Procès de Bienvenu Lamah: Bangaly Diané, un témoin pas comme les autres…
CONAKRY– Un témoin pas comme les autres a comparu devant le Tribunal de première instance de Dixinn ce lundi 19 janvier 2026 dans le procès de colonel Bienvenu Lamah, accusé d’atrocités lors des événements du 28 septembre 2009.
A la barre, Bangaly Diané, constitué partie civile, a raconté son calvaire. Il affirme avoir été blessé lors des violences survenues au stade du 28 septembre en 2009. Mais dans son récit, des incohérences ont semé le doute.
Blessures et soins médicaux
Selon Bangaly Diané, chauffeur de profession, il a reçu une balle dans le genou gauche durant les événements de 2009. Il affirme avoir reçu les premiers soins à son domicile car, dit-il, il n’osait pas se rendre à l’hôpital, par crainte d’être tué.
Après cet incident, il s’est rendu au village de sa mère à Benna, dans la préfecture de Forékaryah où il aurait suivi un traitement traditionnel avant de se rendre à l’hôpital militaire de Camp Samory à Conakry, puis à Kamsar pour poursuivre son traitement, a-t-il expliqué. N’ayant recouvrer santé, il a dit avoir pris la décision de se rendre en Tunisie où il a reçu des soins plus appropriés durant plusieurs années.
À la barre, M. Diané a demandé une prise en charge médicale et un dédommagement pour ses blessures : « Je demande au Tribunal de m’aider à avoir une prise en charge médicale pour le traitement de mon pied et un dédommagement… », a-t-il déclaré, affichant une apparente détresse.

Les contradictions et incohérences dans son témoignage
Cependant, des documents présentés comme preuve ont rapidement mis en lumière des contradictions majeures dans les déclarations de Bangaly Diané. Premièrement, les papiers officiels indiquent qu’il a été blessé non pas lors des événements du 28 septembre 2009, mais plutôt en 2008, précisément lors d’une marche revendicative des femmes d’Avaria, le 15 avril 2008. Il a alors été blessé sur le pont de Avaria à Madina, dans la commune de Matam, alors qu’il circulait à moto. Cette blessure date donc de plus d’un an avant le massacre du 28 septembre 2009, un fait qui a soulevé de nombreuses questions sur la crédibilité de son témoignage.
Aussi, les documents qu’il a fournis contredisent son récit concernant ses soins à l’hôpital militaire du Camp Samory. Ceux-ci précisent que Bangaly Diané s’y est rendu avec l’appui du ministre de la Défense, un détail qu’il n’a pas mentionné lors de son témoignage. Il a également affirmé qu’il était en Tunisie au moment du premier procès, mais à la barre, il a changé sa version en répondant à un avocat de la défense qu’il était revenu en Guinée entre 2023 et 2024, soit bien après le début du procès. Cette incohérence soulève des interrogations sur la véracité de ses déclarations concernant son séjour à l’étranger.

Une date de naissance floue
Une autre contradiction a été relevée dans les documents personnels de Bangaly Diané. Alors qu’il affirme être né le 24 avril 1980, les papiers qu’il a fournis au tribunal montrent qu’il avait 28 ans en 2010 et 34 ans en 2014, ce qui semble incompatible avec la date de naissance qu’il a donnée. Une autre contradiction qui affaiblit davantage la crédibilité de son témoignage.
Réaction de la défense de Bienvenu Lamah
La défense du colonel Bienvenu Lamah n’a pas tardé à réagir à ces incohérences. Elle a qualifié le témoignage de Bangaly Diané de « flou » et « contradictoire », l’accusant de manipuler les faits pour tenter d’obtenir un dédommagement, comme les premières victimes qui ont bénéficié de l’indemnisation lors du 1er procès.
Pour la défense, ces contradictions mettent en lumière des intentions douteuses et affaiblissent la crédibilité de l’ensemble du dossier de la partie civile.
Affaire à suivre
Oumar Bady Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 20 janvier 2026 11:56Nous vous proposons aussi
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