Il y a 66 ans, la Guinée disait « NON » à la France : Le sens d’un vote historique gravé dans les annales…

CONAKRY-Il y a tout juste 66 ans, la Guinée disait « NON » au colon français ! A travers le vote historique du 28 septembre 1958, la Guinée est devenue le premier pays de l’Afrique subsaharienne à accéder à son indépendance.

Ce “NON” au référendum instituant une communauté franco-africaine, proposée par le général de Gaulle, président français a été un catalyseur pour le pays dirigé à l’époque par Ahmed Sékou Touré, d’accéder à sa souveraineté nationale. (Image d’archive AFP).

Sékou Touré, premier président de la Guinée
Sékou Touré, premier président de la Guinée

Qu’est-ce qui a occasionné ce vote ? Pour quels intérêts ? Quel est sa portée ? Africaguinee.com a interrogé des témoins de cette époque de cette page de l’histoire contemporaine de la Guinée.

Le parti démocratique de Guinée a toujours été démocratique. Il n’a rien imposé au peuple. Tout doit être décidé par le peuple et sur la base de ses propres intérêts. On a dit Non, c’est à la continuation de la domination coloniale purement et simplement. Le gouvernement de la loi cadre comprenait à travers ses douze membres que les cadres du PDG, exclusivement. Il était donc normal au référendum du 28 septembre 1958 que la Guinée devienne indépendante. Surtout qu’entre-temps les autres partis politiques qui n’étaient que minoritaires depuis longtemps en Guinée, ont rejoint le PDG avec l’idée qu’il ne sera pas enregistré dans l’histoire que par rapport à la libération de la Guinée, ils étaient en reste. Donc, ces partis, à travers leurs leaders, se sont mis à la disposition du PDG pour faire voter le NON”, se souvient le sociologue Ismaël Condé.

Pr. Ismael Condé

Après le vote du 28 septembre 1958, le NON a remporté à 96% contre 4% pour le OUI. Ce qui a conduit inéluctablement le pays à son indépendance, le 2 octobre de la même année. Deux ans après, plusieurs autres pays d’Afrique francophone ont suivi l’exemple de la Guinée.

Le stratagème de l’armée guinéenne ou le vote blanc en faveur du NON

L’armée guinéenne, militant en faveur du NON au référendum, a mis en place un stratagème tacitement, ayant conduit au vote “blanc”, d’après Madifing Diané, ancien ministre de la Sécurité et de la protection civile, aussi témoin de l’indépendance.

On avait dans cette armée, des officiers qui n’ont pas fait de grandes études, mais des officiers très intelligents. Il y avait un militaire de grande qualité : Toya Condé. Il était à l’époque adjudant. Il avait de la voix, il était reconnu. Il était intelligent. Pour échapper à ces colons, il dit : donnons-leur l’impression que nous allons tous voter oui, à la proposition qui est faite à la Guinée, tout en leur donnant l’assurance qu’il en sera de même dans les autres unités du camp. La France est restée satisfaite de cette situation”, rappelle l’ancien ministre.

Elhadj Madifing Diané, Gouverneur de la région administrative de Labé
Elhadj Madifing Diané, image d’archive

Quand le vote a été confirmé pour le 28 septembre, dira-t-il ensuite, “les mêmes, avec les commissions de base, sont allés dire, on va vers l’indépendance. “An kaminfö (ce qu’on a dit, en langue maninkan)”. La Guinée ne veut plus de ça. La Guinée veut son indépendance. Et ça a été ainsi. Et le peuple a été protégé dans son vote. Partout, dans tous les cercles de l’époque, l’armée était là pour veiller sur sa population. Cela atteste que l’armée a souhaité l’indépendance de la Guinée avant même le 28 septembre”, confie Madifing Diané.

 

Dansa Camara DC 

Pour Africaguinee.com

Créé le 28 septembre 2024 07:46

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