Labé : Poignardé par son épouse, Youssouf Barry succombe à ses blessures à Conakry
LABÉ– C’est un drame conjugal qui se termine par un dénouement tragique. Poignardé par sa femme lors d’une altercation survenu dans la nuit du 2 au 3 août 2026, Youssouf Barry, 47 ans, a succombé à Conakry à ses blessures.
L’acte s’était produit au quartier Dombi, dans la commune urbaine de Labé. Le défunt en service à Kankan, était venu passer des vacances auprès de son épouse, Aïssatou Bah, également quadragénaire. Une dispute avait alors éclaté entre les deux conjoints, avant d’en venir aux mains. Légèrement blessée, la femme avait asséné un coup de poignard à l’abdomen de son mari, le blessant grièvement.
Transporté d’urgence à l’hôpital pour recevoir des soins intensifs, Youssouf Barry avait ensuite été évacué vers la capitale. Quant à son épouse, après avoir reçu des soins primaires, elle avait été déférée devant le Tribunal de Première Instance (TPI) de Labé et placée sous mandat de dépôt à la maison centrale. Elle y séjourne toujours dans l’attente de son jugement.
La consternation et le regret du quartier
Joint au téléphone, Mamadou Diouldé Dombi Diallo, chef du quartier Dombi, a confirmé la triste nouvelle :
« Effectivement, nous avons appris la triste nouvelle dimanche : l’homme a finalement rendu l’âme à Conakry. Que son âme repose en paix et que Dieu apaise nos cœurs. Ce sont des membres de la famille qui nous ont rapporté l’information. Nous gardons tous en mémoire cette altercation qui a viré au drame, et l’épouse est en détention depuis lors. »
Un drame familial et des enfants délaissés
Poursuivie initialement pour « coups et blessures volontaires », Aïssatou Bah s’est retrouvée à plusieurs reprises devant la barre. Cependant, le procès a connu de multiples renvois, le tribunal attendant un rapport médical officiel pour établir avec précision l’état de santé de la victime.
Interrogé, un proche du couple a exprimé toute sa tristesse face à cette situation tragique :
« C’est la volonté de Dieu, même si nous aurions tous souhaité qu’il recouvre totalement la santé. Ce qui est déplorable, c’est que le mari est mort, la femme est en prison et leurs enfants se retrouvent seuls. Que Dieu nous préserve du mal au sein des foyers. Le destin en a décidé autrement : ces époux ne vivaient pas régulièrement ensemble, la femme résidait à Labé et le mari en Haute-Guinée, d’où il pouvait passer deux ans sans revenir. Cette fois-ci, l’histoire a pris une tournure dramatique. Les familles avaient pourtant décidé d’apaiser les tensions, et la femme a exprimé de profonds regrets lors de son passage devant le juge. Désormais, tout dépendra des conclusions médicales. »
Vers une requalification des charges en crime ?
Selon une source judiciaire contactée par Africaguinee.com, l’information du décès a bien été transmise au Tribunal de Première Instance de Labé. La justice est désormais dans l’attente du certificat de décès délivré par les services de santé afin de le verser au dossier d’instruction.
Ce nouveau développement devrait entraîner une requalification juridique des faits : les poursuites pour « coups et blessures » pourraient être transformées en « coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Si le certificat médical confirme le lien de causalité entre les blessures par poignard subies en août dernier et le décès, le dossier sera alors transféré devant la chambre criminelle.
Alpha Ousmane Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 20 octobre 2026 20:50Nous vous proposons aussi
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