Le commandant de la 1ère région militaire de Kindia s’attaque aux sectes : « Quand ils viennent islamiser la population… »

KINDIA-Dans la cité « Manga Kindi Camara », les autorités sont décidées à éradiquer l’insécurité qui secoue la ville et ses environs. Cette préfecture située à 135 kilomètres de Conakry, la capitale, est en proie à une insécurité grandissante. Les autorités régionales se disent préoccupées et déterminées à mettre un terme au phénomène. C’est dans ce cadre que le Gouverneur de région a convoqué une réunion avec les forces de défense et de sécurité et l’ensemble de couches sociales pour envisager des mesures draconiennes contre l’insécurité.

A cette occasion, le commandant de la première région militaire de Kindia a saisi la parole pour dire ses vérités en ce qui concerne les facteurs qui, d’après lui, favorisent cette insécurité. Il trouve anormale que l’armée soit au Pouvoir et que les populations soient exposées. Ce haut responsable de l’armée a pointé notamment la délinquance, la présence de sectes en République de Guinée, la multiplication de bars et buvettes. Le Colonel Mamadi Condé a aussi proposé des pistes de solutions pour « éradiquer » l’insécurité.

« Aujourd’hui, grâce au leadership et aux instructions données par la Haute autorité, le Président de la République Général Mamadi Doumbouya, le CNRD et l’ensemble du Gouvernement ne cessent de se battre pour le bien-être du pays. Ils ne cessent de se battre pour la sécurité des personnes et de leurs biens. (Dans ce contexte), il serait inadmissible, inacceptable que les militaires soient au Pouvoir et qu’on entende encore qu’il y a des crimes. C’est dommage », a martelé ce haut responsable de l’Armée, qui ajoute qu’il y a un autre sujet qui fait le souci même des grandes puissances. C’est le terrorisme, a-t-il dit.

« Nous devons prendre nos responsabilités pour éviter que ce qui se passe ailleurs arrive chez nous. Mais si on n’arrive pas à encadrer le banditisme, la criminalité, que Dieu nous en garde, si un autre défi se présente à nous, qu’allons-nous faire ? Si je dois aller à la mosquée, à l’église, au marché…c’est parce que la sécurité est assurée (…). En tant que militaire, je connais les réalités du pays pour avoir eu la chance de commander un peu partout. Si on ne prend pas nos responsabilités, si on ne se donne pas la main, c’est inquiétant parce que nous voyons ce qui se passe dans d’autres pays.

Le terrorisme est contagieux, c’est comme le cancer. Si on ne le soigne pas, il progresse. Le Mali qui est touché par le terrorisme, un chef djihadiste a dit que tous les pays contributeurs du Mali pour combattre le terrorisme, ils vont s’attaquer à eux. Beaucoup de pays sont touchés par ce fléau. Chez nous, grâce à la bénédiction des sages, par des sacrifices et les efforts des autorités, notre pays est en marge. Mais il ne faudrait pas que ces sacrifices consentis soient vains. Un problème de banditisme qu’on n’arrive pas à cadrer à Kindia, c’est un souci (…). Que Dieu nous protège. Acceptons d’être guinéens », a lancé le colonel Mamadi Condé (en image).

Poursuivant, il a déclaré que la question de sécurité est à deux niveaux : La population et les autorités. « Si nous autorités qui sommes payés pour l’Etat pour la protection du territoire et la sécurité des populations, on ne le fait, notre conscience va nous sanctionner. Le bon Dieu va nous châtier. Et dans la vie, toute chose a une fin. Aujourd’hui, je suis colonel commandant de région, je peux faire du tort à quelqu’un. L’intéressé peut se plaindre, lorsque je me présente, ça peut aller. Mais lorsqu’il dit qu’il se confie à Dieu, c’est le guide suprême qui va me taper. Si ça ne m’arrive pas, ça touchera mes enfants », a-t-il dit.

Les buvettes dans le collimateur

Selon lui, maitriser le problème d’insécurité à Kindia, n’est pas compliqué, mais, souligne-t-il, faudrait que chacun se lève et qu’il soit patriote. « Je demanderai à monsieur le Gouverneur et au procureur de nous autoriser avec réquisition de détruire toutes ces buvettes. Si nous avons l’aval de justice, la semaine prochaine vous aurez les résultats », a-t-il lancé avant de pointer un autre souci.

« Il y a un autre facteur qui commence à rentrer en Guinée encore : les sectes, les prédicateurs. Quand ils viennent pour prêcher et islamiser la population mais derrière ça, il y a autres choses. Parce qu’on ne cultive pas la paix, la pitié, plutôt on cultive la haine et l’agressivité. Donc il faudrait que nous prenions nos décisions, tout le monde est responsable. Pour que cette sécurité soit garantie, il faudrait que nous cultivions certaines choses en nous : le civisme et le patriotisme (…)« , a déclaré le Colonel Mamadi Condé commandant de la première région militaire de Kindia.

Devant ses invités, le général Aboubacar Sidiki Diakité, Gouverneur de la région a avoué que ce que subissent les populations de Kindia n’enchante pas les autorités

« Nous avons fait un constat amer, ce que nous voyons en ville ne nous enchante pas. Quand on apprend qu’un conducteur de mototaxi est tué par-ci, qu’on a retrouvé un corps sans vie par-là ; ça fait très mal. Il y a également assez d’accidents et d’attaques à main armée. Les services de défense et de sécurité ont également fait beaucoup de saisies de drogue et on a pris des voleurs de moto. Tout cela fait mal. Que pouvons-nous faire contre tout ceci ? Il faut une collaboration entre nous autorités et la population pour lutter efficacement contre l’insécurité dans la ville de Kindia« , a déclaré le gouverneur.

Le général Aboubacar Sidiki Diakité

Pour faciliter cette collaboration entre les autorités et la population, un numéro vert le 125 a été mis à la disposition des citoyens de la cité des agrumes.

Depuis Kindia, Chérif Keita

Pour Africaguinee.com

Créé le 19 août 2024 08:31

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