Science Fest Africa 2026: Les Écoles Maarif de Guinée en finale avec trois projets innovants
CONAKRY– Après leur sacre au Gabon en 2025, les Écoles Maarif Turco-Guinéennes s’apprêtent à relever un nouveau défi continental. Elles prendront part à la grande finale du Science Fest Africa (SFA) 2026, prévue le 21 avril en Côte d’Ivoire. Elles y représenteront la Guinée avec trois projets innovants à forte portée technologique.
Organisé par la Fondation Maarif de Türkiye, le Science Fest Africa est un rendez-vous scientifique majeur qui réunit chaque année des lycéens venus de plusieurs pays africains. L’objectif est de promouvoir la créativité, l’innovation et l’esprit scientifique à travers des compétitions de projets dans des domaines variés tels que la robotique, l’intelligence artificielle, l’environnement ou encore les technologies agricoles.
Les élèves guinéens prennent part à l’édition 2026 avec trois projets développés autour de la robotique et de l’intelligence artificielle. Parmi eux, un robot serveur baptisé “Nimba”, conçu pour interagir avec les clients dans un restaurant, un robot de manutention destiné aux entrepôts et grandes surfaces, ainsi qu’un système de détection de drones doté d’un dispositif de réponse automatisée.
Lors de la phase finale, ces jeunes talents présenteront leurs innovations devant un jury international, dans un contexte mêlant compétition scientifique et échanges culturels entre participants venus d’une vingtaine de pays africains. Pour les encadreurs, cette participation s’inscrit dans une dynamique de continuité et d’excellence.
« C’est un honneur pour nous de participer à cette compétition en tant qu’anciens champions. En 2025, nous avons remporté le prix du meilleur projet au Gabon face à 25 pays. Notre ambition cette année est claire : revenir avec le trophée et contribuer au développement technologique de la Guinée », a déclaré Mamadou Diouldé Baldé, principal du collège et encadreur de l’équipe.

Chez les élèves, l’enthousiasme est également palpable. Pax Kanku Kambila, élève à l’école Maarif de Nongo, présente un système de détection de drones. « Ce radar permet de détecter les dangers environnementaux. Une fois les dangers détectés, grâce à son lanceur, il programme un missile et demande la permission avant de le lancer. Une fois les dangers détectés, grâce à son lanceur, il programme un missile et demande la permission avant de le lancer. Et grâce à son cerveau moteur équipé, il peut déclencher la cible et directement éliminer l’ennemi. Ce capteur est équipé d’une carte Arduino pour l’alimenter et de plusieurs branchements pour sécuriser son lancement et ne pas blesser », a expliqué ce candidat.

Partenaire des écoles Maarif dans le domaine scientifique, le directeur exécutif du club scientifique de Guinée, Djibril Wagué, salue une initiative porteuse d’espoir pour le pays. « Voir le drapeau guinéen représenté à travers ces jeunes innovateurs est une grande fierté. Ce sont les futurs créateurs de solutions technologiques capables de transformer notre économie », a-t-il souligné.
Outre la compétition, l’ambition est aussi de valoriser ces projets au niveau national. Selon Djibril Wagué, les innovations présentées seront améliorées puis déployées en Guinée. Le robot serveur pourrait, par exemple, être intégré dans des restaurants locaux, avec une perspective de commercialisation à moyen terme.

« Lorsque ces robots seront présentés en Côte d’Ivoire lors de cette compétition, on va les ramener en Guinée où ils seront affinés et puis ils seront mis à la disposition du restaurant pour appuyer le service des restaurations de Marif. Ce sera des robots made in Guinée. Par exemple, ce robot-service, au finish, on voudrait le commercialiser et le mettre à la disposition de ce restaurant et après accompagner ces écoles-là pour préparer des robots assistance-service dans les restaurants. Ces élèves seront accompagnés pour créer ces robots, les proposer au restaurant pour qu’ils soient là pour répondre à des questions relatives au menu, à la disponibilité de services et exécuter des instructions reçues par les clients », a annoncé Djibril Wagué.

Quant au système de détection de drones, il pourrait trouver des applications dans le domaine de la sécurité nationale notamment avec les élèves des prytanées militaires guinéennes.
« L’autre chose, on a vu aussi ce robot détecteur de drone que les enfants sont en train de préparer. L’importance, avec tout ce qui se passe à travers le monde, on a compris qu’aujourd’hui la force est mentale et non physique. Il faut préparer les enfants à découvrir cette conception logique pour que nous-mêmes, pourquoi pas, ayons nos propres drones faits par nos élèves. Ce radar peut être utilisé dans le cadre de la sécurité et de la protection du pays. On peut le mettre à la disposition de l’État pour nous permettre d’avoir un État plus sûr et plus sécurisé. La vision, in fine, est que ce robot-là soit utilisé, visible, que ça serve à quelque chose.

Les Ecoles Mariff peuvent proposer ce drone-là aujourd’hui à notre prytanée militaire, les former sur la construction des drones localement. On n’a pas les moyens pour atteindre les objectifs, mais aujourd’hui, c’est dire que c’est possible. Le mental est là, la vision est là, et on sait exactement où on va », a proposé Djibril Wagué.
Axé sur la promotion de la science, de la technologie et de l’innovation, le Science Fest Africa s’inscrit dans une vision plus large visant à renforcer les compétences des jeunes africains, encourager la pensée critique et stimuler la coopération entre pays du continent.

À quelques jours de la finale, l’équipe guinéenne intensifie ses préparatifs avec un objectif affiché : hisser à nouveau la Guinée sur la plus haute marche du podium.
Oumar Bady Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 18 avril 2026 13:51Nous vous proposons aussi
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