Guinée : Une décision du Gouvernement soulève des inquiétudes

CONAKRY-Une décision des autorités de la Transition soulève des inquiétudes en Guinée chez les organisations de la société civile. Il s’agit de la mesure prise  le 2 septembre dernier, par le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation suspendant de la délivrance des agréments aux Organisations Non Gouvernementales et Mouvements Associatifs pour une période de quatre mois.

De nombreux responsables d’ONG locales et d’organisations de la société civile se disent préoccupés par la mesure. C’est le cas de Mamadou Saliou Barry, Coordinateur National de la Maison des Associations et ONG de Guinée (MAOG).

« La décision du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation de suspendre la délivrance des agréments aux ONG et aux Mouvements Associatifs pendant quatre mois est une réelle préoccupation. Pour notre part, la Maison des Associations et ONG de Guinée (MAOG), cette décision pourrait avoir un impact significatif sur nos activités, surtout en ce qui concerne les nouvelles demandes et renouvellements en cours. Le manque de clarté sur les motifs de cette suspension complique davantage la situation. Il est essentiel d’avoir des explications précises pour comprendre réellement les raisons de cette décision et ses implications pour les ONG, y compris celles affiliées à notre organisation. Nous espérons que cette période de suspension sera courte et qu’un dialogue constructif avec le ministère permettra de résoudre les incertitudes afin de limiter les perturbations dans nos opérations  » a-t-il dit.

Saliou Dara Barry, coordinateur MAOG

Pendant cette période de suspension, le renouvellement des agréments est subordonné à l’évaluation préalable des actions réalisées sur le terrain par les organisations requérantes en lien avec les objectifs statutaires.

Alseny Sall, responsable de communication de L’OGDH (organisation guinéenne de défense des droits de l’homme et de citoyen) a partagé les mêmes préoccupations.

« Pour nous c’est une décision préoccupante dans la mesure où elle intervient dans un contexte de restriction générale des libertés, notamment publiques.  C’est la première préoccupation. La seconde ce que l’arrêté n’est pas du tout motivé et pour nous, on aurait dû quand même motiver la décision. Certes, c’est le ministère qui est chargé de la réglementation et de l’organisation des activités des organisations de la société civile, mais toute décision impactant leurs activités doit être motivée pour permettre à l’opinion publique de savoir ce qui se passe réellement. Donc, c’est ce qui nous préoccupe. Et nous nous disons qu’il est important que l’autorité puisse faire une communication pour informer l’opinion des motifs réels de cette décision », a-t-il expliqué.

Alseny Sall, porte-parole de l’OGDH

Affaire à suivre !

Mamadou Yaya Bah 

Pour Africaguinee.com

Créé le 13 septembre 2024 10:39

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