Retard des salaires, disparités de traitement : Le ministère de l’Enseignement supérieur répond aux « 50 PhD »…
CONAKRY-Le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation a apporté des précisions ce vendredi 24 janvier 2025 sur le retard enregistré dans le paiement des salaires des 50 enseignants chercheurs guinéens, recrutés par le Gouvernement pour contribuer à qualifier l’enseignement dans les universités publiques.
Au cours d’un point de presse animé ce jour, dont Africaguinee.com a pris part, Docteur Mamadou Bagaga, Directeur Général du Bureau de Stratégie et de Développement (BSD) du Département dirigé par Alpha Bacar Barry, a également répondu aux préoccupations soulevées par ces ‘’50 PHD’’ de nationalité guinéenne.
Du retard des salaires
Sur la question relative au retard de paiement des salaires des concernés, le directeur reconnaît que c’est effectivement une réalité. Mais ce retard ne serait un cas particulier à eux, à en croire aux explications du Docteur Mamadou Bagaga.
« Il y a eu un retard dans le paiement des salaires parce qu’ils ont commencé à travailler, au mois d’octobre. Et on est, au mois de janvier. Mais cela ne veut pas dire que des efforts n’ont pas été faits. C’est le ministère de l’Enseignement Supérieur qui recrute et attend la régularisation par le ministère de la Fonction Publique. Pour revenir très rapidement au processus, le Gouvernement a émis le souhait de procéder à un recrutement de 10.000 fonctionnaires. Et sur les 10.000 fonctionnaires, il y avait, effectivement, 1.000 places pour l’enseignement supérieur. Dans ce recrutement-là, il y a eu un protocole d’accord qui nous forçait à recruter autour de 800 homologues au niveau de nos universités. Ça été réglé très rapidement (…).
Par la suite, le ministre Alpha Bakar a négocié auprès des autorités pour avoir d’autres places. Mais ces places-là ne devaient pas être des fonctionnaires, mais des contractuels. C’est pourquoi on a ouvert le champ pour avoir des enseignants-chercheurs étrangers, mais avec des contrats. C’est là que les deux sont venus. On a non seulement 145 places qui devaient être des guinéens, des fonctionnaires, mais on a aussi pu avoir 150 places environ pour recruter aussi des étrangers pour combler. Il y a deux profils différents avec deux procédures différentes.

Pour les étrangers, on s’est battu au niveau des ministère du Budget et de la Fonction publique, pour que très rapidement, ils (soient régularisés). Et fort heureusement, il y a de cela juste deux ou trois semaines qu’ils ont pu être régularisés. Même pour eux-mêmes, ils avaient des soucis. Mais pour les guinéens, c’est des fonctionnaires. Les fonctionnaires sont régis par les statuts de la fonction publique et tout ce qui va avec. Et le ministère de la Fonction Publique était en train de travailler pour que, fin décembre, tous les nouveaux fonctionnaires recrutés puissent entrer en possession de leur salaire. Je ne sais pas ce qui s’est passé, il y a eu sûrement quelques soucis techniques, ou en tout cas, ils ont reporté cela à la fin du mois de janvier 2025. C’est-à-dire que dans peut-être moins d’une semaine, normalement, tous ces fonctionnaires-là doivent être payés », a expliqué ce haut responsable du Ministère de l’Enseignement Supérieur.
Et de poursuivre : « ils sont embarqués dans le lot des (nouveaux) fonctionnaires. Comment on veut qu’il y ait un traitement spécifique à leur égard pendant qu’il y a d’autres qui sont dans les différents camps, en train de faire de la formation militaire. Il y a une dérogation au niveau des enseignants, parce qu’on se dit qu’ils sont en situation de classe (…) mais le processus se poursuit », a rassuré Dr. Bagaga.
Concernant les disparités
Concernant les disparités, le Directeur général du BSD souligne qu’il y a eu deux types de contrats dans le cadre du recrutement de ces formateurs.
« En ce qui concerne les enseignants chercheurs guinéens ‘’50 PHD’’ ils sont sur les grilles de la fonction publique. Et, depuis le mois de mars, il y a eu une certaine revalorisation des salaires au niveau des fonctionnaires, des cadres, titulaires de grades. Que ce soit à l’enseignement supérieur ou ailleurs, si vous avez des grades académiques, vous êtes assistant, maître-assistant, maître des conférences, professeur titulaire, vous avez des grades. Eux, le ministre a demandé à ce qu’on fasse tout pour qu’ils aient le premier grade. Pour la plupart, il y a certains qui ont le deuxième grade en fonction de ce qu’ils ont eu à faire ailleurs. On pouvait ne pas leur donner ça. Si on ne leur avait pas donné ça, ils allaient se retrouver dans les 3 millions de francs guinéens comme (salaires mensuels). Mais le fait, déjà, qu’on a ajouté ce grade d’assistant pour la plupart, ça fait que la plupart d’entre eux seront autour de 8 millions de francs (comme salaire mensuel). Et en plus de ça, c’est des fonctionnaires.

Un fonctionnaire, aujourd’hui, tu es fonctionnaire, demain, tu as un décret, tu as un arrêté, et il y a tous les avantages. Et vous savez que le ministère de la fonction publique est en train de travailler, aujourd’hui, pour créer beaucoup de facilité, avec la prise en charge médicale, et tout ce qui va avec. Donc ça, il y a des avantages perceptibles, qu’on peut voir, mais il y a d’autres avantages liés au fait qu’ils soient des fonctionnaires pendant que les autres (enseignants étrangers), ils ont un cahier de charges. Le processus même d’évaluation a commencé avec des indicateurs qui sont là. Ils doivent faire un volume d’enseignement qui est bien reconnu », explique le Directeur général du BSD.
Les articles scientifiques
Selon Docteur Mamadou Bagaga, dans les critères de sélection, ces enseignants devaient rédiger des articles scientifiques. A date, beaucoup d’enseignants étrangers en sont à leur deuxième, troisième article, sur trois les mois. « Et eux, je doute qu’un seul vous dise qu’il a pu rédiger, en tout cas, dans son université un article. Les projets de développement institutionnel, ça fait partie des tâches que les enseignants doivent faire. Tous les enseignants étrangers, aujourd’hui, s’activent avec les universités respectives pour, effectivement, rédiger ces projets-là, pour capter des financements du type Erasmus et d’autres types de financements. Au quotidien, je reçois ces retours. Et eux, je n’en connais pas un qui est dans un projet Erasmus, qui est en train de capter (…) sauf un qui ne fait pas partie du groupe, qui a étudié en Belgique. Je préfère ne pas dire son nom. Il y a des individualités parmi eux, qui ne sont pas dans le groupe, mais qui sont en train de faire un travail de fond. Mais il y a d’autres, par contre, malheureusement, qui ne font pas grand-chose », a-t-il révélé.
Combien gagnent les enseignants étrangers ?
« Les étrangers, la grille de salaire, comme je l’ai dit, les Russes c’est entre 3 000 et 4 000 dollars. Maintenant, pour les assistants, ils ont 25 millions de francs guinéens. Sur les 25 millions, on a ajouté 3 millions parce qu’à un moment donné, ils vont commencer à payer des impôts et des taxes. Quand on a évalué, ça a été autour de 3 millions gnf. On a discuté avec le BCP (Bureau de coopération et de partenaire) qui gère le bureau de coopération et de partenariat. Donc, c’est comme s’il y a 28, mais en réalité, à un moment donné, ils vont commencer à percevoir 25 millions. Et les assistants, sur les 100 qui sont là, je peux vous dire qu’il n’y a que 10 qui perçoivent au-delà, car on a 110 enseignants-chercheurs étrangers. Sur les 110, notez bien, il n’y a que 10 qui perçoivent des salaires supérieurs à ces 25 millions…Les 100 sont payés autour de ce montant. Maintenant, les autres, je crois, il y a 2 professeurs titulaires qui perçoivent 40 millions (…). Maintenant, il y en a 1 ou 2 qui perçoivent 38 millions qui sont des maîtres de conférences. Donc, 90% de ces étrangers sont autour de 25 millions », a précisé ce cadre du ministère de l’enseignement supérieur.
Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 24 janvier 2025 18:58Nous vous proposons aussi
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