Litiges frontaliers: ce que Mamadi Doumbouya « a dit » à ses pairs du Libéria et de la Sierra Leone
CONAKRY – Au-delà des communiqués officiels sanctionnant le sommet de l’Union du fleuve Mano (MRU) tenu le 16 mars dernier, que se sont réellement dit le général Mamadi Doumbouya et ses homologues du Libéria et de la Sierra Leone ? La Direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA) a apporté des éclairages sur les coulisses de ce tête-à-tête stratégique.
Le rappel ferme de l’intangibilité des frontières
Ansoumane Toumany Camara est revenu sur le contexte de cette rencontre de haut niveau, intervenue suite à des tensions frontalières à Koudaya — où des ressortissants sierra-léonais revendiquent une portion du territoire guinéen — ainsi que le contentieux de Kiéssènèye, à la frontière libérienne. Face à ses hôtes, le chef de l’État guinéen a tenu un discours de « vérité » basé sur l’héritage et le droit international. Le président guinéen a notamment exhumé les archives, selon M. Camara.

Avec le Libéria, il a invoqué l’accord du 13 janvier 1907, signé à Paris entre la France et l’ambassadeur du Libéria, fixant les limites territoriales entre les deux pays, tandis qu’avec la Sierra Leone, il a évoqué le processus de bornage entamé en 1892 et achevé en 1912 par les puissances coloniales de l’époque (la France et la Grande-Bretagne), révèle le directeur de la DIRPA. Il souligne que le Président Doumbouya a insisté sur le fait que ces accords n’ont jamais été modifiés et constituent la seule base légale en vigueur.
« Tout d’abord, le président de la République, Mamadi Doumbouya, a clairement expliqué à ses homologues de la Sierra Leone et du Libéria le principe de l’intangibilité des frontières issues des accords, conventions et traités entre les trois nations.
Avec le Libéria, il existe les accords de 1907. Cet accord a été signé à Paris le 13 janvier 1907 entre le ministre français des Affaires étrangères de l’époque et l’ambassadeur du Libéria à Paris. Il fixe les limites entre la Guinée et le Libéria », a révélé le responsable de la DIRPA, dans une vidéo diffusée sur les canaux officiels du ministère de la Défense.
L’article 33 de la Charte des Nations unies « impose » aux États de privilégier les négociations et le dialogue pour régler les différends frontaliers. Selon la DIRPA, les présidents libérien et sierra-léonais ont salué le leadership de la Guinée et les sacrifices consentis par son armée pour la stabilité régionale par le passé.

« À plusieurs reprises, la Guinée est intervenue en Sierra Leone et au Libéria, parfois au prix du sang de ses fils. Les deux chefs d’État ont rendu un hommage appuyé aux autorités, au peuple et à l’armée guinéenne », a souligné Ansoumane Toumany Camara.
« Plus d’équivoque » sur l’appartenance des zones contestées
L’issue de ces échanges semble avoir clarifié définitivement la situation sur le terrain. Les homologues du général Doumbouya auraient officiellement reconnu la validité des tracés historiques.
« En résumé, il n’y a plus d’équivoque : la Sierra Leone et le Libéria reconnaissent que les zones concernées appartiennent à la Guinée », a martelé le directeur de la DIRPA.
Nous y reviendrons!
Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 22 mars 2026 13:45Nous vous proposons aussi
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