Indice mondial de la paix : la Guinée progresse dans le classement 2025
La Guinée a amélioré de manière substantielle son niveau de stabilité selon l’Indice mondial de la paix (IPG). Cet organisme vient de publier la 19ᵉ édition de son rapport, qui classe 163 États et territoires indépendants selon leur niveau de paix et couvre 99,7 % de la population mondiale. Ce rapport est produit par l’Institute for Economics & Peace (IEP), à travers l’IPG, la principale mesure mondiale de la paix.

Ce document présente l’analyse la plus complète à ce jour sur les tendances en matière de paix, sa valeur économique et les moyens de développer des sociétés pacifiques. Il repose sur 23 indicateurs qualitatifs et quantitatifs répartis en trois domaines : le niveau de sécurité et de sûreté sociétales, l’ampleur des conflits nationaux et internationaux en cours, et le degré de militarisation.
L’Afrique subsaharienne en recul
Selon le rapport, l’Afrique subsaharienne a enregistré une détérioration globale de la paix, le score moyen de la région ayant reculé de 0,17 % au cours de l’année écoulée. La moitié des pays de la région ont amélioré leur niveau de paix, tandis que l’autre moitié a connu une dégradation.
Trois des dix pays les moins pacifiques du monde se trouvent en Afrique subsaharienne. La région reste confrontée à de multiples crises sécuritaires, notamment la montée des troubles politiques et du terrorisme dans le Sahel central. Le Burkina Faso affiche l’impact du terrorisme le plus élevé au monde, et six des dix pays les plus touchés par le terrorisme se situent dans cette région.
Au cours des cinq dernières années, 36 des 44 pays d’Afrique subsaharienne ont été impliqués, à un degré ou à un autre, dans au moins un conflit extérieur.
L’île Maurice demeure le pays le plus pacifique d’Afrique subsaharienne pour la 18ᵉ année consécutive, malgré une légère détérioration de 1,5 % liée à la militarisation et à la sécurité. Elle reste aussi le seul pays de la région à n’avoir été impliqué dans aucun conflit interne ou externe depuis six ans.
À l’opposé, la République démocratique du Congo (RDC) est le pays le moins pacifique de la région et figure parmi les cinq pays les moins pacifiques du monde selon l’IPG 2025.
L’Ouganda, quant à lui, a enregistré la plus forte amélioration régionale grâce à des progrès dans les trois domaines. Le niveau de militarisation s’est amélioré de 11,7 %, la plus forte progression observée. Les décès liés aux conflits internes ont fortement baissé : 74 en 2023 contre 4 en 2024, une évolution attribuée à l’intensification des opérations du ministère ougandais de la Défense contre les Forces démocratiques alliées (ADF).
Et la Guinée ?

Selon le rapport, la République de Guinée se classe 118ᵉ au niveau mondial avec un score de 2,253, soit une amélioration de six places par rapport à l’année précédente.
En Afrique subsaharienne, la Guinée occupe la 25ᵉ position, avec une progression de 0,051 point, selon l’IPG. Dans la région, l’île Maurice conserve la première place. Le Top 10 est largement dominé par les pays d’Afrique de l’Ouest : la Mauritanie, la Gambie, le Sénégal, la Sierra Leone, le Ghana et le Libéria.
Déclin mondial de la paix
Le rapport 2025 révèle que la paix mondiale continue de se dégrader. De nombreux facteurs menant aux grands conflits atteignent désormais leur plus haut niveau depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. De plus en plus de pays augmentent leurs dépenses militaires dans un contexte de tensions géopolitiques accrues, de multiplication des conflits, d’affaiblissement des alliances traditionnelles et d’incertitude économique.
On recense actuellement 59 conflits étatiques actifs, soit le nombre le plus élevé depuis 1945 et trois de plus que l’année précédente. En 2024, 17 pays ont enregistré plus de 1 000 décès liés à des conflits. Le taux de résolution de ces conflits est au plus bas depuis 50 ans : les guerres se soldant par une victoire décisive sont passées de 49 % dans les années 1970 à seulement 9 % dans les années 2010, tandis que celles conclues par un accord de paix ont chuté de 23 % à 4 %.
Les conflits sont également de plus en plus internationalisés, impliquant 78 pays engagés au-delà de leurs frontières. Parallèlement, la tendance à la baisse de la militarisation, observée depuis près de deux décennies, s’est inversée : 106 pays ont vu leur situation se détériorer dans ce domaine au cours des deux dernières années.
Classement mondial

Le niveau moyen de paix dans le monde s’est détérioré de 0,36 % en 2025, marquant la 13ᵉ baisse en 17 ans.
L’Islande reste le pays le plus pacifique du monde, suivie par l’Irlande, l’Autriche, la Nouvelle-Zélande et la Suisse. À l’opposé, la Russie devient pour la première fois le pays le moins pacifique, suivie de l’Ukraine, du Soudan, de la RDC et du Yémen.
L’Europe occidentale et centrale demeure la région la plus pacifique, abritant huit des dix pays les mieux classés, bien que son niveau de paix ait décliné ces quatre dernières années. La région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) reste la moins pacifique du globe.
L’Asie du Sud se positionne comme la deuxième région la moins pacifique, en raison notamment des mesures répressives au Bangladesh et des tensions internes et transfrontalières au Pakistan. À l’inverse, l’Amérique du Sud est la seule région à avoir enregistré une amélioration notable, notamment au Pérou et en Argentine après des transitions politiques récentes.
Tendances structurelles
Le rapport souligne une fragmentation géopolitique croissante, une baisse de l’intégration mondiale (économique, commerciale et diplomatique) et un ralentissement du commerce mondial, dont la part du PIB stagne à environ 60 %.
Les pays en développement consacrent en moyenne 42 % de leurs recettes publiques au service de la dette, la Chine étant le principal créancier.
Les dépenses de consolidation et de maintien de la paix ne représentent plus que 0,52 % des dépenses militaires totales, contre 0,83 % il y a dix ans. Le nombre de troupes de maintien de la paix a diminué de 42 % en une décennie, alors même que le nombre de conflits augmente.
Depuis 2022, tous les États dotés de l’arme nucléaire ont maintenu ou accru leur arsenal, tandis que la course aux armements technologiques — notamment les drones et les systèmes anti-espace — s’intensifie.
Le monde entre ainsi dans une ère de « fragmentation du pouvoir mondial », marquée par la montée des puissances régionales et le déclin relatif des grandes puissances traditionnelles.
Coût économique de la violence
L’impact économique de la violence sur l’économie mondiale en 2024 est estimé à 19 970 milliards de dollars PPA, soit 11,6 % du PIB mondial, ou encore 2 446 dollars par personne. Les dépenses militaires et de sécurité intérieure représentent plus de 74 % de ce montant.
La paix positive comme solution
Le rapport avertit que l’ordre international approche d’un point de basculement, caractérisé par la fragmentation économique, le réarmement accéléré et la multiplication des sphères d’influence.
Pour instaurer une paix durable, l’IEP met en avant la notion de paix positive, fondée sur les attitudes, institutions et structures qui favorisent la cohésion sociale et la résilience économique. Après une décennie de progrès, les niveaux de paix positive sont en déclin depuis 2019, notamment en Amérique du Nord et en Europe. Sans investissements soutenus dans la consolidation de la paix, une nouvelle détérioration mondiale semble inévitable.
Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 23 octobre 2025 07:53Nous vous proposons aussi
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