Le secteur extractif au “Féminin”: La Chambre des Mines de Guinée lance la première édition du Women’s Day 2026
CONAKRY –La Chambre des Mines de Guinée a franchi un cap important dans la promotion de l’inclusion dans le secteur extractif, en organisant ce samedi 25 avril 2026 à Conakry, la première édition du Women’s Day 2026 : Les Mines au Féminin.
Placée sous le thème « Femmes, justice d’accès et pouvoir de décision dans le secteur minier », cette rencontre a mobilisé des acteurs institutionnels, des experts, ainsi que des figures engagées autour des enjeux d’équité, de gouvernance et de responsabilité dans l’industrie minière guinéenne.

Dans son intervention, Céline Wazni, trésorière du bureau exécutif de la Chambre des Mines, a donné le ton de cette initiative qu’elle qualifie d’historique.
« Women’s Day 2026 est une première édition, mais soyons clairs : ce que nous lançons aujourd’hui n’est pas un événement, c’est une fondation », a-t-elle déclaré, insistant sur le rôle stratégique du secteur minier dans l’économie nationale, tout en reconnaissant une réalité persistante.

« Les femmes restent encore trop largement sous-représentées, que ce soit dans les équipes techniques, dans les directions générales ou dans les instances de décision », souligne Céline Wazni. Selon elle, la transformation du secteur passe nécessairement par une inclusion réelle. « Nous ne voulons pas des femmes dans les mines comme vitrines, nous voulons des femmes comme architectes. L’égalité ne se décrète pas, elle se pratique », a-t-elle martelé. 
Une alliance stratégique pour l’inclusion
Partenaire clé de cette initiative, Women in Mining Guinea, à travers sa présidente du conseil d’administration Aïssata Beavogui, a salué une collaboration porteuse de changement. « Aucun progrès durable ne se construit sans dialogue, sans écoute et sans volonté partagée », a-t-elle affirmé.
La leader a rappelé que l’ambition du secteur ne doit pas se limiter aux performances économiques. « La réussite ne se mesurera pas uniquement en tonnes exportées, mais aussi dans notre capacité à construire un secteur plus juste et inclusif », précise Aissata Béavogui.

Le gouvernement engagé pour un changement structurel
Présente à cette rencontre, la ministre de la Femme, de la Famille et des Solidarités, a salué une initiative « pertinente et utile ».
« Un secteur minier performant doit être équitable, inclusif et responsable », a-t-elle indiqué. Patrice Adeline Lamah a réaffirmé l’engagement des autorités à lever les barrières structurelles : « Les femmes doivent être pleinement actrices, non pas en marge, mais au cœur des décisions stratégiques. ». La ministre a également insisté sur la nécessité d’actions concrètes. « Ce sont les actions suivies et évaluées qui feront la différence », martèle madame Lamah.

Le défi de la représentativité féminine
Pour Mamadou Lô, représentant du sponsor officiel NEEMBA, la question de l’inclusion est aussi une question de performance. « Aujourd’hui, les femmes représentent environ 15 % de la main-d’œuvre formelle du secteur minier en Guinée. C’est un progrès, mais aussi un potentiel inexploité », a-t-il souligné, avant de détailler les initiatives engagées par son groupe : « Investir dans les compétences féminines, c’est renforcer durablement la compétitivité de l’industrie. »

Invité du panel, l’ancien Premier ministre Mamadi Youla a, quant à lui, insisté sur la responsabilité collective dans la promotion des femmes. « On pense souvent que c’est un problème de femmes. Mais lorsque l’on renforce les capacités des femmes, c’est le pays tout entier qui se renforce », a-t-il affirmé. Dans une note inspirante, il a exhorté les participantes à nourrir de grandes ambitions : « Si vous n’avez pas peur de vos rêves, c’est qu’ils ne sont pas assez grands », a-t-il lancé, reprenant une citation de l’ancienne présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf.

Vers un rendez-vous durable
Au-delà des discours, cette première édition du Women’s Day se veut le point de départ d’une dynamique durable dans le secteur minier guinéen.Tous les intervenants ont convergé vers une même conviction : l’avenir de l’industrie extractive en Guinée dépendra autant de ses performances économiques que de sa capacité à intégrer pleinement les femmes dans ses mécanismes de décision.

Mamadou Yaya Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 26 avril 2026 06:41Nous vous proposons aussi
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