Internet, FTTH, Wi-Fi zone : la FESATEL accuse l’ARPT et brandit la menace d’une grève (Entretien) 

CONAKRY- Alors que la qualité de la connexion Internet continue de susciter des critiques en Guinée, la Fédération syndicale autonome des postes et télécommunications (FESATEL) accuse L’Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications (ARPT) de freiner certaines activités liées au FTTH et au Wi-Fi zone. Son secrétaire général, Abdoulaye Barry, interrogé par Africaguinee.com ce jeudi 21 mai 2026, évoque des conséquences sociales importantes et n’exclut pas un mouvement de grève après les élections. 

AFRICAGUINEE.COM: Nous avons appris que la FESATEL menace d’aller en grève. Pour quelles raisons ?

ABDOULAYE BARRY : Oui, effectivement. Cette menace est liée à la question des restrictions de l’Internet, notamment autour du FTTH (Fiber To The Home) et de certaines limitations imposées sur la diffusion des services Internet.

Aujourd’hui, la mauvaise qualité des réseaux et les restrictions constatées menacent des emplois dans le secteur. Selon nous, l’ARPT impose des limitations sur les services FTTH, ce qui a des conséquences sur les opérateurs et les travailleurs du domaine.

Vous avez des preuves de cette situation ?

Ce n’est pas seulement une question de preuves, c’est aussi une question de connaissance du secteur. Je vais vous donner un exemple : si vous avez une seule route pour aller en ville, il y aura forcément des embouteillages. Mais lorsqu’il y a plusieurs routes, la circulation devient plus fluide.

C’est la même chose pour Internet. Si les opérateurs avaient la possibilité de fournir l’Internet à travers plusieurs canaux ou infrastructures, cela permettrait de décongestionner le réseau et d’améliorer la qualité des services.

Aujourd’hui, les opérateurs sont empêchés, selon nous, de développer l’Internet à travers les ménages, ce qu’on appelle le FTTH. Et récemment encore, le Wi-Fi zone a été bloqué.

Qu’entendez-vous par “Wi-Fi zone” ?

Le Wi-Fi zone représente aujourd’hui une source d’emploi pour de nombreux jeunes au chômage. Ces jeunes achètent de la bande passante auprès des opérateurs, paient les taxes nécessaires, puis redistribuent le signal Internet dans leurs quartiers.

Ils peuvent vendre des connexions à 5 000 ou 10 000 francs guinéens par jour, ce qui leur permet de gagner leur vie. Derrière cette activité, il y a donc des emplois et des familles qui vivent de cela.

Ces jeunes sont affiliés chez nous. Nous ne pouvons pas rester sans réagir si leurs activités sont brutalement arrêtées.

Est-ce que cela ne constitue pas une fraude ?

Lorsqu’il s’agit de Starlink, oui, cela peut être considéré comme une fraude puisque ce service n’est pas encore officiellement autorisé en Guinée.

En revanche, ceux qui achètent légalement de la connexion auprès des fournisseurs d’accès internationaux ne sont pas dans l’illégalité. La loi L/018, notamment en ses articles 57 et 58, prévoit ce qu’on appelle le régime déclaratif. Ce régime précise les conditions et les pièces requises, après quoi l’ARPT délivre un récépissé tenant lieu d’autorisation.

Donc, dans ce cas précis, il ne s’agit pas de fraude.

Il existe certes des personnes qui utilisent Starlink sans cadre légal reconnu par les textes actuels, et celles-ci sont dans l’irrégularité. Mais les membres affiliés à notre structure ne sont pas concernés par cette pratique.

Votre menace de grève est-elle réelle ou s’agit-il simplement de montrer que la FESATEL existe ?

Non, la menace est réelle. Mais nous sommes actuellement en période électorale. Nous avons été clairs là-dessus : nous ne comptons pas lancer un mouvement de grève pendant cette période.

Nous avons indiqué lors de notre assemblée générale que nous attendrons la fin du processus électoral. Ensuite, une décision sera prise en fonction de l’évolution du dialogue social et des éventuelles améliorations qui seront constatées.

Entretien réalisé par Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com

Créé le 22 mai 2026 07:36

Nous vous proposons aussi

TAGS

étiquettes: , ,