« Je ne comprends rien du tout » : Le major national Abdoulaye Gamacé Loua dénonce « l’abandon » des autorités
L’amertume succède à l’excellence à N’Zérékoré. Abdoulaye Gamacé Loua, major national en chaudronnerie (session 2025), et son camarade Moïse Monemou, classé 10ème, ont décidé de briser le silence. Ces lauréats de la République se disent « oubliés » par l’État. Entre incompréhension familiale et absence de perspectives, ils interpellent le ministère de l’Enseignement Technique pour que leur mérite ne finisse pas dans l’anonymat des ateliers de quartier.
Abdoulaye Gamacé Loua, premier de la République option CAP Fabrication Ensemble Métallique APC, filière chaudronnerie, et son camarade Moïse Monemou, 10ème de la République dans la même filière, ont exprimé, ce mardi 03 mars 2026 dans la commune urbaine, leur incompréhension face à l’absence d’accompagnement après la proclamation des résultats.
Quelques mois après la publication officielle, les jeunes diplômés disent n’avoir reçu aucun appel, aucune communication, ni orientation claire concernant leur avenir professionnel.
Dans sa déclaration, Abdoulaye Gamacé Loua confie son désarroi : « Nous jeunes, nous avons laissé beaucoup de choses pour apprendre les métiers. Je me battais pour être le premier de la République et Dieu a fait grâce, je l’ai été. Mais jusqu’à présent, je ne comprends rien du tout. Je n’ai reçu aucun coup de fil, aucune communication nous concernant. »

Le jeune lauréat explique que cette situation suscite des interrogations au sein même de sa famille et de son entourage.
« La famille me demande souvent pourquoi je leur ai annoncé que j’ai été premier alors que je suis toujours là, sans suite. Quand on me voit passer, on m’indexe : “Voici le premier de la République.” Je voudrais connaître réellement quel est notre sort. »
Abdoulaye affirme vouloir poursuivre sa formation et renforcer ses compétences : « J’ai envie d’améliorer encore mes connaissances. Au moins que le gouvernement ou le ministère m’accompagne dans ce que j’ai appris pour me permettre d’avancer. Je me suis battu pour ça. »
Il indique également que certains lauréats, notamment des jeunes filles, auraient été appelés à Conakry dans le cadre d’une initiative en faveur de lauréats. Selon lui, une seule personne de leur promotion, classée quatrième de la République, aurait été conviée.
« Nous qui sommes devant, nous n’avons pas été appelés. Je n’ai pas pu suivre tout ce qui s’est passé là-bas à cause des problèmes de connexion. Aujourd’hui, j’interpelle le nouveau ministre afin qu’il puisse revoir la situation des résultats de l’examen de sortie session 2025. »
Moïse Monemou, 10ème de la République en chaudronnerie abonde dans le même sens. « Quand on se fixe un objectif, c’est de l’énergie qu’on fournit. Nous étions fiers du rang occupé. Les parents également étaient fiers. Mais aujourd’hui, nous sommes déçus. Nous pensions que le gouvernement allait faire quelque chose pour nous. »

Il rappelle que par le passé, certains lauréats bénéficiaient de bourses d’études, d’orientations vers des grandes écoles comme l’ENAM ou d’autres formes de récompenses. « Nous nous attendions à cela. Mais jusque-là, nous n’avons aucune information claire sur notre situation », déplore-t-il.
Pour Moïse, le développement de la Guinée repose largement sur la valorisation des métiers techniques. « En voyant la modernisation actuelle, on comprend que le développement est basé sur la technologie et les métiers professionnels. Le pays a besoin d’hommes de métier. S’il n’y a pas d’emploi immédiat, au moins qu’on nous appelle pour nous récompenser ou nous orienter. Nous sommes aussi les enfants du pays. »
À travers cette sortie médiatique, ces deux jeunes diplômés interpellent directement les autorités compétentes afin qu’une clarification soit apportée sur le sort réservé aux lauréats nationaux des filières techniques.
Dans une région où l’emploi des jeunes reste un défi majeur, leur témoignage met en lumière la nécessité d’un accompagnement structuré des meilleurs profils issus de l’enseignement technique et professionnel, afin d’éviter la démotivation et l’exode vers d’autres horizons.
En attendant une réaction officielle, Abdoulaye Gamacé Loua et Moïse Monemou espèrent que leur appel sera entendu, et que leur mérite académique ne restera pas sans suite.
Paul Foromo SAKOUVOGUI,
Correspondant Régional d’Africaguinee.com
En Guinée Forestière.
Tél : (00224) 628 80 17 43
Créé le 4 mars 2026 17:00Nous vous proposons aussi
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