Rentrée des classes : le train démarre avec peu de passagers… « constat »

CONAKRY-En Guinée, ce mercredi 25 septembre 2024 marque la rentrée officielle des classes. Mais à Conakry ainsi que dans la capitale de la région forestière, le constat révèle un flop saisissant. Il n’y a pas d’engouement dans les établissements visités par notre reporter, ce matin.

Cette morosité est palpable aussi bien dans les établissements scolaires publics que ceux du privé. Les encadreurs sont venus massivement, mais les élèves se comptent au bout du doigt. L’écrasante majorité n’a pas répondu à l’appel.

Interrogé, Mamadou Diallo, directeur de l’école primaire de Symbaya 2, tente de donner les raisons.

Cinq élèves présents sur un effectif de 2000

« Comme vous venez de le constater, la rentrée des classes n’a pas été effective ce matin comme prévu. Tous les enseignants et enseignantes sont là, malheureusement, les élèves ne sont pas venus.

Nous avons un effectif de 2000 élèves, mais seulement 5 élèves sont venus aujourd’hui. Il faut aussi comprendre que la pluie a beaucoup joué sur la présence des élèves, car la plupart d’entre eux traversent le marigot de Demoudoula. Donc, les parents ne peuvent pas laisser leurs enfants venir comme ça. Tout de même, nous demandons aux parents d’élèves de permettre à leurs enfants de venir, car chaque jour qui passe représente une perte », a-t-il expliqué.

Le même constat se dégage à l’école privée de Safia. Ici encore, les encadreurs sont venus massivement, mais les élèves manquent à l’appel. Monsieur Condé Oumar, professeur de français, interpelle les parents d’élèves.

« Nous sommes là et fin prêts à donner les cours à 100 %. Aujourd’hui, on peut comprendre la pluie, mais nous demandons aux parents de laisser leurs enfants venir à l’école. Parce que, comme vous le constatez, ici, le train a démarré« , a-t-il dit.

SIDIKI KOULIBALY, proviseur du Lycée-Collège « BAH IBRAHIMA KABA » pointe du doigt mauvaise habitude de certains élèves guinéens qui boudent les salles de classes au début de la rentrée scolaire.

« Le constat est que le syndrome guinéen persiste.  Les autorités du système éducatif programment la rentrée scolaire, mais certains élèves ne répondent pas à l’appel dans l’immédiat. Mais qu’à cela ne tienne, il y’a déjà un nombre d’élèves présents dans les salles de classes et tout le corps enseignant de cet établissement ont répondu présent, y compris les membres de la direction.

Les élèves ont déjà fait 3 mois voire plus de vacances. Je pense que l’heure est à la reprise du chemin de l’école. Je demanderai aux parents d’élèves de tout mettre en œuvre pour libérer les enfants afin qu’ils rejoignent les classes « , a-t-il dit.

Dans le sud de la Guinée précisément à Nzérékoré, cette rentrée est morose. Peu d’élèves ont repris le chemin de l’école. Malgré ce faible effectif, l’autorité éducative assure que toutes les dispositions sont prises pour que les cours commencent effectivement ce jour.

« Si les enseignants ont répondu massivement, c’est que les cours vont démarrer, quel que soit le nombre d’élèves présents dans les classes. On peut dire que la reprise des cours est effective dans notre région parce que nous avons sensibilisé. Depuis le 16 septembre, le personnel enseignant, de direction est dans les établissements. Nous avons supervisé la rentrée administrative, nous avons constaté que des écoles sont prêtes à recevoir des élèves même si aujourd’hui, nous avons constaté qu’il y a peu d’élèves », confie Gbato Donzo, inspecteur régional de l’éducation de Nzérékoré.

Dans plusieurs écoles de la capitale forestière, les élèves traînent les pas à rallier les salles de classes. Au lycée-collège Général Lansana Conté situé au quartier Burkina par exemple, peu d’élèves étaient présents. Dans une des classes du lycée, on a trouvé 3 élèves en train de suivre un cours d’Anglais.

Du côté de l’école primaire Mamadi Konaté, quelques élèves sont sur place, même si les cours n’ont pas encore commencé. Même constat au Lycée-collège Alpha Yaya Diallo au quartier Gbahana, où quelques élèves sont dans la cour et d’autres dans des salles de classe.

Face à ce constat alarmant, l’inspecteur régional lance un message aux parents d’élèves. ‘’C’est l’occasion d’interpeller les parents, leur dire de laisser les enfants reprendre le chemin de l’école. Le résultat de la fin d’année, c’est dès le début qu’on le prépare. Nous avons analysé les résultats des examens l’année dernière, nous avons constaté qu’il y a eu beaucoup de manquement du côté des enseignants, des encadreurs, des parents. Des dispositions sont mises en place pour que l’année puisse bien se dérouler’’, soutient Gbato Donzo.

Difficultés

« Il y a des enseignants contractuels qui étaient là, une partie a été retenue et l’autre non. La partie qui n’est pas retenue demeure aujourd’hui un besoin. Et dans les écoles, il y a toujours le besoin en tables-bancs. Nous avons commencé à sensibiliser les parents, les communautés, pour que les enseignants qui n’ont pas eu la chance d’être retenus, soient pris en charge par les communautés », a-t-il lancé.

Cette année, ils sont au total 311 119 élèves dont 137 000 filles à rallier les écoles publiques dans toute la région, nous apprend-t-on.

Mamadou Yaya Bah &

SAKOUVOGUI Paul Foromo

Pour Africaguinee.com

Créé le 25 septembre 2024 12:05

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