Santé : MSF et les autorités locales évaluent le projet VIH/TB et préparent la transition à Conakry

CONAKRY – Dans le cadre de son Projet VIH/TB à Conakry, Médecins Sans Frontières (MSF) a organisé ce lundi 16 février 2026, un atelier de redevabilité communautaire au Gouvernorat de Conakry. Objectif, présenter  les activités 2025, recueillir les avis des communautés et discuter des perspectives 2026, dans un contexte marqué par le transfert progressif du projet au Ministère de la Santé.

La rencontre a mobilisé les autorités locales, les représentants communaux, les leaders communautaires, les acteurs de santé ainsi que les équipes de MSF. Un cadre d’échanges jugé crucial pour garantir la continuité et l’efficacité des interventions contre le VIH et la tuberculose.

« Un moment important de réflexion et d’évaluation »

Madame Sylla Kadiatou Camara, cheffe de cabinet du Gouvernorat de Conakry, a salué l’initiative, qu’elle qualifie de « moment important de réflexion, d’analyse et de partage d’expériences ».

« Cet atelier nous offre l’opportunité d’évaluer les actions menées au cours de l’année écoulée, d’identifier les progrès réalisés, mais aussi de relever les défis qui persistent dans l’amélioration de l’accès aux soins pour nos populations », a-t-elle déclaré à l’ouverture des travaux. La représentante de la gouverneure de la ville de Conakry a souligné l’importance d’un dialogue ouvert et inclusif entre MSF et les autorités communautaires, au-delà du seul aspect sanitaire.

Remerciant l’ONG internationale pour « son engagement constant aux côtés des autorités sanitaires locales », Sylla Kadiatou Camara a insisté sur la nécessité de maintenir une chaîne de collaboration solide afin d’éviter toute rupture dans la prise en charge des patients.

« Nous devons nous asseoir autour de la table pour faire la rétrospection de ce qui a été fait, afin d’identifier ensemble les défis à relever », a-t-elle martelé.

Des avancées notables, mais des défis persistants

Interrogé à l’issue de la rencontre, Dr Chaka Adela, coordinateur médical de MSF en République de Guinée, a rappelé que l’engagement communautaire demeure au cœur de la stratégie de l’organisation.« Les leaders communautaires sont les mieux placés pour connaître les besoins de leurs populations. Ils peuvent nous donner un retour pertinent sur la qualité des services que nous offrons », a-t-il expliqué.

Selon lui, courant  2025 des résultats encourageants ont été  enregistrés notamment une augmentation du nombre de personnes acceptant le dépistage et le traitement, avec l’appui du ministère de la Santé à travers le Programme national de lutte contre le SIDA. L’engagement croissant de la société civile et des personnes vivant avec le VIH constitue également un signal positif. Après plus de vingt ans de présence en Guinée, MSF observe une évolution des mentalités.

« De plus en plus de personnes vivant avec le VIH acceptent de témoigner à visage découvert. C’est une avancée importante dans la lutte contre la stigmatisation », a-t-il souligné. Toutefois, des obstacles demeurent. La stigmatisation reste un frein majeur à l’accès aux soins, tout comme les barrières financières liées à la prise en charge du VIH à un stade avancé.

 « Cette prise en charge commence dès les soins de santé primaires et la prévention. Il faut un plaidoyer de haut niveau pour mobiliser davantage de ressources », a insisté le coordinateur médical.

Un retrait progressif à l’horizon 2028

Autre enjeu majeur : le retrait progressif de MSF, planifié en concertation avec les autorités nationales et prévu jusqu’en 2028.

« Le défi est d’éviter qu’un vide ne se crée après notre départ », prévient Dr Adela. Un plan de transition est en cours d’élaboration afin d’assurer la continuité des services et d’encourager l’arrivée de nouveaux partenaires. Pour MSF, la réussite de cette transition dépendra fortement de l’implication des communautés, appelées à jouer un rôle clé dans la consolidation d’un dispositif durable, du niveau local au niveau national.

Les femmes et les jeunes, au cœur de la sensibilisation

Présente à l’atelier, Mme Camara Aminata, membre de la délégation spéciale de Kassa, dit avoir beaucoup appris.

« Je dis chapeau, car j’ai compris des choses que je ne maîtrisais pas auparavant. Cette rencontre a été très enrichissante », a-t-elle confié. Elle plaide pour une implication accrue des femmes au niveau communal dans la lutte contre le VIH et la tuberculose.

« Il faut aller à la base pour informer et sensibiliser, sans stigmatiser. Les femmes sont souvent en première ligne lorsqu’il s’agit de santé ou de difficultés sociales », a-t-elle insisté. À son retour dans les îles Kassa, elle compte organiser une restitution avec le maire, les associations de femmes et les représentants locaux. Les jeunes, notamment en milieu scolaire, seront également ciblés.

« Si les femmes sont bien informées à la base, l’information circulera mieux dans toute la communauté », a-t-elle assuré.

À travers cet atelier, MSF et ses partenaires réaffirment leur volonté de placer la communauté au centre de la riposte contre le VIH et la tuberculose, dans une dynamique de responsabilité partagée et de transition maîtrisée vers un système de santé national renforcé.

Mamadou Yaya Bah 

Pour Africaguinee.com 

Créé le 21 février 2026 08:35

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