Mobilité urbaine à Conakry : L’urgence d’une réforme face à un système saturé
CONAKRY- Entre réveils aux aurores et portefeuilles qui se vident, vivre à Conakry est devenu un défi logistique permanent pour de nombreux citoyens. Des périphéries de Coyah aux centres névralgiques de la capitale, le quotidien des usagers est rythmé par la rareté des véhicules, la flambée des tarifs et des embouteillages qui paralysent toute ambition de ponctualité. Pris au piège d’une capitale presqu’en asphyxie, étudiants et travailleurs tirent la sonnette d’alarme : Ils réclament des solutions urgentes à l’État.

À Conakry, se déplacer relève d’un véritable parcours de combattant. Entre la rareté de véhicules de transport en commun, la flambée des coûts du transport et des embouteillages interminables, les usagers vivent chaque jour une véritable épreuve. Face à cette situation devenue chronique, ils interpellent l’État et appellent à des solutions durables pour soulager leur quotidien.
Étudiants, travailleurs et citoyens ordinaires sont nombreux à dénoncer les difficultés qu’ils rencontrent dès les premières heures de la journée. C’est le cas de cet étudiant qui effectue quotidiennement le trajet entre la périphérie de Coyah et la haute banlieue de Conakry.

« Je prends la voiture à Coyah Centre… mais je viens d’un village loin de la ville. Là-bas déjà, le transport coûte 5 000 francs pour rejoindre Coyah. Ensuite, de Coyah à Sonfonia, c’est 10 000 francs. Souvent, il n’y a pas de véhicules. Je peux rester jusqu’à 7 heures du matin sans rien trouver. Quand j’arrive à l’université, je trouve que le cours a déjà commencé. Pour avoir une place, je suis obligé d’aller m’asseoir tout au fond de la salle », témoigne-t-il, visiblement résigné.
Au-delà du manque de moyens de transport, les embouteillages constituent un autre frein majeur à la mobilité urbaine. Oumou Condé pointe du doigt la congestion routière qui paralyse la capitale, surtout aux heures de pointe.
« Je quitte la maison à 6 heures pour me rendre à Hamdallaye. Avec le manque de véhicules, on accuse souvent du retard, et une fois pris dans les embouteillages, notamment au niveau de l’école française, la situation devient ingérable. Même avec une tolérance de 15 à 20 minutes accordée par certains professeurs, on arrive encore en retard. Tout cela est dû aux bouchons et au manque de véhicules », explique-t-elle.

Pour Mariam Siré Soumah, le problème est avant tout structurel. Elle estime que l’offre de transport public est largement insuffisante face à une demande en constante augmentation.
« À partir de 14 heures, trouver une voiture devient très compliqué. Il y a trop d’étudiants et pas assez de véhicules. Même au niveau de la T7, les embouteillages sont permanents. C’est très fatigant », déplore-t-elle.
Ce tableau sombre de la mobilité urbaine à Conakry met en lumière l’urgence d’une réforme profonde du secteur des transports publics. Pour les usagers, seule une action concertée des autorités, combinant augmentation du parc de véhicules, régulation du trafic et amélioration des infrastructures routières, permettra de sortir la capitale de l’asphyxie quotidienne.

En octobre dernier, le ministre des Transports avait dévoilé un vaste programme de réorganisation et de modernisation des transports urbains et interurbains, alliant l’arrivée de bus modernes, le lancement possible d’une compagnie aérienne nationale et la promotion de taxis électriques. Ces mesures visent à désengorger Conakry et à améliorer les liaisons entre la capitale et les principales villes de l’intérieur, ainsi qu’avec certains pays voisins.
En ce qui concerne la mise en circulation des bus, le gouvernement affirme avoir acquis un premier lot de 50 bus. Parmi eux, une vingtaine sont destinés au réseau interurbain ; une vingtaine supplémentaire devait arriver avant fin 2025. Pour 2026, d’autres arrivées sont prévues — environ 150 véhicules supplémentaires par petits lots — pour atteindre un objectif global de 200 bus : 120 affectés à Conakry et 80 répartis entre plusieurs capitales régionales (Kankan, N’Zérékoré, Labé–Pita et Kindia), avec des affectations de l’ordre de 20–25 véhicules par ville régionale. Mais selon Ousmane Gaoual Diallo, la mise en service des bus est actuellement conditionnée par deux préalables : l’installation d’abris-bus appropriés et la définition d’un modèle d’exploitation.

En ce qui concerne les taxis, un partenaire privé aurait commandé 300 taxis électriques qui étaient attendus avant la fin du mois d’octobre 2025. L’ambition affichée est de mettre à disposition 2 000 taxis électriques sur le marché national à terme. Et selon le ministre des Transports, ces taxis électriques seront exploités via une application locale (comparée à Uber), qui permettra de suivre les recettes, automatiser le remboursement des prêts et assurer un suivi opérationnel et sécurisé.
Cependant toutes ces annonces, ne sont pas encore effectives à date.
Sayon Camara
Pour Africaguinee.com
Créé le 9 janvier 2026 09:05Nous vous proposons aussi
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