Projets de développement : L’ultime appel du CODEC pour l’adoption du référentiel national

CONAKRY-La Guinée est riche en ressources naturelles qui attirent la convoitise des géants miniers de la planète. Des projets miniers de grande envergure sont en cours, d’autres en préparation. A côté, il y a aussi de gigantesques projets infrastructurels, hydroélectriques et agricoles. Si ces projets peuvent apporter des avantages économiques au pays, ils ont une emprise foncière importante et donnent lieu à des impacts considérables sur les communautés locales.

C’est dans ce cadre que le Collectif des organisations de la société civile pour la défense des droits des communautés impactées par les projets de développement (CODEC) a organisé, ce mercredi 7 mai 2025, un atelier de plaidoyer pour l’adoption du référentiel national. Son coordinateur, Amadou Bah, explique l’objectif de l’initiative.

« Aujourd’hui nous réitérons notre plaidoyer à l’endroit du gouvernement notamment à travers le ministère de l’environnement chargé de la finalisation du processus d’adoption du référentiel pour leur dire qu’il est temps pour notre pays d’avoir cet instrument juridique contraignant qui permette aux promoteurs des projets miniers publics ou privés d’avoir des outils permettant de mieux gérer le processus de compensation, d’indemnisation et de réinstallation en République de Guinée.

La Guinée aujourd’hui est un pays en chantier avec beaucoup de projets dans le secteur minier, dans le secteur énergétique, dans le secteur des infrastructures ou encore dans le secteur agricole. Donc tous ces projets ont besoin de l’acquisition des terres et pour qu’on puisse mieux gérer cette acquisition des terres.

Il est important pour nous d’avoir le référentiel national sur la compensation, l’indemnisation et la réinstallation des communautés. Ce document permettra aux communautés d’être protégées dans leurs terres et que leurs droits légitimes soient respectés et permette aux promoteurs d’être en communion avec les populations impactées dans un élan de dialogue.

Également ça permet de stabiliser les investissements, d’attirer encore plus d’investissements dans le pays parce que les parties prenantes sont d’accord sur les normes applicables en la matière. C’est une question qui viendra également résoudre le problème du vide juridique qui existe depuis plus de 50 ans en Guinée. Beaucoup de pays ont ces normes qui réglementent les compensations », a-t-il expliqué.

Amadou Bah

Mohamed Salifou Touré, représentant du ministère de l’Environnement, lors de cette séance de travail, a affirmé que son département est en train de travailler à la validation de ce document.

« Au ministère de l’Environnement, nous travaillons d’arrache-pied afin que ce document puisse être finalisé. Le document sur lequel nous travaillons est intitulé ‘Référence nationale’ par rapport à la compensation, à l’indemnisation et à la réinstallation des populations impactées (…). Donc, au sein du ministère, nous développons ce projet pour qu’il puisse devenir un guide référentiel, c’est-à-dire un guide national qui puisse fédérer tous les projets de développement, pas seulement les projets miniers, mais aussi ceux relatifs à l’hydroélectrique, aux infrastructures routières et à tout ce que l’on peut connaître comme projet de développement », a-t-il dit.

Mohamed Salifou Touré

Yacouba Kamara, leader communautaire à Kintinian dans la préfecture de Siguiri, a participé à l’atelier. Il salue cette initiative qui va le sortir du vide juridique dans lequel il est plongé.

Yacouba Kamara

« Aujourd’hui, nous sommes très assoiffés de l’adoption de ce document qui va régler le vide juridique qui se trouve au niveau des compensations, de l’indemnisation et de la réinstallation des communautés. À notre niveau, la compensation est un grand problème. Nous avons même des compensations injustes (…). Nous sommes trop fatigués, si réellement l’État peut faire en sorte que ce document soit adopté pour que nos problèmes soient réglés, ce serait très important. », a-t-il affirmé.

Barry Moussa Bailo, leader communautaire dans la région de Boké, sous-préfecture de Sangaredi, abonde aussi dans le même sens que son prédécesseur : « Aujourd’hui, avec ce référentiel national, on sait qu’on aura un document de base, une référence qui peut vraiment nous aider (…). C’est un ouf de soulagement. Mais ce qui est le plus important, c’est l’adoption du document « , a-t-il indiqué.

Barry Moussa Bailo, leader communautaire

Mamadou Yaya Bah 

Pour Africaguinee.com

Créé le 8 mai 2025 06:24

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