« Nous devons demander pardon à Dieu » : l’UFR réagit à l’adoption de la nouvelle Constitution

CONAKRY – L’Union des Forces Républicaines (UFR) de l’ancien Premier ministre Sidya Touré a réagi aux résultats du référendum constitutionnel du 21 septembre, validés par la Cour suprême, avec 89,38 % de suffrages en faveur du « Oui » à la nouvelle loi fondamentale. Le responsable de la jeunesse du parti dénonce un scrutin « truqué », qui, selon lui, constitue un véritable piétinement de la démocratie.

Pour Mouctar Kalissa, cadre de l’UFR, les résultats issus du scrutin organisé par le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) ne reflètent aucunement la volonté populaire. Il évoque une campagne « déséquilibrée » et « silencieuse » pour les partisans du « Non », accusant les autorités d’avoir imposé un résultat préparé à l’avance.

« Nous avons observé, pendant plus d’un mois, la campagne référendaire. Durant cette période, nous n’avons vu qu’un seul camp s’exprimer sur le terrain. Les partisans du “Oui” étaient visibles, tandis que ceux du “Non” n’ont jamais pu exprimer leur voix, ni faire entendre leur souhait.

Le résultat sorti des urnes ne reflète pas la volonté du peuple de Guinée. Ce n’est pas l’expression de sa souveraineté. Il s’agit d’un résultat déjà préétabli, conçu, préparé et simplement présenté au peuple de Guinée », a déclaré le secrétaire national de la jeunesse républicaine.

« Je vous donne un exemple : il y a un bureau de vote qu’on appelle ici Carrefour Cisséyah, avec 500 inscrits sur la liste électorale. Sur ces 500, seulement 80 ont effectivement voté. Et dans la plupart des bureaux de vote, c’était la même chose », affirme Mouctar Kalissa.

« On se demande alors comment ils ont pu obtenir un résultat pareil, digne d’un régime soviétique », s’interroge-t-il, visiblement indigné.

Selon lui, « le peuple de Guinée n’a pas eu l’opportunité d’exprimer librement son choix. Ceux qui ont voté “Oui” devraient pouvoir expliquer leur position, tout comme ceux qui ont voté “Non”. Or, aucun débat contradictoire n’a été permis. Chez nous, en Guinée, cela n’a pas eu lieu », déplore-t-il.

Il dénonce par ailleurs une campagne totalement déséquilibrée, dominée par une seule figure politique.

« On n’a vu que des T-shirts à l’effigie d’un seul homme qui faisait le tour des 33 préfectures. Et les autres ? Rien. C’est ce qui me fait dire, en tant que bon Guinéen et bon citoyen, que nous devons nous interroger. Nous devons nous prosterner et demander pardon à Dieu : qu’avons-nous fait pour mériter cela ? »

Mouctar Kalissa insiste : tout était orchestré pour aboutir à l’adoption de la nouvelle Constitution.

« Ces résultats étaient prémédités. On s’y attendait. Seul un camp a pu s’exprimer, pendant que ceux qui disaient “Non” – et qui étaient pourtant plus nombreux – ont été réduits au silence », affirme-t-il.

La Constitution promulguée…

Il convient de rappeler que la nouvelle Constitution a été officiellement promulguée ce vendredi 26 septembre 2025 par le général Mamadi Doumbouya, quelques minutes seulement après la validation des résultats par la Cour suprême. Cette dernière avait rendu un arrêt confirmant les chiffres communiqués par le MATD.

Nous y reviendrons.

Oumar Bady Diallo 

Pour Africaguinee.com

Créé le 27 septembre 2025 10:43

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