Journée mondiale de la liberté de la presse: des journalistes s’expriment…

Ce samedi 3 mai 2025, la communauté internationale célèbre la Journée mondiale de la liberté de la presse. En Guinée, cette commémoration intervient dans un climat préoccupant, marqué par un net recul de la liberté d’expression, selon le dernier classement de Reporters sans frontières (RSF). Le pays a perdu 25 places, passant de la 83ᵉ à la 108ᵉ position.

Ce déclassement survient dans un contexte tendu pour les médias guinéens, notamment depuis l’arrivée au pouvoir du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD). La fermeture de plusieurs radios privées, les restrictions d’accès à l’information publique et la disparition, toujours non élucidée, du journaliste Habib Marouane symbolisent les entraves croissantes à l’exercice du journalisme.

Rencontré dans sa rédaction, le reporter Aly Sané reste toutefois mesuré. Pour lui, la situation n’est pas entièrement sombre.
« En ce qui me concerne, je n’ai jamais eu de difficultés majeures dans la collecte d’informations, que ce soit auprès de particuliers, d’entreprises privées ou d’institutions étatiques », explique-t-il. Il se dit surpris par la chute du pays dans le classement de RSF.

« Perdre 25 places, c’est quand même énorme. Je pense que cela tient surtout à la fermeture de certains médias et à des faits comme la disparition de notre confrère Habib Marouane. Il faut toutefois reconnaître qu’il existe encore des médias critiques vis-à-vis du pouvoir. Les critiques, oui, mais elles doivent rester objectives et professionnelles », selon Aly Sané. 

D’autres journalistes se montrent plus inquiets. Mamadou Saliou Souaré, reporter depuis plus de trois ans, déplore une détérioration constante des conditions d’exercice du métier.

« Depuis l’arrivée des militaires, exercer le journalisme est devenu un vrai calvaire. L’accès à l’information est extrêmement difficile. Plusieurs radios ont été fermées, et cela crée une véritable pression sur nous. Nous avons peur d’être les prochains », confie-t-il, visiblement préoccupé.
« Dans un pays démocratique, chacun doit pouvoir exprimer librement ses opinions sur la gestion du pays », a-t-il souligné.

Pour sa part, Bobo Barry, directeur d’une radio thématique de la place, reconnaît les difficultés, tout en appelant à la responsabilité collective.

« Le journalisme est un métier noble, même si accéder à l’information publique reste un vrai défi. Parfois, les gens veulent entendre ce qui les arrange, alors que notre mission est de rechercher la vérité. J’appelle les autorités à garantir la liberté de la presse, et les journalistes à exercer dans le respect de l’éthique, sans céder aux pressions ni à la corruption. »

En cette journée symbolique, les voix du monde médiatique guinéen s’élèvent pour alerter, mais aussi pour espérer un sursaut. La liberté de la presse, pilier essentiel de toute démocratie, mérite d’être protégée avec vigueur.

Sayon Camara
Pour Africaguinee.com

Créé le 3 mai 2025 11:58

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