Protection de l’environnement : la FPFD clôture un atelier stratégique autour du projet PRONAD

CONAKRY – Face à la dégradation des ressources naturelles et aux effets du changement climatique, la Fédération des Paysans du Fouta Djallon mise sur l’action locale et la concertation. À Conakry, elle a clôturé ce jeudi 12 février 2026, un atelier stratégique autour du projet PRONAD (Protéger la Nature est Notre Devoir), visant à influencer durablement les politiques publiques environnementales et agricoles.

Depuis 2023, la Fédération des Paysans du Fouta Djallon met en œuvre le projet « Protéger la Nature est notre Devoir », co-financé par l’Agence Française de Développement et le CCFD-Terre Solidaire. Il s’agit d’un portail dont l’objectif est de renforcer la résilience de 7 sous-bassins versant, en mettant en place des actions de sensibilisation, des petits aménagements et des cadres communaux de concertation GIRE et climat.   

Le projet PRONAD vise également à capitaliser les retours d’expérience issus des différentes innovations du projet (diagnostic climat et GIRE, feuille de route, cadre de concertation, approche territoriale, actions concrètes sur le terrain, outils de sensibilisation…) afin d’améliorer les pratiques internes à la Fédération et des autres parties prenantes du développement local, à travers des focus groups. En outre, identifier les synergies possibles avec les politiques publiques, voire formuler des propositions ou recommandations à l’attention des décideurs. 

La rencontre de Conakry s’inscrit également dans le cadre d’expliciter les défis posés à l’agriculture par le changement climatique, valoriser les résultats du projet et partager ses apports à la mise en œuvre des politiques publiques, à l’échelle locale et nationale, organiser un dialogue multi-acteurs autour des questions liées à l’agriculture, l’adaptation au changement climatique et la GIRE. 

Moussa Para Diallo, Président de la Fédération des Paysans du Fouta Djallon-
Moussa Para Diallo, Président de la Fédération des Paysans du Fouta Djallon-

« Après trois ans de parcours, nous avons assisté dans 07 communes rurales en l’occurrence : Sarebhoydho, Koumbia, Lafou, Donghel Sigon, Konah, Monbéya et Timbi Madina, à des séries de concertations, qui ont réuni des citoyens de professions diverses notamment : les briquetiers, les éleveurs, les lessiveuses, les nettoyeurs d’engins, les agriculteurs, des leaders d’opinions et religieux. Ce rapprochement a permis de mieux se connaître, s’accepter, s’écouter et consolider un renforcement de la cohésion sociale », a expliqué Moussa Para Diallo, Président de la Fédération des Paysans du Fouta Djallon-.

La FPFD s’est investie aussi pour poser quelques actions dans sept (07) sous bassins versants  choisis pour les interventions du projet PRONAD. Telles que le reboisement d’arbres fruitiers et autres espèces locales, la pose des cordons pierreux, le curage des marigots, des aménagements hydro agricoles de 15 bas-fonds et plaines, dont 09 clôturés en grillages et 03 autres têtes de sources sécurisées par des grillages.  

« A cet effet, nous sommes interpellés à poursuivre et à intensifier les sensibilisations des jeunes, des femmes et des adultes sur la Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) et le changement climatique (CC) dans nos localités. L’eau représente sans doute, une source de vie, pour les humains, les animaux et les plantes ; malheureusement nous assistons ces dernières années, à des phénomènes naturels comme : des sécheresses, des inondations, des températures extrêmes et des perturbations de saisons, face auxquels, nous sommes appelés à forger des adaptations« , a ajouté M. Diallo. 

En moyenne Guinée, l’accès à l’eau devient de plus en plus incertain sous l’effet de la pression sur les ressources naturelles, de la dégradation des sols et des cours d’eau, liés à des pratiques non adaptées et du changement climatique, selon le directeur de l’AFD.

M.Antonin Cœur Bizot, témoigne que les tensions issues de ce fléau fragilisent les écosystèmes et les systèmes agricoles avec des impacts directs sur la sécurité alimentaire.

« Face à ces défis, la Fédération des Paysans du Fouta Djallon a porté une approche à la fois ambitieuse et pragmatique, pour intervenir à l’échelle des sous-bassins versants en associant dans une approche territoriale les collectivités, les services de l’État et l’ensemble des usagers. C’est cette vision concertée que nous avons souhaitée accompagner. L’AFD a fait le choix de soutenir la FPFD en partenariat avec le CCFD Terre solidaire à hauteur de 800.000 euros pour une durée de 3 ans« , a dit le directeur pays de l’AFD. 

Il s’agit du premier financement direct accordé à une organisation de la société civile de droit guinéen sur ce dispositif, a-t-il révélé. 

 

« L’approche participative a montré son efficacité pour faire dialoguer des usagers qui ont des attentes diverses. Elle a aussi rappelé la nécessité d’ajuster en permanence les interventions pour garantir l’adhésion de tous et la durabilité de ces actions. Pour la suite, l’enjeu sera de consolider ces acquis, de renforcer la coordination entre les acteurs et de continuer à adapter les priorités aux réalités du terrain », a déclaré M.Bizot.

Le secrétaire général du ministère de l’environnement et du développement durable, prenant part à la clôture de cet atelier, a expliqué que l’intervention dans le Massif du Fouta Djallon s’inscrit en droite ligne des priorités définies par la cheffe de leur département.

 « Nous avons initié des actions concrètes à travers une taxe forte multisectorielle qui implique des partenaires techniques et financiers pour documenter le Massif du Fouta Djallon afin de montrer sa valeur exceptionnelle au plan écologique, au plan naturel, mais aussi afin d’identifier toutes les menaces sur tous les plans pour pouvoir aboutir à un plan de gestion« , a martelé Dr Karim Samoura.

 

 Dansa Camara DC 

Pour Africaguinee.com

Créé le 13 février 2026 11:36

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