Procès d’Algassimou Diallo : Nouveau rebondissement devant la Cour suprême, les avocats de la défense suspendent leur participation
CONAKRY — Nouveau rebondissement dans l’affaire Algassimou Diallo. Poursuivi pour des faits présumés de « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence » et d’« association de malfaiteurs », le prévenu devra désormais faire face à la justice sans le concours de son collectif d’avocats. Cet après-midi, la défense a formellement annoncé la suspension de sa participation au procès, dénonçant une série de violations des droits de leur client et contestant l’équité de la procédure.
La première contestation de la défense porte sur la composition même de la formation de jugement à la Cour suprême. Selon Me Moussa Diallo, membre du collectif des avocats de la défense, plusieurs magistrats siégeant pour juger Algassimou Diallo avaient déjà pris part à la décision initiale du bureau de la Cour autorisant ses poursuites.
« Des magistrats qui ont pris part à une décision ayant conduit à l’autorisation de la poursuite de monsieur Alghassiamou Diallo ne pouvaient pas se retrouver dans la formation qui devait également le juger », a soutenu Me Moussa Diallo.
Les conseils de l’accusé ont introduit une demande de récusation. Mais après délibération, la Cour a notifié un arrêt rejetant cette requête. Selon la défense, la mention figurant sur la décision indique que la délibération s’est déroulée en présence de leur adversaire direct :
« L’arrêt qui a rejeté la demande de récusation porte la mention que la délibération est faite en présence du ministère public, qui se trouve être notre adversaire dans cette procédure. […] Dans ces conditions-là, peut-on espérer un procès équitable ? À notre entendant, non », a-t-il martelé.
Outre la question de l’impartialité des juges, la défense pointe du doigt un “vice de forme” et le “non-respect” des droits fondamentaux de l’accusé lors de la phase d’instruction, menée selon elle, en seulement deux jours (un lundi et un mardi).
Les avocats ont sollicité l’annulation de l’ordonnance de renvoi devant les chambres réunies, en s’appuyant sur l’article 282 du Code de procédure pénale. Selon l’avocat, ce texte impose au juge d’instruction de mettre le dossier à la disposition des avocats pendant un délai de trois jours avant toute ordonnance de règlement, afin de leur permettre de formuler d’éventuelles observations.
« Mercredi matin, qui était je crois le 3 septembre 2026, nous avons été surpris qu’on nous notifie une ordonnance le renvoyant devant les chambres réunies […]. Entre le 3 et le 4 [septembre], date de la première audience, il n’y a pas un délai de trois jours. La violation de cette formalité-là a porté un coup et une grave atteinte aux droits de monsieur Alghassiamou Diallo », explique l’avocat.

Une décision rejetée et le refus de faire de la figuration
Après des débats, la Cour s’est retirée avant de déclarer la demande d’annulation recevable sur la forme, mais « mal fondée » au fond. Face à ce qu’il qualifie de rejet systématique de toutes leurs requêtes fondées sur le droit, le collectif a estimé qu’il ne servait plus à rien de poursuivre leur participation à cette audience.
« Puisque ce n’est pas un procès qu’on veut juste et equitable, nous n’allons pas appartenir à un procès juste pour faire le figurant dans une procédure », a tranché Me Moussa Diallo pour justifier le retrait définitif du collectif.
Nous y reviendrons !
Oumar Bady Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 15 octobre 2026 18:37Nous vous proposons aussi
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