Limite d’âge : « c’est pour écarter Sidya Touré…et bientôt ce sera Cellou », dénonce l’UFR

CONAKRY – L’Union des Forces Républicaines (UFR), l’un des principaux partis politiques de Guinée, s’est dite très déçue du projet de nouvelle Constitution présenté par le Conseil national de la transition (CNT). Cette formation politique dénonce un texte cousu contre son leader pour l’empêcher de briguer la magistrature suprême.

« C’est une déception pour le peuple de Guinée, une déception pour les politiques », a déclaré Mouctar Khalissa, secrétaire de la jeunesse républicaine de l’UFR, joint par Africaguinee.com ce mercredi 9 juillet 2025.

Ce cadre du parti de Sidya Touré estime que le CNT avait promis aux Guinéens une Constitution qui « leur ressemble et les rassemble ». Or, selon lui, le contenu du projet ne répond pas aux attentes du peuple.

« Je l’ai parcourue de bout en bout, mais tout ce que les Guinéens réclamaient ne s’y retrouve pas », déplore-t-il.

Mouctar Khalissa

Le jeune responsable politique s’insurge notamment contre la présence de critères d’âge dans le texte :

« Et le plus étonnant encore, c’est que pour la première fois au monde, une Constitution fait allusion à une question d’âge. C’est du jamais vu ! Prenez les États-Unis, la plus vieille démocratie, ou d’autres grandes puissances : aucune d’elles ne limite ainsi l’accès à la magistrature suprême. L’essentiel, c’est que tout citoyen ait la chance de se présenter », affirme-t-il.

Il accuse le CNT d’avoir conçu un texte taillé sur mesure : « La Constitution que M. Dansa Kourouma et les membres du CNT nous proposent est taillée sur mesure pour le général Mamadi Doumbouya, afin de faire de lui un homme unique (…) », a-t-il dénoncé.

Autre critique : la durée du mandat présidentiel, portée à sept ans dans ce projet, alors que la plupart des pays adoptent des mandats de cinq ans.

« Chez nous, on va jusqu’à sept ans ! Ça veut dire quoi ? Jusqu’à présent, on n’a jamais eu de chance », se désole-t-il. Mouctar Khalissa reste cependant optimiste pour l’avenir de son leader :

« Avec M. Sidya Touré, nous avons foi qu’un jour, si Dieu le veut, il deviendra président de la République. Rien ni personne ne pourra l’en empêcher. Personne n’avait imaginé que M. Mamadi Doumbouya dirigerait ce pays. C’est son destin. Et si c’est le destin de Sidya Touré, il l’accomplira », affirme-t-il.

Outre la limite d’âge, une autre disposition pourrait freiner la candidature de l’ancien Premier ministre. Selon l’article 48, alinéa 2, « tout candidat à l’élection présidentielle est tenu d’être présent sur le territoire national depuis le dépôt de sa candidature jusqu’à la proclamation des résultats définitifs, sauf cas de force majeure dûment constaté par la Cour constitutionnelle ».

Sidya Touré

Or, Sidya Touré, exilé à Abidjan depuis 2022 après la récupération de sa résidence à la Minière par le Patrimoine bâti, n’a pas été enrôlé lors du recensement biométrique. Ce facteur pourrait également compromettre sa participation à la prochaine présidentielle.

« Mais nous comptons aussi sur la main de Dieu pour sauver ce peuple qui a tant souffert », a ajouté Mouctar Khalissa.

Alors qu’un référendum constitutionnel est prévu le 21 septembre 2025, le secrétaire de la jeunesse républicaine livre déjà un aperçu de la position du parti :

« On ne peut pas appeler les gens à voter une Constitution qu’ils n’ont même pas lue. Moi, j’ai pris le temps de la parcourir. Mais une personne lambda ? Elle ne sait même pas ce que contient ce texte. C’est une Constitution pleine de pièges, avec beaucoup de manquements », estime-t-il.

Selon lui, la priorité est ailleurs : « L’essentiel, c’est de donner la paix du cœur aux Guinéens, leur permettre de travailler pour le développement harmonieux de ce pays. Nos militants sont déjà convaincus. Dès qu’on a commencé à parler de limite d’âge, on a compris que c’était pour écarter M. Sidya Touré. Et bientôt, ce sera Cellou Dalein Diallo. Tout cela pour ouvrir la voie à une présidence éternelle de Mamadi Doumbouya. Mais rien n’est éternel, tout est passager », tranche-t-il.

Et de conclure : « Le moment venu, nous inviterons nos militants à ne pas répondre à cet appel au référendum. Pourquoi ? Parce que cette Constitution est cousue contre M. Sidya Touré. Et dans la vie, une Constitution ne devrait jamais poser la question de l’âge », selon Mouctar Khalissa.

A suivre.

Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com

Créé le 10 juillet 2025 14:55

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