle comment ils ont réussi à avoir le soutien de l’ONFPP pour ce renforcement de capacités. Il plaide pour plus d’assistance à leur secteur.

« Après avoir installé les points focaux et la mise en place des bureaux préfectoraux du secourisme dans toute la région de Labé, il était nécessaire de trouver un moyen financier pour accompagner les secouristes volontaires de ces différentes sous-préfectures pour une formation par ce que vous savez un agent non formé risque d’aggraver la situation et même provoquer d’énormes problèmes. C’est la raison pour laquelle j’ai monté un projet, j’ai soumis à l’ONFPP pour nous accompagner dans le cadre de la formation de secourisme volontaire au niveau des sous-préfectures de Labé. Nous avons eu beaucoup de choses dans les gestes de premiers secours que nous sommes en train d’appliquer en secourisme purement isolé, aujourd’hui nous avons acquis beaucoup d’expérience à travers cette formation et nos agents aussi comprennent mieux. Tous les agents que vous voyez ici chacun de nous fait la pratique. On sait désormais comment faire la protection, c’est-à-dire protéger, alerter et secourir. Je remercie L’ONFPP de nous avoir donné cette chance, parce qu’ils disent que c’est la première fois qu’ils appuient une structure qui évolue dans l’informelle. Nous comptons entièrement sur eux dans le cadre d’autres appuis surtout du côté matériel aussi en matière de protection pour que nous soyons beaucoup plus opérationnels sur le terrain pour sauver des vies » souligne Bachir Kanté.

Depuis son installation à Labé, l’antenne régionale de l’ONFPP continue d’accompagner les jeunes en déroulant des formations en leur faveur.
Thierno Oumar Tounkara
Correspondant régional de Labé
Pour Africaguinée.com
Créé le 23 septembre 2024 10:52









