« Ils l’ont prise de force sur son canapé »: Argent, jus, eau et cagoules…le récit de l’enlèvement de la mère de Tibou Camara

DINGUIRAYE – Dans quelles circonstances la mère de l’ancien ministre Tibou Kamara et sa sœur aînée ont-elles été enlevées mardi soir à Dinguiraye ? Africaguinee.com à travers son correspondant dans la région a recueilli le témoignage de Madame Camara Hasmaou, homonyme de la maman de l’ex ministre. Présente au moment des faits, elle revient sur les circonstances de cet enlèvement qui a créé une onde choc dans la cité d’Elhadj Oumar Tall.

Une traque méthodique en plein centre-ville

« C’était hier, aux environs de 20h45, pendant que toute la famille était à la prière. Nous avons reçu des « visiteurs ».

Plus tôt, vers 18h, certains citoyens étaient venus nous informer que des voitures circulaient en ville à notre recherche : deux Toyota Land Cruiser et un pick-up, tous de couleur noire, avec des hommes cagoulés à bord. Ils faisaient le tour de la ville à la recherche du domicile de l’ex-ministre Tibou Camara. Arrivés au niveau du marché, quelqu’un les a orientés, car leur point de repère était l’ancien poste de police, notre concession étant contiguë à celui-ci et dotée d’un portail noir.

Distribution d’argent et intimidation

Vers 20h, deux personnes vêtues de noir et cagoulées sont entrées. En arrivant, elles ont trouvé les enfants dans la cour. Ces hommes tenaient des casiers de jus et des bouteilles d’eau minérale sous la main (trois casiers de chaque). Ils ont commencé à distribuer de l’argent aux enfants — certains ont reçu 5 000 GNF, d’autres 10 000 ou 20 000 GNF. Ils ont déposé deux casiers de jus et trois casiers d’eau dans la maison, tout en demandant aux enfants de se calmer. Puis, les deux hommes sont ressortis.

Quelques secondes plus tard, les deux véhicules 4×4 sont venus se garer devant la cour. Ce sont eux-mêmes qui ont ouvert le portail pour faire entrer les véhicules. Dès leur entrée, ils ont foncé vers le bas de la concession. Il y avait un vieux monsieur ici, très âgé ; ils ont braqué la lumière sur lui. Les assaillants échangeaient entre eux : certains parlaient soussou, d’autres malinké ou français. Ils ont dit : « Non, ce n’est pas celui qu’on cherche, venez, montons par là, à l’étage« .

Enlevées de force sous les yeux de la famille

Là-haut, ils ont trouvé mon homonyme, Hadja Hasmaou Diallo, la mère de l’ex-ministre Tibou, couchée sur un canapé. Ils lui ont demandé de sortir pour « saluer un hôte ». Elle a refusé en demandant : « Mais qu’est-ce que vous faites ici ? ». De discussion en discussion, comme la maman n’acceptait pas de les suivre, ils l’ont finalement enlevée de force pour la faire monter dans l’un des véhicules.

Hadja Hasmaou Diallo

Ils l’ont ensuite intimidée pour qu’elle donne la position de sa fille aînée, Hadja Binta Kamara, âgée de plus de 50 ans et souffrante. Après avoir indiqué sa chambre, ils sont allés la chercher pour l’embarquer également dans le même véhicule. Ils sont partis vers une destination inconnue.

Silence radio

Depuis hier, nous tentons d’appeler le numéro de sa fille : le téléphone passe, mais personne ne décroche. Le téléphone de la vieille dame, quant à lui, est resté ici avec nous. »

Depuis l’enlèvement, la famille est plongée dans l’angoisse. Si le téléphone de la maman est resté sur place, celui de sa fille Binta sonne dans le vide. Personne ne répond.

À cette heure, l’identité des ravisseurs et les raisons de cet acte restent inconnues. Les autorités locales n’ont pas encore communiqué officiellement sur cette affaire qui crée une onde de choc à Dinguiraye.

Nous y reviendrons!

Alpha Amadou BARRY

Correspondant régional d’Africaguinee.com basé à Faranah 

Créé le 4 mars 2026 18:49

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