Guinée: Ousmane Gaoual Diallo dessine les contours du septennat…

CONAKRY-Au lendemain de la proclamation des résultats définitifs de l’élection présidentielle, le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, s’est exprimé sur le plateau de TV5. Entre main tendue de l’exécutif, bilan de la transition et perspectives judiciaires, le ministre a dessiné les contours du septennat à venir sous l’égide du Général Mamadi Doumbouya, qui prêtera serment le 17 janvier prochain.

Pour le gouvernement, l’absence de figures historiques comme Cellou Dalein Diallo ou Alpha Condé dans la course électorale n’enlève rien à la légitimité du scrutin. Ousmane Gaoual Diallo insiste sur le caractère concret de l’engagement des électeurs :

« Cellou, Alpha aurait pu être là… cela n’aurait pas changé la réalité et le jugement de nos compatriotes, qui n’est pas fait sur le choix des personnes, simplement. Il y a quelque chose de concret qui a conduit à cette adhésion des populations guinéennes au projet du Président Mamadi Doumbouya. Cependant, l’objectif, et le président l’a décliné dans son discours à l’issue, à l’occasion de la proclamation des résultats définitifs, ce n’est pas un combat d’une Guinée contre une autre, c’est l’affirmation que les Guinéens peuvent se prendre en main quant aux questions d’élection, sans que cela ne débouche sur des conflits, des contentieux, avant, pendant ou après. Et c’est cette démonstration-là qu’il faut saluer », a-t-il martelé.

L’exil et la question judiciaire

Interrogé sur le sort des leaders politiques vivant à l’étranger, le porte-parole a tenu à clarifier qu’aucune barrière administrative n’empêche leur retour. « Il n’y a pas d’exilé en tant que tel pour dire qu’il ne peut pas rentrer dans son pays. Sidya peut rentrer, il n’est frappé d’aucun casier judiciaire. Cellou, il n’y a aucune interdiction qui lui est faite de rentrer en Guinée. Simplement, il dit : « si je viens, je dois rendre des comptes à la justice, je ne veux pas venir ». Alors, on ne voit pas comment un homme qui ne veut pas rendre compte peut prétendre diriger. Mais ça, c’est un choix personnel. Mais il n’y a pas d’obstacle à ce qu’ils rentrent dans le pays », a-t-il martelé.

Sur le volet de l’impunité, Ousmane Gaoual Diallo ajoute : « Pendant longtemps, il y a une impunité qui a touché une certaine catégorie de nos compatriotes. C’est la fin de cette impunité qui a été décrétée par le chef de l’État. Ça conduit au procès du 28 septembre et à d’autres crimes qui ont été commis. Et les crimes économiques qui sont commis sont en cours d’être jugés. »

Vers un nouveau paysage politique ?

L’élection de Mamadi Doumbouya en tant que candidat indépendant soulève des questions sur la gouvernance future et le besoin d’une majorité parlementaire. Le porte-parole souligne la volonté du Président de ne pas s’enfermer dans un carcan partisan :

« On ne sait pas encore ce que le chef de l’État veut. C’est vrai qu’il ne veut pas être emprisonné dans un parti ou dans un clan. Il a envie que tous les Guinéens se sentent concernés par la mission. Maintenant, est-ce que la conduite des affaires publiques peut se faire ainsi ? C’est pour ça que sa candidature personnelle, il a souhaité qu’elle soit indépendante, non pas portée par une partie de l’opinion, mais indépendante et cela a marché. […] Est-ce que le président va encourager le développement d’un parti ou bien un parti va se construire sur cette victoire-là pour permettre au président d’avoir une majorité suffisante pour pouvoir gouverner aussi librement ? Parce que l’exécutif a besoin du législatif pour pouvoir exercer librement et imprimer sa marque pendant les sept années à venir. »

Ousmane Gaoual Diallo réaffirme la doctrine de « non-alignement » de la Guinée, illustrée par le mégaprojet minier de Simandou, véritable carrefour d’intérêts mondiaux : « La Guinée n’est ni pour ni contre qui que ce soit. Nous poursuivons le développement de nos intérêts. Nous pouvons coopérer avec tout le monde. Et d’ailleurs, le Simandou, c’est cette volonté d’intégrer toutes les compétences et tout le monde qui vient. […] Il a fallu un grand consortium qui a mis les Américains, les Français, les Anglais, les Chinois dans le panier pour que l’on puisse mettre en avant le Simandou qui est aujourd’hui, comme vous le savez, l’un des plus gros investissements miniers dans le monde. »

Nous y reviendrons!

Africaguinee.com

Créé le 9 janvier 2026 07:13

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