Incendie à la plage de Rogbanè : « Nous avions reçu des menaces répétées… », révèlent des victimes

CONAKRY- Suite à l’incendie qui a ravagé la plage de Rogbanè ce matin, causant la mort d’un jeune homme et d’importants dégâts matériels, plusieurs victimes évoquent des menaces reçues avant le drame. Ces témoignages, sans établir de lien formel, orientent néanmoins les soupçons vers une origine non accidentelle du sinistre, tandis qu’une enquête a été ouverte par les autorités.

Selon les premières constatations, plusieurs bars, restaurants, espaces de loisirs et installations récemment aménagées ont été entièrement ravagés par les flammes. Le feu, qui se serait propagé en moins de cinq minutes, a finalement été maîtrisé grâce à l’intervention des sapeurs-pompiers, évitant ainsi une extension encore plus dramatique vers les zones avoisinantes.

Des victimes dévastées

Parmi les concessionnaires touchés, Madame Diallo Mariame Camara peine à contenir son émotion. Propriétaire d’un site exploité depuis six ans, elle affirme avoir tout perdu :« Mon investissement de six ans est parti en fumée. J’avais contracté des prêts bancaires pour travailler dignement. J’employais huit personnes. Aujourd’hui, je ne peux même pas estimer le montant total des pertes. »

Elle lance un appel pressant aux autorités et aux personnes de bonne volonté pour venir en aide aux victimes, désormais sans moyens de subsistance.

Même détresse pour Marie-Louise Touré, qui n’était pas présente la veille du drame :« À mon arrivée ce matin, il ne restait absolument rien. Tout a disparu. Ce projet nous tenait à cœur et permettait d’employer de nombreux jeunes. La perte est immense, bien au-delà du matériel. »

Soupçons d’incendie criminel

Pour Condé Idrissa, l’un des gérants de la plage Rogbanè, le doute n’est pas permis. Il évoque clairement la piste d’un acte criminel, affirmant que des menaces avaient été proférées bien avant l’incendie :« Nous avions reçu des menaces répétées de la part d’un groupe de jeunes installés à l’entrée du site. Des plaintes avaient déjà été déposées. Aujourd’hui, plus de vingt-cinq stands ont été incendiés alors qu’il n’y avait même pas de courant électrique. »,a-t-il affirmé 

Il déplore également la mort de Thierno Amadou Barry, un jeune qui se trouvait dans l’un des stands au moment du sinistre et qui n’a pas survécu.

Les autorités promettent des investigations approfondies

Présent sur les lieux, le maire de la commune de Ratoma, Ahmed Sékou Traoré, a confirmé la gravité de l’incendie et la perte d’une vie humaine :« Il s’agit d’un incendie majeur. Nous déplorons profondément ce drame. Une enquête a été immédiatement ouverte afin de déterminer l’origine exacte du feu. »

Il a précisé que plusieurs services, notamment la police, la gendarmerie et le service du tourisme, sont mobilisés pour mener des investigations approfondies. La plage a été fermée de manière hermétique afin de permettre aux enquêteurs de travailler dans les normes et d’éviter toute perturbation.

Un drame aux lourdes conséquences sociales

Au-delà des pertes matérielles, évaluées à plusieurs milliards de francs guinéens, cet incendie plonge de nombreuses familles dans l’incertitude. Femmes entrepreneures, jeunes employés et pères de famille se retrouvent sans activité du jour au lendemain.Les autorités locales ont présenté leurs condoléances à la famille de la victime décédée et assuré que toute la lumière sera faite sur ce drame afin que les responsabilités soient situées et que justice soit rendue.

Mamadou Yaya Bah 

Pour Africaguinee.com 

 

Créé le 7 janvier 2026 14:00

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