Pétrolier arraisonné sous « faux pavillon guinéen » au large de la Belgique: Ce qu’on en sait
Dans une opération nocturne digne d’un roman d’espionnage, les forces spéciales belges ont intercepté le pétrolier Ethera dans leur Zone Économique Exclusive (ZEE). Si le navire affichait officiellement les couleurs de la Guinée, les autorités bleges soupçonnent une manœuvre de dissimulation au profit de la « flotte fantôme » russe. Une enquête a été ouverte.
L’illusion guinéenne au service de la Russie?
L’armée belge, appuyée par des forces françaises, a pris le contrôle du pétrolier Ethera dimanche, peu avant 1h30. Le fait marquant est que ce géant des mers battait pavillon sur une usurpation présumée d’identité maritime impliquant les couleurs de la Guinée, à en croire la justice Belge.
« Il s’agit du Ethera, un pétrolier qui semble battre sous pavillon guinéen, mais dont certains indices laissent penser qu’il s’agit d’un faux pavillon. […] Lorsqu’un navire bat sous faux pavillon, cela signifie qu’il n’est pas en conformité avec un certain nombre de réglementations internationales », indique la Justice Blege.
Cette stratégie de « faux pavillon » permettrait au navire de s’extraire de la surveillance internationale et de contourner les sanctions économiques liées au conflit en Ukraine. 45 infractions de nature administrative ont été constatées à l’issue des inspections menées à bord, selon la RTBF.
Le service d’inspection de la Direction générale de la navigation (SPF Mobilité) a notamment mis au jour l’utilisation de faux certificats, attestant que le navire naviguait sous un faux pavillon guinéen, apprend-on. Les inspecteurs ont également relevé plusieurs défauts techniques, dont la nature précise n’est pas détaillée.
La police de la Navigation (Police fédérale) a pour sa part procédé au contrôle des 21 personnes présentes à bord. L’équipage est composé d’un capitaine russe, de sept officiers (trois d’origine indienne, trois d’origine géorgienne et un d’origine indonésienne) ainsi que de treize autres membres d’équipage, tous d’origine indienne.
Selon toujours la RTBF, du matériel informatique et des téléphones portables ont été saisis. Leur exploitation pourrait permettre de mieux cerner les activités à bord ainsi que les connexions extérieures.
Une menace pour l’environnement et la sécurité
Au-delà de l’aspect géopolitique, l’utilisation de documents falsifiés pour simuler une appartenance à la flotte guinéenne pose de graves problèmes de sécurité. Le rapport de l’intervention précise les risques encourus par cette absence de régulation :
« Les obligations MARPOL et d’autres obligations relatives à la protection du milieu marin […] n’ont pas fait l’objet d’un contrôle ou pour lesquelles aucun certificat n’a été délivré par l’État du pavillon. La convention MARPOL est la Convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires », indique le parquet Fédéral.
Les premiers indices de l’enquête ont révélé que l’identité guinéenne de l’Ethera n’était qu’une façade de papier. « Lors de l’inspection à bord, effectuée en présence d’un inspecteur de la direction générale de la navigation du SPF Mobilité, les indices d’un faux pavillon ont été confirmés et des documents du navire présumés faux ont été découverts. »
Le navire a depuis été dérouté vers les eaux territoriales belges sous l’ordre du procureur du Roi de Flandre occidentale. L’enquête criminelle devra désormais déterminer l’ampleur du réseau qui a permis d’usurper l’identité maritime guinéenne pour des activités illicites.
Peu après l’arraisonnement, la RTBF a rapporté que le navire fait partie de l’empire maritime du fils d’un dignitaire iranien tué lors de frappes israélo-américaines.
Africaguinee.com
Créé le 3 mars 2026 18:49Nous vous proposons aussi
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