Modèle de réussite : A la rencontre Mme Fatou Doune, leader locale au destin atypique

BOKÉ- À l’approche du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, notre rédaction met en lumière un parcours féminin remarquable dans la commune urbaine de Boké.

Dans le quartier Dibia, au cœur de la ville de Boké, une voix s’impose avec assurance : celle de Madame Camara, née Fatou Doune, cheffe de quartier et présidente du conseil de quartier. Mère de quatre enfants et fonctionnaire à EDG Boké, elle dirige avec détermination un quartier composé de trois secteurs.

Nommée il y a quelques années dans un contexte marqué par des divergences autour du choix du chef de quartier, elle affirme n’avoir jamais rêvé d’occuper cette fonction.

« Grâce à mon mari, Dieu m’a aidée. Il est instruit et me soutient beaucoup. Je cumule les tâches ménagères, le service et les responsabilités du quartier. Je me réveille à 5 heures après la prière pour préparer la famille. À 8 heures, je suis au bureau. S’il y a beaucoup de travail au service et une urgence au quartier, j’appelle mon adjoint pour faire le point. Mais si je suis disponible, je me déplace moi-même pour régler les problèmes. C’est Dieu qui choisit le destin d’un être humain. Je n’ai pas cherché à être cheffe de quartier, ce sont les habitants qui m’ont choisie », témoigne Madame Camara Fatou Douné.

Contrairement à certaines idées reçues, Mme Camara invite les femmes à prendre leur destin en main. « L’homme ne peut pas tout faire pour la femme. Si tu sais revendre, fais-le pour aider ton mari. Quand une femme gagne de l’argent, elle doit montrer que c’est pour le foyer. Mon mari connaît mon salaire et je connais le sien. Nous nous entraidons. Aujourd’hui, nous ne vivons plus comme avant. Les femmes doivent se lever et prendre les choses au sérieux », lance la cheffe du quartier.

Mme Camara se réjouit également de voir davantage de femmes accéder à des fonctions de responsabilité.« Aujourd’hui, nous avons un président qui valorise les femmes dans certaines fonctions de l’État. S’il y a dix chefs de quartier, vous verrez trois ou quatre femmes parmi eux. Dans les bureaux, nous sommes égales aux hommes. Beaucoup d’enseignantes occupent désormais des postes de direction. Tout ce que nous faisons, c’est pour nos enfants et le pays », explique-t-elle.

Malgré son engagement, la cheffe de quartier reconnaît que les défis sont nombreux : « Se réveiller à 5 heures, ce n’est pas facile. Nos enfants ont fini leurs études, mais ils n’ont pas trouvé d’emploi. Nous devons nous battre et travailler sérieusement. Mes supérieurs me comprennent quand je dois régler une situation urgente au quartier. Ils soutiennent mon courage et ma détermination. »

Au niveau du quartier, les difficultés sont réelles : conflits domaniaux, insalubrité persistante, gestion des déchets et accès à l’eau.

« Nous avons beaucoup travaillé sur l’assainissement, mais certaines personnes continuent de déposer les ordures partout, ce qui décourage. Concernant l’eau, la situation s’améliore un peu grâce aux forages. Le gouverneur nous a même offert un forage qui sera bientôt réalisé. Nous remercions tous ceux qui participent au développement du quartier », lance la cheffe de quartier.

À travers son parcours, Mme Fatou Doune incarne cette nouvelle génération de femmes leaders locales, qui conjuguent engagement familial, responsabilité professionnelle et leadership communautaire.

Depuis Boké
Oumar Sory Camara
Pour Africaguinee.com

Créé le 6 mars 2026 11:30

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