Incident à bord d’Air France à destination de Conakry: un passager guinéen explique ce qui s’est « réellement passé »

Un vol de la compagnie Air France

Un incident s’est produit à bord d’un avion d’Air France à destination de Conakry ce week-end. Du feu a été constaté dans l’appareil alors qu’il se trouvait à moins d’une heure de son atterrissage à l’aéroport international Ahmed Sékou Touré de Conakry. Il n’y a pas eu de blessés ni des dégâts matériels importants, nous apprend-on.

Selon Hamed Camara, journaliste et passager qui était à bord de l’avion, l’incident serait parti d’un feu provoqué par une cigarette électronique qu’un des passagers tentait d’utiliser.

« Je pense que c’était une cigarette électronique qui a pris feu sur un siège. Il a donc fallu l’intervention très rapide du personnel navigant de cabine (PNC). Ils ont été obligés d’utiliser l’extincteur qui se trouvait dans l’avion pour éteindre rapidement le feu. Ils ont réussi à maîtriser l’incendie. Ensuite, ils sont revenus avec de l’eau, car ils avaient récupéré la cigarette électronique qui continuait à se consumer. Ils l’ont mise dans des sacs de congélation – je ne sais pas si vous connaissez – puis ils ont versé du liquide dessus et l’ont scellée. Comme ils l’ont indiqué, il n’y a pas eu de blessés », explique-t-il au micro d’Africaguinee.com ce dimanche 11 janvier 2026.

« C’est vrai que lorsqu’on apprend en plein vol qu’il y a un incendie quelque part, cela peut provoquer de la panique, surtout quand les gens ne savent pas d’où cela vient. Il fallait donc aller vérifier pour savoir exactement ce qui se passait. On demandait aux passagers de ne pas venir vers l’avant de l’avion, car l’incident se situait dans cette zone, afin d’éviter des scènes de panique et de ne pas gêner le personnel qui tentait d’éteindre le feu. Franchement, les gens ont coopéré et tout s’est très vite passé. Le vol a ensuite continué son parcours sans problème, sans autre incident. Il n’y a pas eu de blessés. 

Après, les passagers ont repris leur place, même ceux qui étaient assis à proximité, et nous avons procédé à l’atterrissage », témoigne Hamed Camara, sur un ton rassurant.

Selon notre interlocuteur, l’incident se serait produit aux environs de 20 heures.

« Parce qu’on était à environ quarante minutes de l’atterrissage. Je pense que nous étions déjà dans le processus de descente. Cela devait être aux environs de 20 heures et quelques », a-t-il précisé.

Hamed Camara indique que l’incident est même passé inaperçu pour certains voyageurs à bord de l’avion, tandis que ceux qui étaient au courant ont fait preuve de retenue et de maturité.

« Il faut reconnaître aussi que, franchement, les passagers ne se sont pas affolés. J’ai remarqué que beaucoup sont restés à leur place. Moi, en tant que journaliste, je me suis quand même levé pour observer ce qui se passait. Comme je ne savais pas exactement ce qui brûlait, une fois l’avion atterri, je suis allé rencontrer le commandant de bord et la responsable de cabine pour avoir la vraie version.

Je leur ai posé la question afin de savoir exactement ce qui était à l’origine du feu. J’ai moi-même aperçu la cigarette électronique, déjà scellée, placée dans de l’eau à l’intérieur d’un sac de congélation.

Il faut dire que les passagers ont fait preuve de maturité. Les gens ne se sont pas affolés. C’est vrai que lorsqu’on apprend qu’il y a un feu dans un avion, c’est une situation que tout le monde redoute. Mais, pour moi, cela ne m’a pas paniqué. Je viens des États-Unis jusqu’à Conakry, et aux États-Unis, on entend très souvent parler de ce genre de cas dans les avions. C’est la première fois que je le vois de mes propres yeux, même si j’en ai beaucoup entendu parler et que je l’ai vu à la télévision. Honnêtement, si c’était un moteur, ce serait autre chose. Mais un feu qui se déclare sur un fauteuil est plus facile à circonscrire. Le personnel a fait preuve de professionnalisme et chacun a agi avec maturité », a-t-il ajouté.

À la question de savoir si la personne à l’origine de l’incident a été interpellée, verbalement ou autrement, notre confrère indique ne pas s’y être intéressé. Toujours est-il que, selon nos recherches sur internet, il est possible d’emporter sa cigarette électronique lors d’un déplacement en avion.

En effet, l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI) autorise les vapoteurs à transporter leur matériel lors de leurs déplacements. « Il est cependant indispensable, depuis 2016, de prendre certaines précautions afin d’éviter les accidents et les sanctions prévues par la loi », souligne l’organisation.

Selon la même source, le transport d’une vapoteuse, s’il est mal effectué, peut provoquer une explosion ou un incendie.

« Le stockage d’un accu dans la soute de l’avion est par exemple interdit. Celui-ci peut effectivement être à l’origine d’un incendie et de divers autres problèmes », ajoute l’OACI.

De même, il est essentiel que les accus :

  • soient conservés dans une pochette ou un boîtier conçu à cet effet ;
  • soient rangés dans un bagage à main ;
  • soient placés en cabine avec leur propriétaire afin que celui-ci puisse les surveiller.

« Il faut toutefois faire attention, car l’autorisation d’emporter les composantes de la vapoteuse en cabine ne signifie pas qu’il est permis de les utiliser à bord. Elle ne signifie pas non plus que l’on peut transporter autant de batteries que l’on souhaite« , précise L’OACI.

Air France n’a pour le moment pas fait de communication sur cet incident.

 

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 11 janvier 2026 19:44

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