Marché de Matoto : face à la fermeture de leurs boutiques, des commerçants interpellent les autorités
CONAKRY – Plusieurs boutiques et magasins sont marquées au marché de Matoto. Leurs tenanciers disent ne disposer de la moindre explication claire. Inquiets, ils ont demandé, ce lundi 19 octobre 2026, aux autorités de leurs part du mobile de l’acte et de trouver une solution à leur situation.
Ismaël Kaba, diplômé sans emploi et vendeur de café noir, se plaint d’être coincé par cette situation depuis plusieurs mois. Selon lui, des personnes viennent régulièrement identifier les boutiques, mais ils n’ont jamais expliqué leur démarche.

« Quand on va à la commune, on nous dit que ce ne sont pas eux. Quand on s’adresse au gouvernement ou au bureau du marché, chacun affirme ne pas être informé. Nous voulons connaître les véritables raisons pour lesquelles nos magasins sont identifiés », explique-t-il.
Selon Ismaël, lors de la dernière fête de Tabaski, il a été contraint de cesser de travailler un mois durant par une opération similaire. Aujourd’hui, il craint de perdre à nouveau son activité. Face à cette situation, il lance un appel au président de la République, Mamadi Doumbouya, et aux autorités compétentes pour une intervention afin d’éclaircir la situation et accompagner les commerçants concernés.
Les femmes du marché également inquiètes

Jeanne Béavogui, présente au marché depuis 2012, déplore également les difficultés rencontrées par les commerçantes. Plusieurs femmes exercent leur activité dans ce marché depuis des années et ne savent pas où aller si elles sont contraintes de quitter les lieux, affirme-t-elle.
« Nous souffrons beaucoup ici. Nous ne connaissons pas d’autre endroit où aller. Nous payons les taxes et les frais chaque jour, mais nous avons besoin d’aide. Nous demandons au président de la République et aux responsables du marché de trouver une solution pour nous », plaide-t-elle.
Au-delà de la question des boutiques, les commerçants dénoncent les problèmes d’assainissement. Selon Ismaël Kaba, chacun est obligé de nettoyer son propre emplacement et de payer environ 5 000 francs guinéens pour le nettoyage, faute d’un service satisfaisant.
Mariama Touré quant à elle, soutient la démarche des responsables du marché visant à récupérer certaines boutiques et certains magasins occupés par des personnes qui y habitent ou qui y exercent d’autres activités.

Cette opération pourrait permettre aux femmes commerçantes de disposer de davantage d’espace pour exposer leurs marchandises, estime-t-elle. De nombreuses femmes disent manquer de places et courent le risque de voir leurs produits se détériorer, laisse-t-elle entendre.
En attendant une réaction des autorités, les commerçants de Matoto espèrent obtenir des explications sur cette opération et une solution qui leur permette de poursuivre leurs activités dans de meilleures conditions. Interpellée, l’administration générale du marché n’a pas souhaité réagir au sujet.
Mamadou Yaya Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 19 octobre 2026 17:54Nous vous proposons aussi
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