Meurtre Aïcha Sacko à deux mois de son mariage : son “petit ami” Salif Camara passe aux aveux
KINDIA- Salif Camara est soupçonné d’avoir mortellement poignardé Aïcha Sacko, une commerçante retrouvée sans vie dans sa boutique à Friguiagbé. Lors de son audition, le mis en cause a reconnu les faits, évoquant un différend lié à une présumée relation amoureuse. La famille de la victime, qui préparait son mariage pour décembre prochain, réclame justice.

L’affaire suscite une vive émotion dans la sous-préfecture de Friguiagbé, dans la préfecture de Kindia. Aïcha Sacko, commerçante domiciliée dans le secteur de Mokèboungni, district de Friguiagbé 1, a été retrouvée morte dans sa boutique. Selon les premières informations communiquées par la gendarmerie, son décès serait consécutif à plusieurs coups de couteau.

Le suspect a été présenté ce mercredi 21 octobre 2026, à Kindia, par la brigade de recherche de la gendarmerie. Le capitaine André Kèkoura Tinguiano, commandant de cette unité, est revenu sur les circonstances de l’intervention et les premières conclusions de l’enquête.
Une alerte reçue lundi soir
Selon le capitaine André Kèkoura Tinguiano, les faits ont été portés à la connaissance de son unité le lundi 19 octobre, aux environs de 16 h 45, à la suite d’un appel téléphonique du commandant de la brigade territoriale de Friguiagbé, transmis par sa hiérarchie.

« Nous avons reçu un appel téléphonique […] nous informant de la découverte du corps apparemment sans vie de Mlle Aïcha Sacko, commerçante domiciliée dans le secteur de Mokèboungni, district de Friguiagbé 1, dans la sous-préfecture de Friguiagbé », a expliqué l’officier.
Il ajoute qu’après avoir informé le procureur de la République près le tribunal de première instance de Kindia, une équipe d’enquêteurs s’est rendue sur les lieux, avec l’appui de l’escadron de gendarmerie mobile d’intervention de Kindia. C’est au cours de cette intervention que Salif Camara, un maçon domicilié dans le même secteur que la victime, a été interpellé pour des faits présumés d’assassinat.
Selon les enquêteurs, les premières investigations ont mis en évidence les liens étroits entre le suspect et la commerçante. D’après le commandant de la brigade de recherche, Aïcha Sacko bénéficiait régulièrement de l’aide de Salif Camara dans ses activités commerciales. Ce dernier participait notamment à la gestion de sa boutique, où étaient vendus des produits d’alimentation générale.
Le suspect évoque la jalousie et reconnaît les faits
Au cours de son audition, Salif Camara a reconnu avoir poignardé la jeune femme. Il a expliqué qu’il entretenait depuis longtemps une relation amoureuse avec elle et qu’il l’assistait dans ses activités commerciales. Dans son récit, le mis en cause affirme que la situation aurait dégénéré après une scène de jalousie impliquant un homme qu’ils appelaient « CIA ».
« Je revendais des marchandises pour Aïcha. C’est elle qui m’avait donné de l’argent pour vendre du gasoil et de l’essence. Lorsqu’elle partait au marché pour faire ses achats, elle me confiait la boutique. À son retour, je lui remettais l’argent provenant des ventes », a-t-il expliqué devant la presse.

Selon lui, cette collaboration s’était progressivement renforcée, au point qu’Aïcha Sacko lui aurait confié la gestion complète de sa boutique, notamment les achats et les ventes.
Revenant sur la nuit des faits, Salif Camara affirme qu’Aïcha lui avait demandé, vers minuit, d’aller lui acheter à manger. À son retour, il dit l’avoir aperçue devant la boutique en compagnie de cet homme, avant que les deux ne rentrent à l’intérieur.
« Après son départ, j’ai appelé Aïcha pour lui dire que j’avais apporté la nourriture. Je lui ai ensuite demandé : “Aïcha, tu ne m’avais pas dit qu’il n’y avait rien entre toi et CIA ?” Elle s’est énervée et m’a beaucoup crié dessus », a-t-il raconté.
Le suspect affirme que la dispute s’est ensuite transformée en altercation physique. Selon sa version, la victime aurait sorti un couteau pour le poignarder. Il soutient avoir retourné l’arme contre elle, avant qu’elle ne prenne un second couteau.
« J’ai retourné le couteau contre elle et je l’ai poignardée. Elle a pris un deuxième couteau et j’ai de nouveau retourné le couteau contre elle. Quelques minutes plus tard, elle s’est efondrée et ne respirait plus », a-t-il déclaré.
Le mis en cause a ensuite reconnu explicitement sa responsabilité dans les faits qui lui sont reprochés : « C’est moi qui l’ai poignardée. Elle était ma petite amie. Après son décès, j’ai regretté mon acte et je l’ai couverte. Les faits se sont produits vers 1 heure du matin et je suis resté auprès de son corps jusqu’au matin, lorsque les forces de sécurité sont venues frapper à la porte.
La famille de la victime sous le choc, un mariage prévu en décembre
Du côté de la famille, la douleur est immense. Mohamed Sacko, grand frère de la victime, dit avoir été profondément bouleversé par la mort de sa petite sœur. À la lumière des déclarations du suspect, il estime que la jalousie pourrait être à l’origine du drame.
« Je suis abattu. En entendant également les déclarations du présumé auteur, nous comprenons qu’il s’agirait d’une affaire de jalousie », a-t-il confié.
Le frère de la victime a également révélé qu’Aïcha Sacko devait se marier les 23 ou 24 décembre prochains. Selon lui, la famille devait encore se réunir pour examiner la question et confirmer son accord sur les dates envisagées.
« Peut-être que M. Salif avait appris cette nouvelle. La famille devait encore se réunir pour examiner la question et confirmer si nous pouvions effectivement donner notre accord pour célébrer le mariage à ces dates. C’est ce que nous attendions, mais, malheureusement, nous avons appris son décès », a-t-il déploré.

Malgré la douleur, Mohamed Sacko dit placer sa confiance aux autorités judiciaires et les forces de sécurité. Il se réjouit que le suspect ait été interpellé et que la procédure ait suivi son cours.
Le suspect annoncé devant le procureur
Selon le capitaine André Kèkoura Tinguiano, les investigations menées par les enquêteurs ont permis de réunir des indices laissant présumer l’implication de Salif Camara dans les faits d’assassinat. L’officier a précisé que ces faits sont prévus et réprimés par l’article 208 du Code pénal guinéen.
En attendant les suites judiciaires, la mort d’Aïcha Sacko laisse une famille endeuillée, alors que la jeune commerçante se préparait à franchir une nouvelle étape de sa vie avec un mariage envisagé en décembre prochain.
Chérif Kéita
Correspondant d’Africaguinee.com
À Kindia
Créé le 22 octobre 2026 10:20Nous vous proposons aussi
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