JO Paris 2024 : le ministre des Sports « dit tout » sur la participation de la Guinée

CONAKRY- A l’instar des autres pays, la Guinée s’apprête pour la participation de ses athlètes aux Jeux olympiques de Paris 2024. En marge du démarrage de l’évènement, le ministre de la Jeunesse et des Sports s’est confié à Africaguinee.com. Dans cet entretien, nous parlons avec lui de la participation de la Guinée à ce grand rendez-vous sportif mondial. Exclusif !!!

AFRICAGUINEE.COM : Les Jeux olympiques de Paris démarrent ce 24 juillet dans la capitale française, quel est le niveau des préparatifs côté guinéen ?

KÉAMOU BOGOLA HABA : Tout se passe bien. C’est le premier ministre chef du gouvernement, Amadou Oury Bah qui va conduire la délégation guinéenne aux JO de paris. Avec lui, nous allons assister ce 24 juillet à l’entrée en lice de l’équipe guinéenne.

La délégation guinéenne sera composée de combien de personnes ?

Environ 140 personnes dont 31 athlètes, les encadreurs, les kinésithérapeutes, les  officiers médias etc. Officiellement, les 77 membres de la délégation sont les athlètes et leur encadrement technique, tout est mis en œuvre pour une bonne participation. A date presque toutes ces délégations sont sur place.

La délégation de 40 personnes de l’équipe de football est déjà sur place. Ils ont bien fait leur préparation qui a été d’ailleurs clôturée par une victoire contre l’Argentine. Là ils sont déjà à Nice, le président de la Fédération Guinéenne de Football les a rejoints. La délégation de 37 autres qui vont accompagner, le comité national olympique et les six (6) autres athlètes, tout va bien, les ordres de mission sont là, et aujourd’hui, au village olympique, nous avons quatre qui sont déjà sur place.

Le village JO est déjà fonctionnel au niveau de l’espace Afrique. Et à Conakry ici nous allons créer un village olympique à Camayenne plage, ce qui veut dire que nous aurons deux villages, un à Conakry pour pouvoir suivre ce qui se passe à Paris comme si vous y étiez et un autre dans la capitale française.

La participation de la Guinée aux JO coûtera 7 millions de dollars, à date, où en êtes-vous dans la mobilisation des fonds ?

Sur le plan budgétaire, comme nous sommes en période de restriction budgétaire, c’est 100 milliards de francs guinéens que nous avons sollicités pour une représentation. Nous n’avons pas eu tout ce que nous avons demandé mais nous avons des engagements par rapport à ce qu’il faut pour une représentation digne de nom de la République de Guinée.

Ces derniers temps, la participation des équipes guinéennes à des compétitions a été souvent écornée par des histoires de primes de match. Qu’est-ce qui est envisagé pour éviter de tels écueils ?

Sur ce sujet, j’ai été clair là-dessus. Le paiement se fera  à des étapes, nous nous mettons la priorité comme suit : premièrement comment trouver les billets d’avion pour que toutes les équipes soient présentes.La deuxième, c’est la question d’hébergement, de restauration, pour ça, nous avons des prestataires internationaux et locaux qui assurent cela. C’est d’ailleurs ce qui nous permet d’anticiper sur le paiement. Les primes constituent la dernière étape.

Il y a toute une procédure administrative qui peut prendre trois à quatre mois, ça peut même aller jusqu’à huit mois dans le circuit administratif guinéen. C’est pourquoi j’ai dit aux joueurs que ceci ne doit pas être un argument pour ne pas s’entraîner, c’est un message qui est adressé à toutes les équipes.

Le processus de payement des primes, administrativement, est très long. Ce que nous faisons, c’est de trouver les moyens avec les partenaires, des gens qui subventionnent, c’est pourquoi nous allons nous battre pour réduire cela.

Mais ce qui est important pour ces JO, c’est quelque chose qui ne faisait pas partie de l’arrêté conjoint entre le ministre des finances et celui de la jeunesse, ça n’a jamais été prévu dans les caisses. Nous avons pu trouver un accord avec la fédération guinéenne de football par rapport à l’amplitude des primes lorsque les athlètes sont qualifiés notamment pour ceux qui ont participé aux matchs de barrage mais nous avons aussi défini les primes d’objectifs. Si l’équipe se qualifie pour les quarts de finale, il y a une prime qui a été définie, s’ils arrivent en finale, il y a une prime pour ça et s’ils remportent la médaille d’or, évidemment il y a une autre prime qui est prévue mais c’est à la discrétion des autorités. Un consensus a été trouvé pour ça et un courrier a été adressé à la fédération pour leur garantir sur cette situation parce qu’on n’avait même pas de référence et l’équipe olympique est mixte… Et donc, il fallait trouver l’encadrement réglementaire, nous l’avons réussi.

Nous avons obtenu du gouvernement pour que ces primes-là soient harmonisées avec l’encadrement d’appui et technique parce que ça faisait partie d’un des gros problèmes que nous avions où parfois les primes des joueurs sont différentes de celles de l’encadrement, cela créait énormément de soucis. Maintenant tout est harmonisé.

Nous avons mis en avant l’équipe, c’est-à-dire tous les acteurs qui participent à l’encadrement nécessaire.

Selon nos informations, des joueurs cadets de l’équipe syli scolaire n’auraient pas toujours reçu leurs primes, qu’en-est-il ?

Ce n’est pas eux seulement qui ne sont pas réglés. Je l’ai tantôt dit, la question des primes suit un processus administratif très long. Aujourd’hui, quand les équipes sont engagées dans des compétitions, les procédures commencent par la fédération, le ministère de la jeunesse et des sports, puis la Primature, après la Présidence, le ministère du budget, après celui de l’économie et des finances, puis le trésor et enfin la banque centrale. C’est un circuit qui prend aux bas mots quatre à cinq mois, d’autres voire même huit mois pour le faire.

Alors, ce que le ministère fait dans ces conditions, nous trouvons des partenaires qui nous anticipent pour les questions de billets, logement, hôtels, pour que nous puissions gérer ces dépenses en attendant, mais on ne peut pas demander à ces partenaires de préfinancer des primes. C’est pourquoi il faut suivre le processus normal. Et la solution que nous proposons c’est comment sortir de cette lourdeur administrative en trouvant un budget d’allocation spéciale. Nous sommes en train de travailler là-dessus sur la loi sur le sport avec des textes d’application pour que nous sortions de cette situation de lourdeur administrative par rapport aux primes. Nous y travaillons aussi pour que ces primes soient payées ici sur des comptes bancaires des athlètes, de tel sorte que nous ne soyons pas obligés de chercher des devises et aller leur payer de là où ils sont. C’est une méthode archaïque qu’il faut remplacer par la digitalisation.

Il faut qu’on soit clair là-dessus, on ne peut pas payer des primes si on n’a pas de cash. Pour les autres obligations, on peut faire recours aux partenaires mais les primes, on ne peut pas anticiper. C’est de l’argent qu’il faut payer, il faut donc suivre la procédure. Que ce soit donc les jeunes scolaires, les handballeurs, nous avons un tableau bien détaillé, et nous sommes en train de suivre la procédure. Ce n’est pas parce qu’il y a de l’argent et qu’on refuse de payer, non.

Entretien réalisé par Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 24 juillet 2024 09:11

Nous vous proposons aussi

TAGS

étiquettes: ,