Éducation/L’intersyndicale accentue la pression: « La grève continue… »
CONAKRY – La crise dans le secteur de l’éducation en Guinée s’enlise. L’intersyndicale de l’Éducation, menée par Michael Pépé Balamou, a fermement rejeté le protocole d’accord signé le 02 décembre 2025, entre le Gouvernement et l’autre faction du Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG).
Lors d’un point de presse tenu ce mercredi 3 novembre à la Bourse du Travail, les membres du Syndicat national de l’éducation (SNE) et de la Fédération syndicale des professionnels de l’éducation (FSPE) ont qualifié ce document de « non inclusif ».
Un « amateurisme consternant »
Le SNE et la FSPE ont vivement déploré la démarche du Gouvernement qui a procédé à la signature de ce protocole le 2 décembre. Pour les syndicats, cet acte témoigne d’un « amateurisme consternant » de la part des autorités. Selon eux, le Gouvernement a signé un accord avec des syndicats qui n’étaient pas à l’origine du mouvement de grève.
« Par conséquent, ils ne peuvent s’arroger le droit de suspendre ou de lever un mot d’ordre de grève qu’ils n’ont jamais lancé. Cette incohérence flagrante démontre l’empressement du Gouvernement à contourner les véritables acteurs du conflit, » ont-ils martelé.
Les syndicalistes ont également mis en cause l’équipe de médiation et de facilitation : « Nous dénonçons la partialité et la complicité de l’équipe de médiation et de facilitation. Au lieu de s’en tenir à son rôle basique et essentiel de rapprocher les positions des deux parties en conflit, elle a manifestement choisi de prendre fait et cause pour une seule partie, trahissant ainsi l’esprit et les techniques fondamentales de la négociation. »
Le Protocole qualifié de « non-événement »
Tout en rappelant que leur combat est “apolitique et purement social, visant uniquement à défendre les intérêts matériels et moraux des travailleurs de l’Éducation”, la faction de l’intersyndicale dirigée par Michael Pépé Balamou, appelle les enseignants à ignorer le document signé.

Revendications non négociables
L’intersyndicale maintient que ses revendications sont claires et ne feront l’objet d’aucune concession tant qu’elles ne seront pas satisfaites :
- La signature du statut particulier des personnels de l’Éducation.
- L’engagement des enseignants contractuels communaux non retenus après l’évaluation pratique.
- Le déblocage et paiement des arriérés de salaire et de la prime d’incitation des enseignants.
- Le paiement de la prime de fonction des hauts cadres et responsables des structures déconcentrées du secteur de l’Éducation et de la Formation, etc.
Ils annoncent que le mot d’ordre lancé le 1er décembre dernier est maintenu jusqu’à ce que le Gouvernement s’engage dans des négociations sincères : « Tant que le Gouvernement n’ouvrira pas de négociations sérieuses sur ces points, la grève générale et illimitée est maintenue jusqu’à la satisfaction totale de toutes nos revendications. »
La grève continue

Le SNE et la FSPE affirment que la grève lancée en début de semaine se poursuit sans changement. L’intersyndicale a également lancé un avertissement aux responsables administratifs : « Nous invitons les inspecteurs régionaux, les directeurs communaux et préfectoraux, les DSEE, les proviseurs, les principaux, les directeurs et les chargés d’école à cesser immédiatement toute forme d’intimidation à l’endroit des enseignants. Cette lutte est commune et défend également vos primes de fonction qui sont injustement coupées sur vos bulletins. »
Michel Pépé Balamou et ses camarades préviennent que la décision de mettre fin au mouvement de grève leur appartient exclusivement : « Seuls les secrétaires généraux de la FSPE et du SNE sont habilités à suspendre ou à lever le mot d’ordre de grève, et ce, uniquement après consultation de la base, » ont-ils précisé.
Dansa Camara DC
Pour Africaguinee.com
Créé le 3 décembre 2025 19:45Nous vous proposons aussi
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