Kindia : les femmes du grand marché en colère après des déguerpissements sans solution

À Kindia, la colère ne retombe pas chez les femmes du grand marché. Déguerpies de leurs espaces de vente et dénonçant des engagements non respectés, elles accusent les autorités communales de les laisser sans solution durable.

Dans leur ligne de mire, le président de la délégation spéciale et le bailleur du marché. Elles les accusent de les avoir menacées de libérer les emprises de la route qui traverse le marché.

 

Dans la nuit de dimanche à lundi, leurs tables de vente ont été ramassées par les forces de l’ordre, sur instruction du président de la délégation spéciale.

Le lendemain, elles se sont rendues à la commune pour avoir des explications sur leur situation, hélas elles n’avaient eu d’interlocuteur. Selon elles, le hangar construit pour les accueillir est largement insuffisant.

« Il avait été dit que tout le rez-de-chaussée serait aménagé pour nous. Aujourd’hui, ce sont des boutiques qui y ont été construites, et elles coûtent jusqu’à trois millions de francs guinéens, une somme que nous ne pouvons pas payer », déplore Fatoumata Camara, leur porte-parole.

Faute d’espace, plusieurs femmes affirment être contraintes de s’installer au bord de la route ou devant des boutiques. Une situation devenue intenable.

« Avant-hier encore, le propriétaire de l’immeuble devant lequel nous étions installées a fait appel à des gendarmes pour nous chasser. Jusqu’à présent, aucune place ne nous a été proposée », ajoutent-elles.

Les conséquences économiques sont lourdes. « Cela fait trois jours que nous ne vendons pas. Hier, nous avons rencontré le préfet de Kindia qui nous a appelées à la patience et nous a promis de régler la situation dans les jours à venir », confient les vendeuses.

Malgré cette promesse, la colère reste vive contre le propriétaire de l’immeuble et la commune. Les femmes accusent les autorités locales de se limiter à des injonctions de déguerpissement, sans solution durable.

« La délégation communale vient seulement pour nous demander de quitter les lieux. La dernière fois, nos tables ont été déposées à la place des Martyrs. Quand nous sommes revenues le lendemain, on nous a encore demandé de partir. Même l’administratrice du marché n’intervient pas », regrettent-elles.

Face à cette situation, ces femmes, déguerpies lors des travaux de construction d’un immeuble R+3, lancent un appel solennel au président de la transition, le général Mamadi Doumbouya. Elles demandent une intervention afin que le problème de places soit définitivement réglé. « Nous voulons simplement écouler nos marchandises pour subvenir à nos besoins et soutenir nos enfants », concluent-elles.

Nos tentatives pour obtenir la version du président de la délégation spéciale n’ont pas prospéré.

Affaire à suivre…

 

Kindia, Chérif Kéita

Pour Africaguinée.com

Créé le 23 janvier 2026 10:58

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