Plaidoyer pour la grâce des condamnés des évènements du 28 septembre (Lettre ouverte)
A
Monsieur le Président de la République de Guinée, Chef de l’Etat, Chef suprême des armées
Excellence Monsieur le Président,
Dans moins d’une semaine, la République de Guinée va célébrer le 67ème anniversaire de son accession à la souveraineté nationale. La célébration de cette année est particulièrement caractérisée par l’adoption d’une nouvelle constitution, marquant l’entrée du pays dans la 5ème République.
Il est courageux de reconnaitre d’une part, que 5 Républiques pour une nation de 67 ans c’est trop, et d’autre part la succession rapide et inféconde de constitutions taillées aux mesures de leurs commanditaires, n’a en aucun cas, stimulé, engendré et produit la croissance économique, l’épanouissement politique et social du pays.
C’est dans ce contexte malheureux et désespéré que les forces de défense et de sécurité à travers le CNRD sous votre haute direction ont pris en main la destinée du pays, à la date historique et glorieuse du 5 Septembre 2021.
Depuis cette date, nous, populations à la base, suivons avec intérêt, les multiples mutations en cours dans notre pays. Aujourd’hui, les résultats de la politique de refondation prônée, sont palpables, mesurables et mémorables.
Sur le plan économique, la refondation s’est concrétisée par l’effectivité du méga projet « Simandou 2040 », les travaux de construction des routes et bitumage de la plupart des villes du pays, le projet de couverture nationale par l’interconnexion électrique pour ne citer que ceux-ci. De notre avis, Ces réalisations démontrent la bonne rétribution des ressources du pays.
En ce qui concerne le deuxième pilier de la refondation, le social, il se traduit par la restauration de la sécurité, de la quiétude, de la stabilité et de la cohésion sociale. L’on note avec satisfaction, l’inclusion sociale et la participation de tous au processus de prise de décision. Cela s’est illustré par les consultations communautaires organisées lors des assises nationales de 2022 et du processus d’élaboration de notre constitution. L’espoir renaît. Le sentiment et la fierté d’être guinéen s’affirment.
Au compte de ce chapitre, l’on note avec satisfaction les reformes visant l’amélioration des conditions de vie des fonctionnaires et des personnes à la retraite (augmentation du salaire, prise en charge médicale…).
La refondation s’est aussi intéressée à la réconciliation. Dans ce contexte, les assises nationales ont formulé quarante-cinq (45) recommandations à effet de faciliter la réconciliation ou de renforcer l’unité nationale. En plus, le procès des évènements douloureux survenus au stade du 28 Septembre, le 28 septembre 2009 a été tenu. Malheureusement, ce procès ayant pris du temps et englouti des dizaines de milliards de nos francs, n’a pas pu apporter la moindre preuve de culpabilité des accusés. Par conséquent, le peuple de Guinée et la communauté internationale n’ont pas été édifiés sur la responsabilité des évènements du 28 septembre. Bizarrement, ce procès a plutôt condamné les accusés à des peines allant de 10 ans à la perpétuité.
En véritable croyant d’une Guinée unie et prospère, vous avez mobilisé les moyens nécessaires à l’indemnisation des victimes du malheureux évènement. Le 28 mars 2025, vous avez également gracié le principal accusé, le Capitaine Moussa Dadis Camara qui a été condamné à 20 ans de prison pour responsabilité de chef militaire.
Dans le cadre de la réparation des conséquences des douloureux évènements du stade de 28 septembre, et à la faveur de la célébration de l’an 67 de l’indépendance de notre pays, je vous demande humblement d’accorder votre grâce aux condamnés des évènements du 28 septembre dont aucune preuve tangible de culpabilité n’a été apportée par le procès portant le nom. Je veux citer le Colonel Moussa Tiégboro Camara, le Colonel Blaise Goumou et 5 autres condamnés plus les détenus qui n’ont jamais comparu devant la cour : les Colonels Bienvenu Lamah, Georges Olémou, Jean Louis Kpoghomou et Adjudant Thomas Boiro.
Monsieur le Président,
L’histoire de notre pays est jalonnée de faits glorieux mais aussi de faits sombres et de tristes mémoires. S’il est vrai que les évènements macabres de 28 septembre ont causé du tort aux victimes, il n’en demeure pas moins vrai que la détention des innocents en est une autre atrocité grave. N’acceptons pas que la justice soit rendue par l’injustice. Ces détenus innocents n’ont rien fait pour mériter le sort qui leur est réservé et leur détention ne compense pas non plus le tort commis.
Le but de ma requête est d’interpeller votre Excellence sur le sort de ces détenus sans charge. A cet effet, nous vous prions humblement de leur accorder votre grâce. C’est aussi un maillon important de la réconciliation nationale.
Dans l’espoir que ma requête retiendra votre particulière attention, Je vous prie d’accepter Monsieur le Président, l’expression de mes distinguées considérations.
N’Zérékoré, le 25 septembre 2025
Mathieu MANAMOU
Citoyen
Créé le 26 septembre 2025 16:25Nous vous proposons aussi
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