Marché du travail : le directeur de l’Observatoire du travail s’exprime sur le taux de chômage

CONAKRY- Le taux de chômage officiellement annoncé en Guinée, compris entre 4,8 % et 5,2 %, continue de susciter de vives réactions au sein de l’opinion publique, notamment chez les jeunes diplômés sans emploi. Dans cet entretien accordé à Africaguinee.com, Alsény Niaré, Directeur de l’Observatoire national du travail, explique l’origine de ces chiffres, leurs limites, et plaide pour une lecture élargie intégrant le sous-emploi, le halo autour du chômage et le poids du secteur informel. Il évoque également les défis liés à l’orientation des jeunes, à l’adéquation formation-emploi et aux opportunités à venir, notamment avec le projet Simandou 2040. Entretien exclusif. 

AFRICAGUINEE.COM : Le département du Travail a évoqué un taux de chômage compris entre 4,8 % et 5,2 %. Ces chiffres reflètent-ils la réalité ?

ALSÉNY NIARÉ : Ces chiffres ne sortent pas de nulle part. Ils sont établis selon les normes de l’OIT et les données de l’Institut national de la statistique (INS). Les derniers chiffres nationaux disponibles, datant de 2019, indiquaient 4,8 %, tandis que l’OIT parle de 5,2 %. C’est sur cette fourchette que nous nous basons. Mais il faut comprendre que le chômage, selon la définition internationale, désigne une personne sans emploi, en recherche active et disponible immédiatement. Beaucoup de jeunes ne remplissent pas ces critères, donc ils ne sont pas comptabilisés comme chômeurs, même s’ils restent sans emploi.

Alsény Niaré, Directeur de l’Observatoire national du travail
Alsény Niaré, Directeur de l’Observatoire national du travail

De notre côté, nous avons travaillé sur un intervalle avec l’Institut national de la statistique (INS). Les derniers chiffres disponibles, datant de 2019, faisaient état d’un taux de 4,8 %. C’est donc sur cette fourchette de 4,8 % à 5,2 % que nous nous appuyons, conformément aux données nationales et internationales. Ce ne sont donc pas des chiffres improvisés, mais des données produites par des institutions reconnues. Dans le calcul du taux de chômage, beaucoup de personnes ne sont donc pas prises en compte. Au numérateur, on trouve le nombre de chômeurs. Au dénominateur, il y a la population active, c’est-à-dire les personnes ayant un emploi et les chômeurs. C’est ce qui explique l’indicateur de 5,2 %. D’ailleurs, si vous regardez au niveau de la sous-région, les chiffres peuvent surprendre. En Côte d’Ivoire, par exemple, le taux de chômage est inférieur à 3 %.

Cela dit, la réalité quotidienne montre que de nombreux jeunes sont sans emploi. C’est pourquoi j’élargis souvent l’analyse à d’autres indicateurs, comme le halo autour du chômage ou le sous-emploi, qui permettent de mieux appréhender la situation réelle. Il faut retenir que le taux de chômage, tel que défini par l’OIT, est un indicateur standardisé, basé sur une définition identique pour tous les pays. C’est ce qui explique le chiffre de 5,2 %.

Concrètement, le taux de chômage est le rapport entre le nombre de personnes sans emploi, à la recherche active d’un travail et disponibles immédiatement, et la population active, qui regroupe les travailleurs, les indépendants, les entrepreneurs et les chômeurs. À mon avis, cet indicateur doit être élargi, car il présente des limites au regard de la réalité socio-économique de nos pays. Aujourd’hui, des milliers de jeunes sortent des universités sans forcément trouver un emploi, une situation que le seul taux de chômage ne permet pas toujours de refléter fidèlement. Chaque année, des milliers de personnes arrivent sur le marché du travail, mais n’arrivent pas à trouver un emploi. Jusque-là, le constat est clair. Toutefois, ce taux comporte, en quelque sorte, plusieurs biais et limites.

Quelles sont ces limites ?

Le premier concerne la non-fiabilité de l’enregistrement des chômeurs. Un jeune qui sort aujourd’hui de l’université sait-il réellement où aller pour s’enregistrer afin de demander un emploi ? Normalement, l’AGUIPE-E (l’Agence guinéenne pour la promotion de l’emploi et de l’entrepreneuriat) est chargée de ces questions. En principe, un jeune diplômé à la recherche d’un emploi est censé se diriger vers cet organisme, ne serait-ce que pour être enregistré comme demandeur d’emploi. Mais aujourd’hui, il résulte un manque d’enregistrement fiable des chômeurs.

Il faut également un travail de communication. Souvent, les étudiants qui sortent des universités ne savent même pas où aller s’enregistrer, ni vers quelles institutions se tourner. L’idéal serait donc de mener une large campagne de communication dans les universités et les écoles pour informer les jeunes que, s’ils terminent leurs études et sont à la recherche d’un emploi, ils doivent s’enregistrer, même s’ils n’en trouvent pas immédiatement. Cela permettrait de comptabiliser et d’avoir des chiffres plus fiables sur le nombre de chômeurs au niveau national. Ce déficit peut donc biaiser cet indicateur.

Un autre biais important réside dans le manque de déclaration. Dans notre société, l’informalité du travail occupe une place considérable : environ 80 % des emplois relèvent du secteur informel. Il est donc nécessaire de mieux structurer ce secteur afin de disposer de chiffres clés. Par ailleurs, certains employeurs ne déclarent pas systématiquement le nombre de personnes qu’ils emploient, ce qui pose un problème pour la fiabilité de cet indicateur. Plusieurs éléments se conjuguent ainsi. À mon avis, chaque commune devrait disposer d’une structure comme l’AGUIPE-E, accompagnée d’un bon travail de communication, pour inviter les jeunes à la recherche d’un emploi à venir s’enregistrer. Même un simple enregistrement permettrait d’avoir une idée plus concrète et plus fiable des chiffres du chômage.

Enfin, un biais tout aussi important concerne le halo autour du chômage. Ce concept désigne des individus qui ont un pied dans le chômage et un pied en dehors. Développé dans les années 1980, il vise à comptabiliser les personnes sans emploi, qui recherchent un travail mais ne sont pas disponibles, ou celles qui souhaiteraient travailler sans être engagées dans une recherche active. Il y a aussi toutes ces personnes qui ne cherchent pas activement un emploi, mais qui souhaiteraient travailler, qu’elles soient disponibles ou non. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes recherchent un emploi, mais ne sont pas forcément disponibles pour l’occuper immédiatement. D’autres, en revanche, restent à la maison, ne cherchent pas activement un emploi, mais seraient disposés à travailler s’ils en avaient l’opportunité.

Toutes ces catégories de personnes ne sont pas prises en compte dans le calcul du taux de chômage. C’est pourquoi, lorsqu’on conceptualise l’ensemble de ces situations, j’ai tendance à élargir la notion du taux de chômage au halo autour du chômage, c’est-à-dire à toute cette partie de la population qui n’est pas intégrée dans les statistiques officielles. Il y a également la question du sous-emploi, notamment le sous-emploi visible. Il s’agit des personnes qui occupent un emploi précaire, travaillent moins de 40 heures par semaine, mais souhaiteraient travailler davantage. Par exemple, quelqu’un qui travaille à temps partiel, 10 ou 15 heures par semaine, alors qu’il aimerait travailler plus. Tout cela relève du sous-emploi.

Ainsi, si l’on prend le taux de chômage, que l’on y ajoute le halo autour du chômage, tel que je viens de le définir, ainsi que le sous-emploi, on arrive à un taux d’environ 40 %. Cela correspond à la sous-utilisation de la main-d’œuvre dans notre pays. Dès lors, se focaliser uniquement sur le taux de chômage de 5,2 %, sans précision ni maîtrise des concepts, ne permet pas de refléter fidèlement la réalité. En revanche, une personne qui comprend ces indicateurs sait que certains aspects et une partie de la population ne sont pas pris en compte dans ce calcul.

Pour ma part, lorsque l’on élargit le taux de chômage, on se situe autour de 40 %. Le halo autour du chômage englobe notamment les chômeurs de longue durée, c’est-à-dire les personnes découragées : un jeune diplômé qui cherche du travail pendant deux ou trois ans sans succès et finit par abandonner, ou encore des personnes de plus de 50 ans, sans emploi, qui ne sont plus motivées pour en chercher.

Il y a aussi, par exemple, les jeunes femmes enceintes ou celles qui élèvent des enfants en bas âge. Toutes ces catégories de population ne sont pas prises en compte, alors même que, autour de nous, la réalité est bien visible. Il existe de nombreux jeunes sans emploi, mais encore faut-il aller s’enregistrer. Une personne qui reste à la maison, passe son temps dans les cafés ou les bars, sans rechercher activement un emploi, n’est ni considérée ni comptabilisée comme chômeur. Toute cette frange de la population échappe donc aux statistiques.

C’est pourquoi, à mon avis, il est nécessaire de mener un vaste travail de communication au niveau des agences et institutions chargées de l’enregistrement des chômeurs. Il faut dire aux jeunes : si vous êtes disponibles et à la recherche d’un emploi, allez vous enregistrer. Cela permettrait d’avoir une meilleure comptabilité, mais aussi un meilleur accompagnement des demandeurs d’emploi.

En résumé, le chiffre de 5,2 % suscite naturellement des interrogations : reflète-t-il réellement la situation ?

Il reflète une partie de la réalité, mais pas toute. En effet, le calcul de cet indicateur repose sur des normes internationales standardisées, avec des critères et une définition très stricte. Tout le monde ne peut donc pas être considéré comme chômeur.

Au-delà de l’AGUIPE-E, quelle autre structure est censée comptabiliser ou orienter les jeunes diplômés en quête d’emploi ?

Pratiquement, c’est la seule structure étatique que je connaisse pour l’instant. L’AGUIPE-E — l’Agence guinéenne pour la promotion de l’emploi et de l’entrepreneuriat — est la structure dédiée à l’enregistrement des chômeurs et des demandeurs d’emploi. Normalement, c’est vers elle que les jeunes doivent se tourner pour s’inscrire.

Il peut exister des ONG ou des institutions, parfois internationales, qui interviennent dans l’accompagnement à l’insertion professionnelle ou l’appui à certaines catégories, notamment les personnes en situation de handicap ou les associations. Mais en matière d’enregistrement et d’accompagnement institutionnel des jeunes demandeurs d’emploi, l’AGUIPE-E demeure la structure de référence.

Au sein du ministère du Travail et de la Fonction publique, nous avons également mis en place une plateforme, actuellement en cours de développement, qui devrait bientôt voir le jour. Il s’agit d’une plateforme intégrant un système de CVTech, permettant aux demandeurs d’emploi de déposer leurs CV. À partir de ces informations, nous pourrons les mettre en relation avec les entreprises.

Nous avons déjà bien avancé sur ce projet. Il reste surtout à finaliser la partie CVTech afin de centraliser et de faire remonter les offres d’emploi à l’échelle nationale. L’objectif est de créer une véritable synergie entre les annonces d’emploi, les profils des demandeurs et les besoins des entreprises.

Pour l’instant, au niveau national, c’est principalement à travers le ministère de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, via l’AGUIPE, que l’accompagnement des demandeurs d’emploi est assuré. C’est cette agence qui est censée prendre en charge, de manière structurée, l’ensemble des personnes en quête d’emploi dans le pays.

Il existe sans doute aussi des initiatives portées par le ministère de la Jeunesse ou certaines associations, qui œuvrent pour l’insertion socio-professionnelle des jeunes. Mais en ce qui concerne l’enregistrement officiel et l’accompagnement institutionnel des demandeurs d’emploi, l’AGUIPE-E reste l’acteur central.

Est-ce que tout jeune diplômé peut être considéré comme chômeur ?

Un diplômé sans emploi peut être considéré comme chômeur, mais cela dépend des cas. Un diplômé sans emploi qui recherche activement un travail et qui est disponible pour l’occuper est effectivement considéré comme chômeur. En revanche, un diplômé sans emploi qui reste à la maison sans rechercher de travail ne peut pas être considéré comme chômeur. Il est alors classé comme inactif, ou relève de ce que l’on appelle le halo autour du chômage : une personne disponible, mais qui ne cherche pas activement un emploi.

Pour être considéré comme chômeur, il faut donc réunir trois critères essentiels : être sans emploi, rechercher activement un travail et être disponible immédiatement pour occuper un poste. C’est uniquement dans ce cadre que l’on peut parler de chômage au sens strict.

Il est vrai qu’il existe aujourd’hui beaucoup de jeunes diplômés en situation de chômage de longue durée. Ce sont des jeunes sortis de l’université depuis deux ou trois ans, qui ont cherché un emploi pendant un certain temps, puis se sont découragés et ont fini par abandonner la recherche.

À vous écouter, le secteur informel, très développé en Guinée, fausse-t-il les statistiques du chômage ?

C’est pour cela que j’ai élargi l’analyse. Dans le calcul classique, ces personnes relèvent du halo autour du chômage et ne sont pas prises en compte. Pourtant, de manière réaliste, ce sont des individus qui ont un pied dans le chômage et un pied en dehors.

C’est la raison pour laquelle il est important d’élargir le taux de chômage à des concepts comme le halo autour du chômage et le sous-emploi. Aujourd’hui, environ 31,4 % des personnes en emploi dans notre pays sont en situation de sous-emploi, c’est-à-dire qu’elles travaillent moins de 40 heures par semaine. Cela représente pratiquement un travailleur sur trois, ce qui n’est pas négligeable.

Le secteur informel représente environ 80 % de l’emploi en Guinée, ce qui influence fortement les statistiques. Dans le calcul du taux de chômage, le numérateur correspond au nombre de chômeurs, tandis que le dénominateur représente la population active. La population active comprend les personnes ayant un emploi — salariés, indépendants, entrepreneurs — ainsi que les chômeurs. Or, de nombreuses activités ne sont pas déclarées. Par exemple, les conducteurs de motos-taxis : sont-ils enregistrés ? En général, non. Toute personne peut acheter une moto et exercer cette activité sans être comptabilisée officiellement. Il existe ainsi de nombreux jeunes qui exercent une activité ou gèrent une petite entreprise, mais qui ne sont pas déclarés. Cette réalité contribue à fausser la lecture statistique du marché du travail.

Toutes ces déclarations permettent d’harmoniser les données et d’obtenir des indicateurs plus fiables. Elles permettent, par exemple, de dire aujourd’hui : dans l’entrepreneuriat, nous avons tant de personnes, 50 000, 70 000, etc. Mais lorsque le secteur informel ne joue pas pleinement son rôle — parce qu’il n’est pas encadré — beaucoup d’activités ne sont pas prises en compte. Or, l’informel constitue un véritable fléau dans nos pays. Le fait que près de 80 % des emplois ne soient pas déclarés pose un sérieux problème de fiabilité des données. On le voit bien dans les marchés : les commerçantes, les boutiquiers et de nombreux petits métiers exercent souvent sans être enregistrés. Pourtant, l’intégration de ces activités permettrait d’avoir des statistiques plus fiables sur l’emploi.

Qu’est-ce que le marché du travail ?

Le marché du travail peut être défini comme un écosystème où se rencontrent l’offre et la demande de travail. Il regroupe l’ensemble des acteurs — institutions publiques, secteur privé, entreprises, associations — qui interagissent et collaborent pour répondre aux besoins du marché de l’emploi. C’est donc un tissu institutionnel, social et économique où les différents acteurs travaillent en synergie afin d’équilibrer l’offre et la demande de travail.

Je comprends la frustration de certains jeunes qui disent : « Je suis sorti de l’université depuis deux ans et je ne trouve pas de travail. Comment peut-on parler d’un taux de chômage de 5,2 % ? ». Cette réaction est compréhensible, mais il ne faut pas s’arrêter uniquement à ce chiffre. La définition du chômage répond à des normes internationales, mais la réalité sur le terrain est différente. Il est essentiel de créer davantage d’opportunités pour les jeunes. L’État doit jouer pleinement son rôle, notamment en favorisant la création d’entreprises et en soutenant l’entrepreneuriat.

Aujourd’hui, le secteur minier est le principal pourvoyeur d’emplois en Guinée. Avec le projet Simandou 2040, de nombreuses opportunités vont émerger. Toutefois, le problème réside souvent dans l’inadéquation entre les formations et les besoins du marché. On constate parfois que des travailleurs viennent de l’étranger, notamment de Chine, y compris pour des emplois techniques de base, faute de main-d’œuvre locale qualifiée. Cela montre l’urgence de mieux orienter les formations. Avec un projet d’envergure comme Simandou 2040, l’État doit anticiper. Il faut mener un vaste travail de communication et d’orientation : aller dans les universités, réorienter les étudiants vers les filières porteuses, investir dans la formation professionnelle et informer les jeunes sur les opportunités à venir.

Voilà, ce sont des métiers d’avenir : conducteur de train, mécanicien, soudeur. Ce sont des filières porteuses. Il faut vraiment mener un important travail de communication pour combler le déficit actuel. L’État fait déjà beaucoup de choses, mais il reste encore énormément à faire pour aider les jeunes universitaires qui se retrouvent aujourd’hui sur le marché du travail sans véritables opportunités.

Quelles pistes de réformes sont envisagées pour aider les jeunes à saisir des opportunités d’emploi ?

À mon avis, il y a beaucoup de choses à faire. Dans un premier temps, il faut travailler sur l’adéquation entre les formations et les besoins des entreprises. Aujourd’hui, on observe une multiplication des filières. Je n’ai rien contre des disciplines comme la sociologie ou l’histoire, mais ce sont des filières qui forment chaque année des milliers d’étudiants, alors que la demande sur le marché du travail reste très limitée. Résultat : beaucoup de diplômés se retrouvent au chômage parce que leurs formations ne correspondent pas aux besoins des entreprises. À l’inverse, avec le développement de l’intelligence artificielle, on constate une forte demande dans des secteurs comme la technologie, l’informatique, l’ingénierie, la santé, mais aussi l’agriculture.

Il est donc indispensable de mener un vaste travail de communication dans les universités, au niveau des licences et des masters, pour mieux informer les étudiants. Il ne s’agit pas de dire qu’il ne faut pas suivre une formation qu’on aime, mais il faut aussi être conscient des réalités du marché du travail. Un étudiant peut être passionné par la sociologie, mais il doit savoir qu’il n’existe pas des milliers d’offres d’emploi pour les sociologues dans les entreprises.

Il faut donc orienter davantage les jeunes vers les métiers qui recrutent. Aujourd’hui, la Guinée est un pays minier, et le secteur des mines offre de nombreuses opportunités. Pourtant, nous manquons cruellement de main-d’œuvre qualifiée : mécaniciens de train, conducteurs d’engins, techniciens spécialisés.

Il faut clairement dire aux jeunes que s’ils veulent augmenter leurs chances d’insertion professionnelle, ils doivent s’orienter vers ces secteurs porteurs. Cela passe par une meilleure communication, une meilleure orientation et surtout une adéquation réelle entre les formations et les besoins des entreprises.

Enfin, il est aussi essentiel de valoriser les filières qui recrutent, notamment l’apprentissage et la formation professionnelle, qui restent encore insuffisamment attractifs alors qu’ils offrent de réelles perspectives d’emploi. Réorienter, c’est aussi valoriser les filières qui recrutent. Aujourd’hui, la technologie est un secteur d’avenir. Tout est de plus en plus digitalisé, alors que notre pays a encore beaucoup de retard dans ce domaine. La digitalisation reste insuffisante et les besoins sont énormes.

Aujourd’hui encore, beaucoup de procédures se font sur papier, alors qu’on pourrait orienter des milliers d’étudiants vers ces métiers d’avenir. Il en est de même pour la santé : nous manquons cruellement de médecins, d’infirmiers et d’agents de santé. Dans l’agriculture aussi, le constat est clair : elle reste précaire, peu moderne et peu mécanisée. Il faut donc orienter les étudiants vers ces secteurs porteurs et mener un véritable travail de communication auprès des jeunes. Il faut leur dire qu’il existe des structures comme l’AGUIPE-E et les encourager à s’y rendre, car elles peuvent les accompagner et même les réorienter.

Par exemple, un jeune titulaire d’un master 2 en sociologie peut s’enregistrer à l’AGUIPE-E. Si le marché du travail n’offre pas de débouchés dans sa spécialité, on peut lui proposer une formation de six mois ou d’un an en data analyse, en développement informatique ou en création de sites web, afin de le réorienter vers des secteurs porteurs. Tout ce travail doit être pensé et structuré.

Il faut aussi favoriser l’entrepreneuriat, car dans notre pays, on communique encore très peu autour de l’entrepreneuriat des jeunes. Il faut faire comprendre aux jeunes que la réussite ne passe pas forcément par un emploi de bureau. L’entrepreneuriat et la création d’entreprises sont aussi des voies essentielles. Il faut les encourager à se rendre à l’APIP, à s’enregistrer, à créer leurs propres entreprises.

Enfin, il est indispensable de renforcer la communication. Il manque aujourd’hui une véritable symbiose entre les structures d’accompagnement et les jeunes. Des institutions comme l’AGUIPE-E devraient être présentes en permanence dans les universités, les lycées et les centres de formation professionnelle pour informer, sensibiliser et accompagner les futurs diplômés. En résumé, il faut communiquer davantage, accompagner efficacement les jeunes, créer des structures adaptées et surtout donner les moyens nécessaires pour permettre une meilleure insertion professionnelle.

Entretien réalisé par Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 27 janvier 2026 17:45

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