Présidentielle: Des révélations sur les « dessous » de la candidature de Mamadi Doumbouya

LABÉ– En campagne dans la cité de Karamoko Alpha Mo Labé, le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, est longuement revenu sur les « vraies » raisons qui ont conduit le général Mamadi Doumbouya, à briguer la magistrature suprême , en dépit des engagements initiaux pris à la suite de la prise du pouvoir en septembre 2021.

Face à un pool de journalistes, le chef du gouvernement a reconnu que le général Mamadi Doumbouya, tout comme les membres du CNRD, du Gouvernement et du Conseil national de la transition (CNT), s’étaient engagés à ne pas se porter candidats aux élections devant marquer le retour à l’ordre constitutionnel. Toutefois, selon Bah Oury, l’évolution du contexte national et régional, ainsi que les réalisations enregistrées sous la transition, ont rendu nécessaire un changement de posture.

« C’est vrai, cela a été dit, et personne ne le nie. Mais dans la gestion d’un pays, ce ne sont pas toujours les volontés individuelles qui priment. Ce sont les exigences des intérêts supérieurs de la nation », a-t-il expliqué.

Pour le Premier ministre, les progrès accomplis au cours des quatre dernières années constituent un tournant historique pour la Guinée. « Le contexte d’aujourd’hui, avec tout le processus qui a été engagé pour le développement du pays, ce que la Guinée a vécu durant ces trois, quatre dernières années, elle ne l’a jamais eu pratiquement pendant plus de 60 ans. Le travail n’est pas encore consolidé. D’où la nécessité pour préserver les intérêts du pays, d’assurer la consolidation de ce qui a été engagé », a-t-il affirmé.

Trois raisons majeures

Amadou Oury Bah a décliné trois principales raisons qui, selon lui, ont motivé la candidature du général Mamadi Doumbouya.

La première concerne la consolidation des acquis. Il cite notamment le projet minier stratégique de Simandou, les transformations économiques en cours, les réformes de gouvernance et les chantiers structurels engagés. « Tout cela est en marche et ne peut, au regard de l’intérêt national, être remis en cause. Il faut stabiliser et consolider ce qui a été entrepris », a souligné le premier ministre.

La deuxième raison est liée à la volonté populaire. Selon le Premier ministre, la population constate les résultats obtenus en peu de temps et exprime le souhait de voir cette dynamique se poursuivre. « La population elle-même vit les résultats de ces quatre dernières années. Celle-ci voit qu’en quatre ans, ce que nous n’avions pas fait pendant près de 60 ans d’indépendance, s’est dit, il faut que cela continue. Parce que ça a recréé l’espoir, ça a recréé une envie de continuer pour voir des transformations encore plus substantielles s’insérer dans le paysage économique, dans le paysage social et dans le paysage de la gouvernance de manière globale », a déclaré Bah Oury, affirmant que cette aspiration populaire a pesé dans la décision du chef de l’État.

Enfin, la troisième raison évoquée est la situation sécuritaire et politique dans la sous-région ouest-africaine. Bah Oury estime que la stabilité de la Guinée est un facteur clé pour l’équilibre régional. « Vous voyez l’atmosphère régionale en Afrique de l’Ouest. Il y a beaucoup d’instabilité et de bouleversements. Et ceci nous pousse dans une logique d’assurer la stabilité de l’Afrique de l’Ouest. La stabilité de l’Ouest africain passe par la stabilité de la Guinée. Parce que la Guinée est la digue qui peut contrebalancer les efforts des uns pour une déstabilisation généralisée. Et pour cela, je ne veux pas insister, vous suivez l’actualité, il y a beaucoup de bouleversements. Et la Guinée, pour nous, pour la région, pour tous les pays limitrophes, doit rester stable. Ce sont ces trois facteurs principaux qui ont poussé le candidat Mamadi Doumbouya à poser sa candidature. Il l’a fait tout en sachant ce qu’il avait dit », a-t-il insisté.

Pas de parjure, selon Bah Oury

Pour le Premier ministre, la décision du général Mamadi Doumbouya ne saurait être qualifiée de parjure. « Mais il ne s’appartient pas. Vous savez, vous êtes totalement libre de vos actes et gestes lorsque vous n’avez aucune responsabilité mais à partir du moment où vous avez une responsabilité quelconque, votre action, vos gestes, votre attitude doit conforter la responsabilité qui est sur votre tête. Et aujourd’hui, la responsabilité de Mamadi Doumbouya, c’est d’assurer la stabilité du pays, d’assurer la consolidation de tout ce qui a été engagé, surtout les réformes audacieuses qui doivent être poussées en avant, d’assurer la cohésion nationale, la bonne gouvernance », a expliqué Amadou Oury Bah.

Selon le Premier ministre, « c’est la somme de toutes ces raisons a qui ont amené Mamadi Doumbouya, en dépit de ce qu’il avait dit, à être candidat. Je pense qu’à ce niveau-là, personne ne peut lui porter griefs de n’avoir pas, comme certains le disent, d’avoir parjuré ».

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 16 décembre 2025 07:15

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