« Il ne faudrait pas qu’on nous envoie un novice »: Aboubacar Soumah exprime ses attentes vis-à-vis du futur Gouvernement
CONAKRY – Alors que la Guinée retient son souffle dans l’attente de la formation du nouveau gouvernement par le Président Mamadi Doumbouya, le leader du Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG) sort du silence. Entre le règlement urgent du dossier des enseignants contractuels, le déficit abyssal de personnel et la lutte contre la « marchandisation » de l’école, le secrétaire général Aboubacar Soumah exprime ses attentes vis-à-vis du futur Gouvernement surtout du locataire du département de l’Éducation.
Un ministre expert, pas un « apprenti »
Interrogé par Africaguinee.com ce lundi 26 janvier 2026, le leader du SLECG a d’abord abordé le profil du futur locataire du département de l’Enseignement Pré-Universitaire. Pour Aboubacar Soumah, le temps des essais est révolu.
« Il ne faudrait pas qu’on nous envoie un novice qui ne connaît pas les réalités de l’éducation, quelqu’un qui viendrait s’asseoir pour apprendre seulement quels sont les paramètres à saisir pour résoudre une crise. Il nous faut un homme de terrain, quelqu’un qui maîtrise déjà les difficultés du secteur, mais aussi un cadre intègre dont la moralité ne souffre d’aucune contestation », a-t-il martelé.
L’un des dossiers les plus brûlants qui attend le prochain gouvernement reste celui des enseignants contractuels. Pour le président du SLECG, la solution est déjà tracée par les textes, il suffit d’une volonté politique pour l’appliquer. Selon M. Soumah, le protocole d’accord déjà signé doit être la boussole.
« Il faut qu’on applique le protocole que nous avons déjà signé. Il est dit que d’abord, tous les enseignants contractuels qui sont biométrisés et qui ont passé l’examen, qui ont le concours, qui ont eu la moyenne, ceux-ci doivent être automatiquement engagés à la fonction publique. Les autres là aussi, doivent passer le concours, ils doivent être évalués en situation de classe pour leur permettre d’accéder à la fonction publique. Parce qu’il y a un manque criard au niveau du système éducatif. Il y a beaucoup d’établissements« , a retracé M.Soumah.
Un déficit de 17 000 enseignants à combler
L’enjeu est d’autant plus grand que le système éducatif guinéen a déficit abyssal d’enseignant, selon le syndicaliste. « La Guinée a aujourd’hui besoin de plus de 17 000 enseignants. Or, l’ensemble des contractuels actuels ne dépasse pas les 10 000. Même en les intégrant tous, le manque resterait criard », prévient le syndicaliste. Il appelle l’État à un recrutement massif pour éviter que les écoles, particulièrement à l’intérieur du pays, ne continuent de se vider de leurs formateurs.
Halte à la « marchandisation » de l’école
Aboubacar Soumah a tiré la sonnette d’alarme sur la “dérive commerciale” dans le secteur éducatif. Il déplore que l’éducation soit devenue, au fil des ans, une simple « marchandise » entre les mains de promoteurs plus soucieux de profit que de pédagogie. Le syndicaliste exhorte le futur gouvernement à renforcer le contrôle régalien de l’État pour protéger le droit des enfants à une éducation de qualité et accessible.
« Aujourd’hui, nous avons constaté la marchandisation de l’éducation. L’éducation est devenue une marchandise. Et là aussi, il faudrait que le contrôle soit vraiment strict sur cet aspect-là », a interpellé M.Soumah.
Dansa Camara DC
Pour Africaguinee.com
Créé le 26 janvier 2026 15:17Nous vous proposons aussi
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