IA et protection des données personnelles : la ministre Rose Pola Pricemou annonce des mesures
CONAKRY – Interrogée ce mercredi sur la stratégie gouvernementale visant à « encadrer l’intelligence artificielle en Guinée », notamment en matière de régulation éthique et de protection des données, la ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique a apporté des éclaircissements sur les mesures en cours.
Rose Pola Pricemou a indiqué que la démarche guinéenne s’articulera autour du renforcement des structures existantes, de l’élaboration d’un cadre législatif dédié à la protection des données et de la promotion de l’éducation numérique.
Reconnaissant que le développement de l’intelligence artificielle (IA) est intrinsèquement lié à une consommation massive de données, la ministre a souligné l’urgence de garantir un usage responsable et sécurisé de ces informations. C’est dans cette optique qu’un projet de loi majeur a été initié.
« Et quand on va vers l’intelligence artificielle, on va faire une grosse consommation de données », a-t-elle expliqué.

« Aujourd’hui, nous avons soumis une loi sur la protection des données à caractère personnel. Dans cette loi, nous envisageons la mise en place d’une autorité chargée de la protection des données, qui veillera à la manière dont elles sont produites et utilisées. Elle sera, en quelque sorte, la police de contrôle du traitement de ces données », a déclaré la ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique.
Cette nouvelle autorité est appelée à devenir la pierre angulaire de la régulation éthique des données en Guinée, en jouant un rôle de surveillance essentiel pour s’assurer que les usages — notamment ceux liés à l’intelligence artificielle — respectent la vie privée des citoyens.
En parallèle du futur cadre juridique sur la protection des données, les autorités s’appuient sur l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (ANSSI) pour assurer la cybersécurité des infrastructures critiques et des systèmes de l’État. L’ANSSI joue un rôle de prévention et de contrôle technique indispensable.
« Donc, il y a des choses qui sont en train d’être faites », a affirmé Rose Pola Pricemou.

« Aujourd’hui, nous avons l’ANSSI, qui s’assure que l’ensemble des systèmes d’information de l’État, ainsi que ceux qui détiennent des données critiques, respectent un certain nombre de règles. Il faut avoir un système de sécurité solide pour ne pas être vulnérable », a précisé la ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique.
Selon elle, l’action de l’agence est primordiale pour bâtir un environnement numérique de confiance, condition sine qua non au développement sécurisé de l’intelligence artificielle.
« L’ANSSI veille à ce que les incidents sécuritaires sur les infrastructures numériques ne se produisent pas », a-t-elle ajouté.
Au-delà des aspects législatifs et techniques, le gouvernement guinéen mise également sur l’éducation et la sensibilisation des populations. L’objectif est de garantir que les citoyens et les acteurs du numérique comprennent les enjeux et les bonnes pratiques liés à l’usage des technologies avancées.
« Aujourd’hui, nous avons des programmes de formation et de sensibilisation, portés à travers différentes organisations, pour développer la culture numérique et la conscience des uns et des autres quant à l’usage responsable du numérique », a conclu Rose Pola Pricemou.
Africaguinee.com
Créé le 8 octobre 2025 13:52Nous vous proposons aussi
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