Immersion à Zébéla, village de Claude Pivi : Accusé d’avoir filé Coplan, Moïse Pivi brise le silence…
MACENTA-Nous sommes à Zébéla, village natal de Claude Pivi alias Coplan, ancien ministre de la sécurité présidentielle du temps du CNDD et du régime du président Alpha Condé. Poursuivi dans le cadre des exactions commises au stade du 28 septembre 2009, l’officier désormais radié de l’armée guinéenne était incarcéré à la maison centrale de Conakry avant de s’évader le 04 novembre 2023 à la suite d’une attaque perpétrée par un commando.
Sa tête avait été mise à prix contre 500.000.000 Gnf par l’ex ministre de la justice, Alphonse Charles Wright. Au terme du procès des douloureux évènements, Claude Pivi a été condamné à la prison à perpétuité avec une période de sûreté de 25 ans pour crime contre l’humanité par le tribunal criminel de Dixinn dans un verdict rendu le 31 juillet passé. Le mardi 17 septembre 2024, il a été arrêté au Libéria par la police de ce pays voisin alors qu’il suivait un traitement à l’indigénat apprend-t-on. Il a ensuite été extradé sous forte escorte vers la Guinée.

Depuis son arrestation, des informations accusant l’actuel président de la délégation spéciale de Zébéla d’être celui qui a donné des informations sur la destination et la position exacte de Coplan sont devenues virales sur les réseaux sociaux. Sur la toile, des publications, des vidéos et des messages circulent avec la photo de Moïse Pivi l’accusant d’être le principal acteur qui aurait permis aux autorités d’interpeller Claude Pivi.
A la suite de ces spéculations qui ont pris de l’ampleur sur les réseaux sociaux, notre équipe basée dans la région de N’Nzérékoré, s’est rendue à Zébéla à la rencontre de Moïse Pivi, le principal concerné. Interrogé, le président de la délégation spéciale de cette commune rurale est revenu sur cette information qui, selon lui, surprend à plus d’un titre.
« Je venais de Bayima, quand j’ai reçu des appels, m’informant que mes images étaient publiées. J’ai demandé s’il y a une preuve, si quelqu’un peut dire qu’il était là à côté avec des preuves ? Si oui, on saura ce qu’on fera devant le tribunal », introduit-il avant de continuer.
‘’Quand les gens sont prêts à te salir, seul Dieu peut te sauver. Sinon je ne connais rien de ce que les gens disent. Pour ton information, la personne qui a été la source de cette fausse information m’a déjà présenté ses excuses. On lui a demandé de passer dans des districts pour démentir l’information. Même sur ma photo, je ne connais pas celui qui l’a fait parvenir sur Facebook. Mais Dieu lui, il connaît. Donc je m’en remets à Dieu. Je suis Pivi, je ne peux jamais trahir ou me mêler de quoi que ce soit qui n’est pas sur mon chemin. Sur les réseaux sociaux, les gens ont publié des choses pour annoncer qu’on m’a tué et que ma maison a été incendiée. Mais Dieu merci, je suis vivant. Je suis petit par rapport à ça. Comment puis-je faire ça ? J’ai quel intérêt à y gagner’’, s’interroge Moïse Pivi, président de la délégation spéciale de Zebela.

Celui que plusieurs personnes qualifient de traitre dans l’affaire d’interpellation de Claude Pivi, revient sur la genèse de ces spéculations. Selon lui, tout serait parti de la composition des membres de la délégation spéciale de Zébéla.
« Tout a commencé à Zébéla ici, les escrocs disant que s’ils ont nommé Moïse, il y a une cause. Moi je ne connais pas cette cause, ce sont eux qui la connaissent ; c’est pourquoi je vous dis que je suis petit dans cette affaire. L’information est partie sur les réseaux sociaux disant qu’ils ont tué Moïse, avec sa famille, ils ont cassé sa maison. Grâce à Dieu, je suis vivant. Je ne sais pas aujourd’hui ni demain. Je suis innocent dans cette affaire. Sinon (le Président) Doumbouya ne me connait pas, je ne le connais pas non plus. Je vois sa photo. C’est la société civile qui a donné mon nom à Macenta pour la délégation spéciale. Cette affaire m’a beaucoup découragé du fait que mon nom est cité pour quelque chose que je ne connais pas. Mais comme Dieu est grandeur. On lui donne tout « , soutient Moïse Pivi.
Qui est à l’origine de la publication de cette information sur les réseaux sociaux ?
‘’La personne qui est à la base de cette publication, c’est son habitude. Elle l’a fait à plusieurs personnes. Si elle était en Guinée ici, dès ce jour, j’étais prêt à rentrer où elle était. Mais la distance. J’ai été accusé par quelqu’un ici qui m’a déjà demandé pardon’’, répond le président de la délégation spéciale de Zébéla.

Au moment des faits, Moïse Pivi et sa famille avaient été escortés par un pickup des forces de l’ordre pour Macenta. Le concerné explique ce déplacement par peur d’être la cible d’attaque suite aux spéculations qui avaient envahi la toile.
« J’ai été à Macenta, lorsqu’ils ont publié ma photo. Je ne savais pas quoi faire. Les gens me disaient aujourd’hui ils vont te tuer à Zébéla. J’ai dit si je suis innocent, Dieu va m’aider. C’est pourquoi je suis venu chez moi. Ce sont des gens qui m’ont appelé disant qu’on a appris qu’ils vous ont tué, j’ai dit non je suis vivant. C’est comme ça que le préfet a envoyé un pickup pour nous transporter à Macenta avec la famille. Nous y avons passé une nuit, une journée. Le lendemain, les citoyens m’ont appelé pour savoir si j’avais porté plainte, j’ai dit non. On m’a dit de retourner à Zebela pour voir comment on pouvait résoudre le problème. On s’est retournés devant tout le monde au village, le vieux a pris la parole pour dire qu’on m’accusait à tort. Il m’a demandé de lui pardonner j’ai accepté puisque des choses comme celles-ci n’arrivent qu’aux vivants. En retour j’ai demandé à ce que mon honneur soit lavé. Donc une commission a été mise en place pour sillonner les différentes localités ici, pour annoncer que ce n’était pas vrai », explique Moïse Pivi, avant d’exprimer ses inquiétudes.

‘’J’ai des inquiétudes. Les gens parlent mal de moi sans me connaître. Chaque fois, des personnes m’appellent, mais comme Dieu est grandeur, je me confie à lui. Je sais que je n’ai rien fait. Ça m’a mis mal à l’aise. Parce que je suis guinéen, j’aime tous les guinéens. Je suis en commun accord avec les gens de Zébéla, sauf celui qui ne m’aime pas. Je veux la paix en Guinée, à Zébéla. Les gens parlent du bien et du mal de moi, mais dans tout cela, seul Dieu peut juger’’, conclut-il.

De retour de Zébéla,
SAKOUVOGUI Paul Foromo
Correspondant Régional d’Africaguinee.com
A Nzérékoré.
Tél. (00224) 628 80 17 43
Créé le 30 septembre 2024 07:08Nous vous proposons aussi
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