Recrutement “présumé” d’enseignants sénégalais par des universités guinéennes : Dakar hausse le ton!

DAKAR-L’affaire jaser à Dakar depuis quelques jours, faisant les choux gras de la presse sénégalaise. Il s’agit du recrutement “présumé” d’enseignants-chercheurs sénégalais par des universités guinéennes. Alors que la polémique enfle notamment au Sénégal, le ministère sénégalais de l’Enseignement supérieur a réagi. Entre accusations de « fuite des cerveaux » et réalités diplomatiques, Africaguinee.com a enquêté sur les dessous de cette affaire.

Un quiproquo sémantique?

La controverse est née d’une interprétation jugée hâtive du terme « recrutement ». Pour Meissa Diakhaté, enseignant-chercheur sénégalais interrogé par le média LNA, la confusion règne. Selon lui, cette initiative s’inscrit strictement dans le cadre de l’accord-cadre de coopération scientifique signé entre Conakry et Dakar, deux capitales liées par leur appartenance au CAMES et à la CEDEAO.

Ce que stipule le Protocole d’Accord du 23 mai 2025

Le document, consulté par notre rédaction, définit un cadre de concertation et d’échange. L’article premier précise que ce partenariat vise notamment :

  • L’appui à la mise en œuvre de programmes conjoints de recherche.
  • La participation des établissements sénégalais aux programmes stratégiques guinéens « 1000 PhD et 5000 masters ».
  • Le renforcement de la mobilité des enseignants et des étudiants.

Côté guinéen, un cadre du ministère de l’Enseignement supérieur souligne que cette démarche fait partie intégrante de la réforme du système éducatif. « La Guinée est soucieuse de l’avenir de sa jeunesse. Le président met le paquet pour former des cadres capables d’accompagner le développement du pays », confie-t-il, préconisant même d’élargir cette politique aux autres secteurs de l’enseignement.

La mise au point ferme du ministère sénégalais

Face à l’ampleur du débat, le Ministère sénégalais de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) a publié une mise au point ce lundi 5 janvier 2026. Le ministère dénonce un « traitement informationnel divers » ayant conduit certains observateurs à y voir une perte d’attractivité du Sénégal.

« Un enseignant-chercheur sénégalais ne saurait être engagé par un contrat de travail dans la fonction publique d’un autre pays, hormis les mécanismes de coopération dûment ratifiés », précise Dakar.

Dans le document consulté par Africaguinee.com, e ministre a par ailleurs instruit les recteurs des universités publiques de procéder à des vérifications rigoureuses, rappelant que la loi n° 61-33 « consacre le principe de l’exclusivité de l’emploi dans la fonction publique ».

Une coopération sous surveillance

Tout en défendant l’attractivité des universités sénégalaises, présentées comme les mieux rémunérées de l’espace francophone subsaharien, le ministère réaffirme son ouverture :

« Les modalités de mise en œuvre dudit protocole seront discutées dans le cadre du comité de suivi qui sera institué et seront rendues publiques en temps opportun ».

Si la mobilité est encouragée au nom de l’intégration africaine, Dakar entend mettre fin à toute forme de « cumuls d’emplois irréguliers » qui ne cadreraient pas avec le protocole signé le 23 mai 2025.

Dansa Camara DC

Pour Africaguinee.com

Créé le 6 janvier 2026 06:58

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