Santé : Lancement à Conakry d’un atelier régional sur la prévention et la gestion de la maladie de Mpox dans l’espace CEDEAO…

CONAKRY-Plusieurs pays d’Afrique de l’ouest se mobilisent pour faire face à la maladie Mpox. Cet engagement collectif régional se traduit par le renforcement des capacités de préparation sur la prise en charge clinique, les mesures de prévention et de contrôle des infections liées au Mpox. L’atelier lancé dans ce cadre ce mardi 19 novembre 2024 à Conakry s’étendra sur trois jours. Il a été présidé par le directeur général par intérim de l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSS).

Dr Sory Condé a, au nom du ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique, exprimé toute sa satisfaction pour le choix porté sur Conakry pour abriter cette rencontre. Il a réaffirmé l’engagement du ministère de la Santé, à travers sa direction, à œuvrer pour la réussite des travaux.

« Depuis la notification des premiers cas de MPOX en Afrique et dans la sous- région ouest africaine, les initiatives de riposte se multiplient en vue de limiter sa propagation. C’est en cela que le ministère guinéen de la santé, à travers l’ANSS, apprécie hautement cette rencontre qui va sans doute, améliorer les capacités de nos agents de santé dans la prévention et la gestion de cette redoutable épidémie qui continue encore de faire des ravages sur le continent africain. C’est le lieu également de remercier l’OOAS, à travers elle, le centre régional de contrôle et de surveillance des maladies, ainsi que l’ensemble des partenaires qui les accompagnent pour l’appui technique et financier dans la mise en œuvre de cette activité. Je saisis aussi l’opportunité pour inviter les participants à accorder le maximum d’attention aux interventions des facilitateurs afin de consolider les acquis de la gestion de la maladie de Mpox dans la sous-région en général et en Guinée en particulier. Pour sa part, le gouvernement guinéen ne ménagera aucun effort pour que les travaux de cet atelier se tiennent dans les conditions souhaitées », a-t-il déclaré.

Dr Diarrassouba Mamadou, directeur exécutif du centre régional de surveillance et de contrôle des maladies de la CEDEAO (CRSCM-CEDEAO) sis à Abuja au Nigeria a quant à lui décliné les objectifs de l’atelier ainsi que les résultats attendus.

« L’objectif global de cet atelier régional est de renforcer les capacités des acteurs de la santé (prestataires de soins) de l’espace CEDEAO, en termes de prise en charge clinique et des mesures de Prévention et de Contrôle des Infections liées au Mpox. De façon plus spécifique, les participants seront formés sur les différentes directives : Le dépistage, le triage, l’isolement et l’évaluation clinique.

Ils seront aussi outillés sur la Prise en charge clinique des patients atteints du Mpox, notamment les options disponibles en matière de traitements antiviraux et d’autres thérapies, les équipements de protection individuelle à utiliser en cas d’épidémie de Mpox, le guide de prévention et de contrôle des infections pour la prise en charge des personnes atteintes de Mpox dans les établissements de soins de santé ».

À la fin de l’atelier, les participants auront acquis des connaissances et des compétences requises pour répondre efficacement à l’épidémie de Mpox dans l’espace CEDEAO, y compris la capacité d’identifier et de gérer les cas de Mpox. Ils seront aussi en capacité de mettre en œuvre des mesures appropriées de prévention et de contrôle des infections. Ce qui contribuera à renforcer la capacité globale de préparation et de réponse de la région, conduisant à terme à de meilleurs résultats sanitaires pour les États membres de la région.

De son côté, Dr Dominique Guimsop d’AFRICA CDC (Africa Centers for Disease Control and Prevention) est revenu essentiellement sur les causes de la maladie de Mpox.

« Le Mpox est une maladie causée par l’Ortho poxvirus simien. Il s’agit d’une infection virale pouvant se propager d’une personne à l’autre et parfois de l’environnement à l’homme par le biais d’objets et de surfaces contaminés. Dans les milieux où le virus de Mpox est présent chez certains animaux sauvages, il peut également se transmettre des animaux infectés aux humains en contact avec eux. La maladie a été détectée pour la première fois chez l’homme en 1970 en RDC et est considérée comme endémique dans les pays d’Afrique centrale et occidentale. Le 13 août 2024, le CDC Afrique a déclaré l’épidémie de Mpox en cours comme une urgence de santé publique menaçant la sécurité continentale. Le 14 août 2024, L’OMS a convoqué une réunion du comité d’urgence du RSI pour discuter de la recrudescence de Mpox et a déclaré l’épidémie  comme une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI).

Les principales raisons étaient la résurgence des cas et des décès dans les pays endémiques, l’expansion rapide de la maladie dans les zones non endémiques, la propagation d’une nouvelle souche mortelle du virus, ainsi que les nombreux défis pour contenir sa propagation dans d’autres pays d’Afrique et du monde. C’est la deuxième fois en deux ans que le Mpox est déclaré comme une Urgence de Santé Publique de Portée Internationale. En juillet 2022, l’épidémie avait déjà touché plusieurs pays et avait déjà donné lieu à une première déclaration en tant que USPPI, car elle s’était rapidement propagée à plusieurs pays où le virus n’avait jamais été détecté auparavant. Après une baisse durable du nombre de cas dans le monde, l’OMS a déclaré la fin de cette USPPI en mai 2023″, a-t-il expliqué.

M. Saïdou Dia, responsable des urgences à la représentation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en Guinée a soutenu que cet atelier vient à point nommé.

« Cet atelier vient à point nommé parce que, comme vous le savez, la variole simienne, que l’on appelle Mpox aujourd’hui, est une urgence qui entraîne beaucoup de cas en Afrique. Nous avons eu pratiquement 400 % de cas en plus comparés à l’année 2023 par rapport à l’année 2024, ce qui a nécessité la déclaration de Mpox comme une urgence sanitaire de portée internationale. La maladie est assez méconnue du point de vue de la prise en charge et de la prévention ainsi que du contrôle des infections.

Du point de vue de la pratique, donc, c’est une urgence qui se manifeste aussi bien en Afrique de l’Est qu’en Afrique centrale. Et sur le plan de la prise en charge, il y a un travail qui doit être fait pour la dissémination des connaissances, notamment par rapport aux leçons apprises dans le passé. Cet atelier vient vraiment renforcer les capacités du personnel. Ce qui est intéressant, c’est qu’on a des cliniciens, des logisticiens, mais aussi des responsables de la prévention et du contrôle des infections qui vont réaliser des cascades de formation suite à cet atelier que nous animons ici. Cette formation est donc vraiment nécessaire et arrive à un moment opportun », a-t-il affirmé.

Mamadou Yaya Bah 

Pour Africaguinee.com

Créé le 20 novembre 2024 12:27

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