« Nos poumons sont touchés » : À Dar es Salaam, l’insupportable quotidien des riverains de la décharge

La décharge de Dar es Salaam s’étend à perte de vue. Chaque jour, des tonnes d’ordures en provenance des différents quartiers de la ville y sont déversées, sans véritable système de tri. Plastiques, déchets ménagers et autres rebuts s’y entassent, formant un paysage insalubre dominé par une fumée persistante.

Sous un soleil accablant, des récupérateurs fouillent les déchets à mains nues. Pour ces hommes et ces femmes, la décharge constitue une source de subsistance, malgré les risques sanitaires évidents auxquels ils sont exposés.

Pour les habitants des zones riveraines, la situation est devenue invivable. La fumée issue de la combustion des déchets provoque de sérieuses inquiétudes sanitaires. Maladies pulmonaires, difficultés respiratoires et affections chroniques sont régulièrement évoquées par les populations locales.

« La décharge de Dar es Salaam nous dérange énormément. La santé des riverains est gravement affectée. À cause de ces ordures, nous tombons souvent malades. Nos poumons sont touchés et il y a eu beaucoup de morts liées à cette situation », témoigne Souaibou Barry.

Face à cette situation, plusieurs démarches ont été entreprises par les populations, sans résultats concrets à ce jour. Les autorités locales assurent néanmoins œuvrer pour la délocalisation de la décharge. Des projets de modernisation et de meilleure gestion des déchets sont annoncés, notamment à travers le recyclage et la construction d’infrastructures plus adaptées. Mais sur le terrain, les changements se font attendre.

« Nous demandons à l’État de venir à notre secours. Nous faisons des démarches, mais jusqu’à présent, il n’y a pas d’aide. Nous souhaitons que le gouvernement prenne des dispositions urgentes pour déplacer cette décharge, car nous souffrons énormément », plaide Aboubacar Camara.

En attendant l’ouverture d’un nouveau site, la décharge de Dar es Salaam reste le symbole d’une localité confrontée aux conséquences de l’urbanisation rapide et à l’insuffisance des politiques de gestion environnementale. Un problème majeur qui appelle des solutions durables et urgentes.

C’est ce à quoi les autorités s’attèlent depuis quelques temps, selon le Gouvernement qui annonce qu’elle cette décharge est en passe d’être définitivement délocalisée. Au mois de juillet 2025, le Premier ministre Amadou Oury Bah s’était rendu sur le site pour rencontrer les riverains de la décharge. À cette occasion, il avait annoncé que des études avaient été menées par des structures telles qu’Artelia et d’autres partenaires, en vue d’envisager la fermeture du site.

Le ministre de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, Aboubacar Camara, a confirmé récemment la sécurisation d’un financement de 70 millions d’euros pour le transfert du site vers Baritôdé (Kindia). Le ministre promet non seulement la fin du calvaire pour les riverains, mais prédit également une future métamorphose immobilière de la zone actuelle.

Selon le ministre de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, dont relève le secteur de l’assainissement, le département est pleinement conscient des risques sanitaires liés à l’implantation de ce grand dépotoir au cœur de la capitale guinéenne.

« Nous sommes pleinement conscients de la situation. C’est d’ailleurs l’occasion de remercier Monsieur le Premier ministre, qui s’est énormément battu et nous a accompagnés dans ce processus. Aujourd’hui, nous disposons d’un financement de 70 millions d’euros : 20 millions provenant de l’Union européenne et 50 millions de l’Agence française de développement (AFD) », a annoncé Aboubacar Camara.

Un reportage de Sayon Camara

Pour Africaguinee.com

Créé le 16 janvier 2026 10:03

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