Interdiction des taxis motos à Kaloum : L’autre facette d’une mesure qui fait l’affaire de certains policiers « mercantiles »
CONAKRY-Suite à l’interdiction d’accès et de circulation des taxis motos à Kaloum en juin dernier, le commissariat spécial de la sécurité routière a saisi plus de 300 motos dans le centre-ville. Les contrevenants à ces mesures d’interdiction ont été conduits à la fourrière, ensuite verbalisés par la police.
Mais malgré ces contrôles, certains continuent d’exercer leur activité dans la clandestinité dans le centre administratif et des affaires de la capitale. Qu’est-ce qui favorise cela ? S’agit-il d’un laxisme ou d’une complicité ? Selon une enquête menée par un reporter d’Africaguinee.com auprès de certains conducteurs de motos à Kaloum, certaines motos qui circulent dans le centre-ville appartiendraient à des policiers ou des hommes en uniforme. Si ce n’est pas le cas, le conducteur verse une commission à un policier qui le couvre, en cas de pépins.
« Actuellement, les conducteurs de mototaxi traversent une situation très difficile à Kaloum. Mais ce qui est déplorable dans tout ça, c’est le deux poids deux mesures. On interdit aux uns de venir travailler, on permet aux autres d’exercer l’activité. La plupart de ces motos qui circulent appartiennent à des policiers ou à des hommes en uniforme. Si ce n’est pas ça, vous donnez quelque chose à un policier qui va se charger de vous protéger. Il y a un troisième groupe qui exerce dans la clandestinité en profitant pendant les heures de pointe, le matin ou le soir tout en évitant les policiers », explique ce conducteur de mototaxi.

Un autre abonde dans le même sens. « Bien qu’il y a l’interdiction, il y a d’autres motards qui travaillent tranquillement (à Kaloum) parce qu’ils travaillent pour certains policiers. Même lorsqu’on les prend dans la circulation, ils ne paient rien, on les libère. Par contre nous qui n’avons pas ces soutiens, c’est difficile. Lorsqu’on nous arrête, on nous verbalise avec un montant. Mais avec le courage, on fonce pour pouvoir subvenir à nos besoins. Ceux qui travaillent pour des policiers ou qui paient des commissions, ils n’ont pas de problèmes », témoigne cet autre conducteur de mototaxi.
Ces témoignages corroborent avec d’autres recueillis auprès de motards à Kaloum. Interpellé à ce sujet, le colonel Mory Kaba, porte-parole de la police nationale a déploré ce comportement et a annoncé des mesures.
« Je vais porter le problème à l’attention de la hiérarchie parce que personne n’est au-dessus de la loi. Et la mesure s’applique à tout le monde. Elle n’est pas contre une catégorie de personnes. Maintenant, si une catégorie de personnes sabote le travail demandé par le président de la République et que des gens se rendent complice du sabotage du travail de l’État parce qu’ils ont des intérêts, cet intérêt non seulement on va le couper mais on va les obliger à se conformer à la loi. Si on dit que les mototaxis sont interdites à Kaloum, ce sont toutes les mototaxis qui sont interdites à Kaloum. Ce n’est pas la moto du colonel Mory, ce n’est pas la moto du directeur général, ce n’est pas la moto du ministre même qui pourrait circuler. Il y a une interdiction pour tout le monde« , a-t-il dit
Mamadou Yaya Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 10 juillet 2024 18:54Nous vous proposons aussi
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