Programme « Formation des Formateurs » : des enseignants adressent une requête “urgente” à la ministre Djami Diallo

CONAKRY- Les jours et les saisons se suivent, mais la situation des enseignants-chercheurs guinéens bénéficiaires du programme national « Formation des Formateurs, 5 000 Masters et 1 000 PhD » ne semble pas évoluer en matière de prise en charge. Face aux difficultés persistantes, ces enseignants-chercheurs guinéens ont adressé une demande “urgente” à la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Djami Diallo, pour réclamer le paiement de leurs bourses.

Réunis au sein d’un collectif, les enseignants-chercheurs concernés ont adressé une doléance au département de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MESRS), sollicitant le paiement, dans les meilleurs délais, des bourses liées au programme national « Formation des Formateurs, 5 000 Masters et 1 000 PhD ».

« À l’heure où nous écrivons ces lignes, nous avons le cœur lourd et les yeux en larmes face au mépris avec lequel ce programme national est tapi dans l’ombre, pendant que des pères de famille en formation croupissent dans la misère. La présente lettre n’est qu’un euphémisme », souligne la lettre authentifiée par Africaguinee.com.

En effet, expliquent les membres du collectif, si le programme ambitieux de formation des formateurs de la République constitue une véritable opportunité depuis 2018, force est de constater qu’il est confronté à des difficultés d’exécution ces derniers temps. « Nous subissons des retards considérables dans la réception de ces bourses, pourtant essentielles à notre subsistance et à la poursuite effective de nos études », déplorent les concernés.

Pour ces formateurs en formation, au regard du contexte économique international actuel, cette situation engendre d’importantes difficultés, notamment l’impossibilité d’assurer régulièrement le paiement du logement, la précarité alimentaire pour ceux et celles en mobilité à l’étranger, la difficulté à acquérir les ressources pédagogiques nécessaires, l’isolement social ainsi que l’endettement croissant auprès de tiers.

« Pour preuve, beaucoup de collègues sont actuellement à deux ans, jour pour jour, sans être en possession de ladite bourse. D’ailleurs, en France, depuis la rentrée universitaire 2024, une preuve de virement bancaire est désormais requise dans la procédure d’acquisition ou de renouvellement des documents administratifs, notamment le titre de séjour », ajoute le Collectif des Enseignants en formation.

« Nous sommes en mission de formation, pas en quête d’argent »

Pour les enseignants inscrits en master et en doctorat, la formation et la qualité de l’enseignement à l’étranger constituent une véritable opportunité. Mais le contexte économique international, notamment dans les grandes métropoles, rend leur quotidien particulièrement difficile.

« Les soutiens extérieurs, qu’ils soient familiaux ou issus de ressources personnelles, ne peuvent plus absorber ces fluctuations. Cette réalité a des répercussions concrètes sur notre moral et notre capacité à nous consacrer pleinement à notre parcours doctoral. Alors que les attentes institutionnelles et académiques demeurent élevées, il est très difficile, voire impossible, d’entreprendre une activité connexe sans compromettre la qualité de la formation. Dans d’autres cas, certains sont obligés de recourir à la césure du parcours académique, faute de temps et de concentration. Bref, nous sommes en mission de formation, pas en quête d’argent », rappellent les concernés à leur ministre de tutelle.

Poursuivant leur plaidoyer, les enseignants-chercheurs demandent à la ministre Djami Diallo d’intervenir afin de permettre le règlement de cette situation.

« Madame la ministre, c’est en nous appuyant sur toutes ces réalités et sur le caractère urgent du paiement de ladite bourse que nous soumettons très respectueusement la présente missive à votre adresse, pour le paiement en urgence de cette bourse, afin de garantir la réussite de notre cursus et de préserver la dignité qui doit accompagner chaque formateur en mobilité internationale. Nous restons disponibles pour étayer objectivement nos propos », lance le Collectif des enseignants en formation.

« Retarder la bourse, c’est affaiblir l’objectif même du programme »

Pour certains bénéficiaires, le retard dans le paiement des bourses ne menace pas seulement leur subsistance immédiate. Il compromet également, selon eux, la qualité académique recherchée à travers le programme.

« Un formateur contraint de chercher un revenu de subsistance, de négocier des délais avec son bailleur ou de suspendre son parcours par manque de moyens ne peut consacrer à sa formation l’investissement intellectuel que l’État attend précisément de lui à travers ce programme. Retarder ladite bourse revient, en somme, à affaiblir l’objectif même que le programme s’est fixé », ajoute une source parmi les concernés.

Interpellé par Africaguinee.com ce mardi, un haut responsable du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a assuré que le département « est en train de faire des efforts » afin que les bénéficiaires concernés soient satisfaits. À la question de savoir quand ces paiements pourraient intervenir, aucune date précise ne nous a toutefois été communiquée.

Dossier à suivre.

Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com

Créé le 1 septembre 2026 13:30

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