Les huissiers de Guinée en débrayage : La situation pourrait se durcir à partir de lundi
CONAKRY – Les huissiers de justice de Guinée ont engagé un mouvement de grève générale et illimitée depuis ce jeudi 8 octobre 2026. Le mot d’ordre de débrayage a été adopté à l’issue d’une assemblée générale extraordinaire, consécutive au placement en détention provisoire de deux de leurs confrères : Me Sory Daouda Camara, président honoraire de la Chambre, et Me Mamadou Sangaré.
Conformément à la résolution de l’Assemblée générale, aucune prestation ni activité relevant de la profession d’huissier de justice ne sera exercée sur toute l’étendue du territoire national jusqu’à nouvel ordre, a confirmé ce vendredi Me Aboubacar Camara, joint par la rédaction d’Africaguinee.com.
Les origines du bras de fer devant la CRIEF
À l’origine de cette fronde judiciaire se trouve l’ouverture, le 7 octobre 2026, du procès de Maître Sory Daouda Camara (ancien président de la Chambre nationale des huissiers de justice de Guinée) et de Maître Mamadou Sangaré devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).
Les deux officiers ministériels sont poursuivis pour « escroquerie au jugement, faux et usage de faux en écritures publiques et authentiques, usurpation de titre et de fonction, et complicité ». Dans cette procédure, la partie civile est constituée par l’institution bancaire Ecobank Guinée. Les faits reprochés découlent d’une procédure de saisie-attribution exécutée en 2018 au préjudice de ladite banque.
À la barre, les deux prévenus ont réfuté l’ensemble des accusations portées contre eux.
Suspension des interventions publiques jusqu’à la prochaine audience
Alors que le mot d’ordre de grève paralyse l’exécution des actes huissiers, la direction de la Chambre nationale se veut mesurée dans ses déclarations dans l’attente du développement de la procédure.
« Nous avons décidé de restreindre nos communications jusqu’à lundi. Nous serons présents à la CRIEF et, à l’issue de l’audience, nous tiendrons une communication officielle. D’ici là, le débrayage se poursuit rigoureusement », a précisé Me Aboubacar Camara au micro d’Africaguinee.com.
Ce blocage des activités fait peser de vives inquiétudes sur le fonctionnement de l’appareil judiciaire, notamment en ce qui concerne la délivrance des assignations, des significations et l’exécution des décisions de justice.
Dossier à suivre.
Dansa Camara DC
Pour Africaguinee.com
Créé le 9 octobre 2026 16:25









