Santé: sport intense, épices, sucre…ce qu’il faut « bannir » pour un jeûne en pleine forme
CONAKRY- Alors que les fidèles observent le jeûne dans un contexte de chaleur en Guinée, la tentation de maintenir ses habitudes sportives ou de se ruer sur des repas copieux à la rupture est grande chez certains fidèles. Pourtant, ces comportements peuvent s’avérer dangereux, selon le Pr Djibril Sylla, Maître de conférences agrégée en médecine interne et chef de service à l’Hôpital national Donka.
Le sport en fin de journée, un danger d’évanouissement
Il est courant de voir des jeunes occuper les terrains de football à l’approche de la rupture. Pour le Pr Sylla, cette habitude est un calcul risqué pour l’organisme, déjà épuisé par des heures de privation. Il formule des conseils.
« Je ne conseille pas les activités sportives vers le soir. Parce que quand on est en jeûne, le taux de sucre est abaissé. Si vous faites encore des activités physiques, vous allez brûler de l’énergie et cela peut aggraver cette hypoglycémie. Il y en a qui jouent au ballon et parfois qui tombent », explique le médecin dans un entretien accordé à Africaguinee.com.
Le spécialiste en médecine interne souligne que lorsque les réserves de sucre sont épuisées, le corps puise dans les protéines et les lipides, un processus qui, poussé à l’extrême sous l’effort, peut mener à un « tableau de perte de connaissance ».
Chaleur et déshydratation, l’ennemi invisible
En Guinée, le soleil de plomb aggrave la fatigue physique. Le Pr Sylla recommande une économie de mouvement pour préserver les réserves hydriques du corps.
« Moins d’activités physiques, ne marchez pas trop sous le soleil, si possible. Si vous marchez sous le soleil, vous perdez non seulement de l’énergie, mais vous vous déshydratez. La déshydratation est un facteur d’aggravation de toutes les complications », a-t-il indiqué.
À l’inverse de l’effort, le repos est présenté comme un allié précieux, précise le maître de conférence. « Le sommeil est bon pour les cellules et même pour le taux de sucre. Vous ne perdez pas trop d’énergie. Le sommeil est vraiment bon, je le recommande », insiste-t-il.
Danger des épices
Le moment de la rupture (Iftar) est un autre moment crucial. L’erreur la plus commune est de se précipiter sur des plats trop assaisonnés ou trop gras, ce qui agresse violemment l’estomac resté vide durant plus de douze heures.
« Le soir, quand vous faites la rupture, ne vous précipitez pas sur les aliments épicés. Je pense qu’il y a les papayes et les ananas actuellement chez nous qu’on peut vraiment utiliser. C’est bon pour l’organisme, ça régénère les cellules », déclare-t-il.
Selon le chef de service de médecine interne de Donka, ces fruits locaux ne sont pas seulement rafraîchissants ; ils jouent aussi un rôle protecteur : « Cela prévient la survenue de beaucoup de maladies chroniques. »
Focus Africaguinee.com
Créé le 23 février 2026 07:01









