Ratoma : Des leaders religieux sensibilisent les citoyens sur les méfaits des mutilations génitales féminines

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CONAKRY- Après le quartier Carrière dans la commune de Matam, l'équipe du Secrétariat Général aux Affaires Religieuses, appuyée par le Fonds des Nations-Unies pour l'Enfance (UNICEF) était l’hôte ce vendredi 4 février 2022 des populations du quartier Ratoma dans la commune éponyme pour sensibiliser sur les méfaits des mutilations génitales féminines (MGF). La séance de sensibilisation s’est tenue à la maison des jeunes de Ratoma.

La démarche entre dans le cadre des activités préparatoires de la journée Internationale « Tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines (MGF) », qui sera célébrée le 6 février 2022. L'objectif de ces débats est de créer un dialogue constructif entre les communautés dans les quartiers et les leaders religieux afin de démystifier cette pratique considérée par les professionnels de santé, comme néfaste sur la santé de la gente féminine. 

Le Spécialiste de la Protection des Enfants du bureau de l'UNICEF à Conakry explique le bien-fondé de cette initiative.

"L'objectif de ces débats au niveau des communautés est l'élimination des mutilations génitales féminines en Guinée. Dans les débats il y a toujours des Pour et des Contre. On a longtemps travaillé dans les communautés à l'intérieur du pays mais on a constaté que les problèmes résistent encore dans les zones urbaines. C'est pourquoi cette fois-ci nous avons commencé par Conakry. Nous allons élargir ces débats jusqu'à l'intérieur du pays. Notre vision est qu'il y ait zéro mutilations génitales féminines en 2030", a expliqué M. Abdoulaye Baldé.

Lire aussi-L'UNICEF accompagne la Guinée dans la lutte contre les « Mutilations génitales féminines »

Le Directeur Général Adjoint du bureau de stratégie et du développement au Secrétariat Général aux Affaires Religieuses et point focal MGF, a animé les débats pendant des heures. Il assure que le message est tombé dans des bonnes oreilles. 

"Aujourd’hui nous sommes dans la Commune de Ratoma pour conférer avec les communautés à la base et les leaders religieux sur l'importance de l'abandon des mutilations génitales féminines au regard des conséquences néfastes que cette pratique cause à la gente féminine sur le plan sanitaire. Après avoir écouté toutes communications, je pense que le message est bien passé parce que les imams ont démontré que cette pratique n'est d'ordre religieux", a mentionné Aboubacar Sidiki Nabé. 

Victime de mutilation génitale, M.L.S a fait un témoignage pathétique. Cette femme qui a pris part aux débats a confié avoir eu des complications lors de son premier accouchement. Selon elle, ses médecins l'ont conseillé de ne pas avoir au-delà de 3 enfants au risque de perdre sa vie. 

"Ce que j'ai subi dans l'excision, jusqu'à présent ça joue sur ma santé. Surtout au moment de l'accouchement. Quand je suis tombée enceinte pour la première fois, lorsque je suis allée à l'hôpital pour les consultations, le médecin m'a demandé : "qui vous a fait (ça) ?" Je lui ai répondu que c'est à mon enfance qu'on m'a fait ça. Et il m'a dit "Madame ça c'est grave pour votre santé. J'ai peur pour vous à l'accouchement’’. Justement au moment de l'accouchement j'avais eu des complications. Donc j'invite toutes les femmes d'abandonner l'excision parce que ce n'est pas bon pour les femmes", a témoigné S.M.L.

Oumar Bady Diallo 

Pour Africaguinee.com 

Tel : (00224) 666 134 023 

Créé le 4 février 2022 21:41

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