Labé : des interrogations sur l’occupation d’un espace névralgique du marché central…
LABE – L’autorisation d’occupation de la bretelle Est du grand marché de Labé, située sur la ligne de vente de pièces détachées et considérée comme un axe de secours stratégique du principal centre commercial de la région, suscite de nombreuses interrogations. Certains acteurs de la société civile et des citoyens s’interrogent sur les conditions de cette occupation, ainsi que sur les motivations de la mairie qui a donné son aval.
Depuis quelques jours, des travaux y sont entrepris. Des informations recueillies ici et là évoquent une vente de l’espace à quatre commerçants de Labé — une affirmation que la mairie rejette. Elle précise que l’espace concerné n’est pas à vendre, mais qu’un contrat d’occupation a été attribué aux bénéficiaires.

La large bretelle d’accès disparaît peu à peu : un long bâtiment est en construction au milieu du passage. Deux couloirs étroits, situés de part et d’autre des boutiques en chantier, servent désormais de voies pour les piétons.
Seize (16) boutiques sont en cours de construction, chacune mesurant 3 mètres sur 2,73. Les murs sont presque achevés, les travaux se poursuivent, et un forage équipé d’un château d’eau est déjà opérationnel à proximité.
Pour Oumar Sadio Diallo, acteur de la société civile et président de l’Association des consommateurs de Labé, la situation est préoccupante.
« C’est une situation inquiétante. C’est alarmant que ceux qui sont censés sécuriser les citoyens les exposent à de tels risques. Nous parlons ici de la sécurité des consommateurs, mais aussi des commerçants. Aujourd’hui, le grand marché de Labé connaît une telle affluence qu’il nécessite un désengorgement. Ce réflexe devrait venir des autorités locales.

Dans l’état actuel des choses, en cas d’incident, il serait impossible de réagir rapidement. Ce qui est regrettable, c’est que ceux censés nous protéger semblent au contraire créer des obstacles. Il y a déjà suffisamment de boutiques et de magasins dans le marché. On se demande parfois comment trouver un passage.
Si l’on se permet encore de construire sur les rares espaces libres — notamment cette passerelle qui pourrait servir de voie de secours pour les véhicules d’intervention ou les ambulances —, cela revient à exposer davantage les occupants à des situations d’insécurité.
Parfois, l’avidité pousse certains citoyens à prendre des risques, en investissant dans des espaces publics ou des zones réservées. Pourtant, ils savent que ces lieux seront un jour récupérés. Ils s’exposent inutilement.

La société civile de Labé, et nous en tant que défenseurs des droits des citoyens et des consommateurs, n’accepterons pas que des individus décident seuls de barrer ou de construire sur un couloir laissé pour la sécurité de tous.
Si les occupants ont obtenu l’autorisation de l’ancienne équipe municipale ou de l’actuelle délégation spéciale, qu’ils nous en informent. En tout cas, nous allons nous rapprocher des autorités pour savoir s’il s’agit d’une vente ou d’un simple contrat d’occupation.
Déjà, des murs sortent de terre sur cet espace. C’est à la mairie de nous édifier », a-t-il expliqué.
Idrissa Sampiring Diallo, journaliste, responsable local de L’Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l’Homme et du Citoyen (OGDH) et activiste de la société civile, a également tiré la sonnette d’alarme concernant les travaux engagés sur ce couloir situé à l’Est du marché central de Labé :

« C’est un axe de sauvetage qui avait été réservé pour protéger les installations du marché central, lequel reçoit quotidiennement des populations venues de toute la région. Labé est une capitale régionale ; toutes les préfectures environnantes s’y approvisionnent chaque jour.
Si aucun accès de secours n’est prévu en cas d’incendie ou d’accident grave, cela revient à exposer toute la population. Nous ne le souhaitons pas, mais un incident au marché de Labé pourrait facilement affecter toute la région et de nombreuses familles”, a-t-il indiqué.
Il ajoute que cette situation est très préoccupante. “Nous nous interrogeons sérieusement sur les motivations de ceux qui ont autorisé l’occupation de ce passage, qui est censé rester libre.

N’oublions pas qu’il y a une station-service en plein cœur du marché, en plus des risques déjà connus liés à la nature même d’un tel espace. La gestion de la ville devrait être plus prévoyante et prendre des mesures urgentes pour prévenir le pire.
Je pense qu’il est temps que la société civile se réunisse pour étudier cette question en profondeur et envisager des démarches appropriées. Car la situation actuelle ne fait qu’étouffer davantage le marché. À ce rythme, il ne restera plus aucun passage pour permettre l’intervention des véhicules de secours », a averti monsieur Diallo.
Africaguinee.com a tenté de recueillir la version des occupants impliqués dans ce chantier. Objectif : comprendre les conditions dans lesquelles cette ruelle, pourtant considérée comme un accès de secours, a été attribuée.
Malgré plusieurs tentatives, aucune réponse claire n’a été obtenue. Les commerçants rencontrés se sont montrés peu disposés à s’exprimer. L’un d’eux a simplement déclaré qu’ils ont occupé l’espace « de la même manière que tout le reste du marché a été attribué », sans plus de précision. Il est également resté vague sur les montants déboursés, notamment sur les 4 millions de francs évoqués dans les documents.

Nous avons cependant pu consulter l’un des contrats d’occupation attribués à ces commerçants.
Outre l’autorisation d’occupation, quittancée à hauteur de 4 millions de francs guinéens, une clause importante y est inscrite :
« Le présent certificat d’occupation est délivré sans préjudice des droits de reprise de l’État guinéen. Le bénéficiaire s’engage à ne formuler aucune opposition en cas de reprise totale ou partielle pour cause de voirie ou de tout autre aménagement d’intérêt public. », peut-on lire.
Le document porte la signature du président de la délégation spéciale de Labé, Ibrahima Diallo, qui a accepté de s’exprimer sur ce dossier sensible dans un entretien accordé à Africaguinee.com.
Nous y reviendrons !
Alpha Ousmane Bah
Pour africaguinee.com
Tel. (+224) 664 93 45 45
Créé le 3 mai 2025 12:46Nous vous proposons aussi
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